La nuit des calligraphes de Yasmine Ghata

Publié le par kalistina

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" Ma mort me fut aussi douce que la pointe du roseau trempant ses fibres dans l'encrier, plus rapide que l'encre bue par le papier. "

Ainsi parle Rikkat, la calligraphe ottomane, d'une voix flottant entre ombre et lumière, alors qu'elle entreprend le récit de sa vie. En 1923, adolescente, elle sait déjà que rien ne pourra la détourner de la calligraphie. Pourtant, la même année, rompant avec l'Islam, la république d'Atatürk abolit progressivement la langue et l'écriture arabes au profit d'une version modifiée de l'alphabet latin. Serviteurs d'Allah et des sultans, les " ouvriers de l'écriture " sont mis au rebut et leurs écoles délaissées.

Dans l'une d'elles se croisent Selim, l'ancêtre virtuose, et Rikkat, chargée de fournir papier et roseaux taillés à ces vieillards tenus en mépris par le nouveau régime. Le suicide de Selim va sceller un pacte inviolable entre la jeune élève et l'art des calligraphes.

 
Je ne connais absolument rien à la calligraphie, pourtant en lisant ce livre, les calames et autres outils chers aux calligraphes me sont devenus familiers.

C’est un vrai plaisir que de lire ce roman. En peu de pages, Yasmine Ghata arrive à nous plonger dans l’univers des calligraphes. On perçoit la dimension sacrée de la calligraphie, tout ce que chaque aspirant calligraphe doit apprendre et apprivoiser avant de pouvoir prétendre à cette relation mystérieuse avec le Divin.

On suit aussi la vie de l’héroïne, Rikkat, qui s’épanouit bien davantage dans son rôle de calligraphe que dans celui d’épouse…

Yasmine Ghata a vraiment un très beau style ; elle arrive aussi à nous toucher et nous rendre Rikkat très attachante, peut-être parce qu’elle s’est probablement beaucoup investie dans l’écriture de ce roman qui raconte la vie de sa propre grand-mère.

J’ai aussi beaucoup aimé les intrusions des fantômes des calligraphes défunts dans la vie de Rikkat, surtout Selim le facétieux.

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anjelica 06/06/2007 16:30

Je ne pouvais pas le dire lors de la parution de ton billet, mais je l'ai offert à ma swappée 'Alice' ! J'espère qu'il lui plaira !

kalistina 07/06/2007 02:21

Je verrai son billet de toutes façons, elle est dans mes favoris, comme tous les autres :-)

nathalie 01/06/2007 12:39

Et zou, je note aussi ce titre, merci Kali ... Mon p'tit carnet se repli à vue de pages, lol !

kalistina 02/06/2007 21:01

Bien ce que je disais, lol!

Allie 31/05/2007 14:22

Ahhh! Voilà un livre que j'ai adoré! C'est à lire, assurément! Un très beau roman (biographie?)

kalistina 31/05/2007 17:32

On dirait bien une autobiographie, oui! Même les noms n'ont pas été changés!

jos du livrophile 28/05/2007 17:00

Un texte envoûtant. Aussi une écriture académique, certes, mais qui n'empêche en rien le voyage vers un imaginaire composé de calligraphies toutes en finesse et poésie...

kalistina 28/05/2007 23:10

Je n'ai pas trouvé l'écriture si académique que ça, en tout cas je l'ai trouvée belle et elle m'a plu :-)

Sandrine 26/05/2007 20:45

Superbe livre. J'avoue etre un peu reste sur ma faim, a la fin, j'ai trouve l'ecriture tres conventionnelle, academique, peut-etre un peu froide, mais c'etait peut-etre l'impresion du moment et parce que le titre evoque tellement que je mattendais a plus ? Mais en tous cas cela colle parfaiement a l'histoire, qui est superbe. Le style transcrit parfaitement l'application, la precision et la nettete de la calligraphie. Le voyage sur les bords du Bosphore et a travers un bout d'Histoire vaut vraiment la lecture de ce petit roman difficile a oublier.