J'ai pas lu, mais j'ai adoré
Pierre Bayard vient de sortir un bouquin au titre alléchant : comment parler des lvres que l'on n'a pas lus. A cette occasion, Erwan Desplanques, journaliste à Télérama, a interviewé quatre écrivains qui se sont prêté au jeu.
Je ne résiste pas à l'envie de vous en faire lire un... J'ai choisi François Bégeaudau qui m'a bien faire rire en parlant de la Divine Comédie :
« Je n’ai pas lu La Divine Comédie, et ce pourrait être un gros problème, vu qu’il ne se passe pas un déjeuner, un dîner, un cocktail sans qu’il en soit question. J’en sais cependant assez sur le livre pour faire bonne figure au milieu de ces débats récurrents et acharnés.
Je sais par exemple que l’auteur, prénommé Dante, avait lu La Comédie humaine et entendait frapper encore plus fort que Balzac, car l’invention des pâtes al dante (à la Dante) n’avait pas suffi à combler sa vanité. Il s’est donc inspiré de son groupe de pop anglaise préféré, The Divine Comedy, pour titrer ce qui demeure, à ce jour, son grand œuvre.
Restait à décider s’il s’agirait de démontrer que la comédie était un genre absolument divin, ou que les dieux étaient de sacrés comiques. Ayant eu vent du fait que certains des habitants de l’Olympe avaient un grand sens de la déconne, Dante opta pour la seconde voie conceptuelle.
C’est ainsi qu’à la page 321 de La Divine Comédie, Jupiter demande à Athéna de dire « camion ». Passablement surprise mais pas bégueule, la divine déesse s’exécute, et c’est alors que l’impayable dieu des dieux pince un sein de sa vis-à-vis en criant « pouet ! ». Camion, pouet, c’est divin, c’est comique, c’est dans La Divine Comédie. »
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