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essais, documents


Jeudi 3 mai 4 03 /05 /Mai 17:00

memoires de geronimo

En 1904, un « inspecteur général de l'éducation » de Lawton (Oklahoma) rencontre un vieil Indien, prisonnier de guerre et déporté, loin de son Arizona natal, à Fort Sill où il terminait ses jours en cultivant des pastèques : il s'agissait du célèbre chef apache Géronimo qui avait tenu en respect victorieusement, des années durant, les meilleures troupes et les plus glorieux généraux des États-Unis. Des liens se nouèrent entre eux, sinon d'amitié (vu la méfiance légitime de l'Apache), du moins de respect mutuel. C'est ainsi que Géronimo accepta de raconter sa vie à S.M. Barrett, ce qui nous permet de lire aujourd'hui ce témoignage sur le génocide qui marqua la « conquête de l'Ouest » .

 

Après avoir lu un roman mettant en scène les Crees d'aujourd'hui ( Les saisons de la solitude de Joseph Boyden), je reste dans ma période "lectures amérindiennes" avec ces mémoires du chef apache Géronimo, recueillies en 1904, cinq ans avant sa mort.

 

Le peuple apache est en réalité constitué de plusieurs tribus, et c'est chez les Chiricahuas que Geronimo est né. Ce chef de guerre raconte son enfance et la façon dont, comme tous les autres petits garçons, il est élevé pour être un guerrier. J'aurais aimé qu'il développe davantage cette partie de son récit, pour comprendre son mode de vie, ses valeurs... mais on peut comprendre qu'il n'ait pas souhaité se livrer totalement.

Il raconte ensuite sa vie d'adulte, jalonnée par les batailles, contre d'autres tribus mais aussi et surtout contre les Mexicains puis contre les Américains. Mû par la vengeance (les Mexicains assassineront sa femme et ses enfants), il commet plusieurs atrocités et ne s'en cache pas. Il exprime les faits tels qu'il les a vécus, et force est de constater qu'il a surtout connu la défense face aux attaques et la trahison. Le gouvernement américain lui fera plusieurs promesses, qui le mèneront à la reddition, mais ne les tiendra pas.

 

C'est donc un vieil homme regrettant de s'être rendu qui s'exprime, désabusé. Il se livre finalement assez peu, se contentant de décrire des faits, sans exprimer ses sentiments, ou à de rares occasions. C'est ce qui peut-être m'a manqué, mais comment ne pas être sur la défensive dans sa situation...

Son témoignage apporte la vision apache, celle de ceux qui ont vu leur peuple mourir lentement, leurs territoires volés un à un et la nature bien peu écoutée.

 

Son petit-fils  (ou arrière-petit-fils, je ne sais plus) se bat aujourd'hui pour que la dépouille de son aieul lui soit rendue, afin qu'il soit enterré en territoire apache, conformément à leurs croyances et traditions. Il était venu en parler chez Elise Lucet il y a quelques temps, mais visiblement le gouvernement américain ne semblait pas très pressé d'accéder à sa demande.

 

Le billet de BlueGrey.


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Lundi 23 janvier 1 23 /01 /Jan 19:56

langecornuavecdesailesdetole

Dans le Montréal populaire des années cinquante, Michel Tremblay, par la magie des mots et le jeu des signes, découvrait qu'au fond des livres bat le coeur du monde. Dans la compagnie de SaintExupéry, Eschyle, Jules Verne, Victor Hugo, Gabrielle Roy, il entrait en littérature - avec la complicité de sa mère, cette Rhéauna aux reparties si savoureuses qui allait devenir la Grosse femme des Chroniques du Plateau Mont-Royal.

 

Après ma rencontre ratée avec  Le premier quartier de la lune, je n'avais plus eu l'occasion de lire un livre de Michel Tremblay. Il y a quelques temps maintenant, Chiffonnette m'avait offert celui-ci dans le cadre du swap Book Inside.

Ce n'est que cette semaine que j'ai décidé de retenter ma chance et grand bien m'en a pris! C'est une passionnante autobiographie du lecteur qui est en lui que l'auteur signe là.

 

En une douzaine de chapitres, Michel Tremblay relate toutes ses rencontres avec les livres qui ont marqué sa vie. Cette vie de lecteur commence avec une certaine comtesse de Ségur (mais quel drôle de prénom, comtesse, pense le petit Michel); puis il y aura Blanche-Neige et ses réécritures ; Gabrielle Roy qui lui fera découvrir qu'on peut écrire des romans dans sa ville de Montréal, à son époque ; Victor Hugo, alors mis à l'index par l'Eglise catholique (on ne vit vraiment plus dans le même monde... qu'est-ce que je serais heureuse si mes élèves lisaient du Victor Hugo!) ; jusqu'à son premier recueil, son premier livre à lui, son "premier enfant".

 

Cet homme-là est un vrai mordu, un véritable passionné, un forcené de la lecture dont nous-mêmes sommes pour la plupart encore loin. Il ne semble vibrer que pour ses moments avec ses livres, c'en est impressionnant! Et très exaltant, aussi.  

Une lecture qui m'a positivement conquise et réconciliée avec Michel Tremblay.

 

Les billets de Belledenuit, Catherine, Ellcrys, Grominou, Papillon, Sybilline, Yueyin.


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Vendredi 28 octobre 5 28 /10 /Oct 18:09

cetaitbien.gif

Dans cet ouvrage, Jean d'Ormesson se retourne sur son passé et sur une vie déjà longue. Comme chacun d'entre nous, il a été emporté par un temps qui invente tout avant de tout détruire. Il a vécu dans un des siècles les plus sanglants de l'Histoire. Il a assisté au triomphe d'une science porteuse désormais d'autant de craintes que d'espérances. Il a essayé d'être heureux dans un monde où le mal se mêle inextricablement à la recherche du bonheur. Sur cette terre périssable, il a aimé les livres, les femmes et les bains de mer. Les livres ont été la grande affaire de son existence passagère dont il parle avec distance et gratitude. Gratitude envers qui ? Émerveillé par le jeu sans trêve du hasard et de la nécessité, enchanté par un monde qu'il a parcouru d'un bout à l'autre (avec une préférence pour la Méditerranée), il croit en un ordre des choses dont il ignore le sens. Avec une allégresse ironique et un peu mélancolique, il communique au lecteur trois sentiments qu'il éprouve avec force : la stupeur devant l'Univers, l'effroi devant l'Histoire, la ferveur devant la Vie.

 

Pas facile de vous parler d'un livre qui n'a pas réellement de trame, qui n'est ni un roman, ni un essai, peut-être une autobiographie, mais loin des codes classiques du genre... Un livre qui ne se résume pas, donc!

Jean d'Ormesson écrit ici comme on peut l'entendre parler sur les plateaux télé : de façon agréable, cultivée, pétillante. C'est là qu'est la force de d'Ormesson : il ne parle de rien, finalement, si on y pense. Il donne son regard sur la vie, sa gaieté, sa légèreté... mais avec une verve, une aisance, qui crée un réel plaisir à la lectrice que je suis.

Que de bons moments passés à le lire! Il crée la littérature à partir de rien. Tout dans le style, et, moi qui aime les romans avant tout pour leur trame, je n'ai pas eu besoin du moindre contenu ici. Les petites anecdotes, les petites et grandes réflexions sur les thèmes à la fois profonds et facilement futiles (avez-vous remarqué la minceur de la frontière entre sagesse et vacuité, parfois?), les références qui foisonnent, cela m'a amplement suffi pour aimer ce livre.

Je sais qu'il ne fait pas l'unanimité, mais j'aime cet auteur et aussi son personnage.

J'avais lu un de ses romans, voilà que je lis un de ses... autres écrits?... et je le relirai très certainement, parce qu'avec lui on découvre, on apprend, on se régale de sa plume, on sourit, et on vit une belle littérature.


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Dimanche 22 mai 7 22 /05 /Mai 14:14

grands_classiques_revisites.gif

Frédéric Berqué, professeur en lycée hôtelier, a déjà écrit plusieurs livres de cuisine pour le grand public. Avec celui-ci, il nous promet "50 recettes traditionnelles remises au goût du jour".

 

Effectivement, les recettes proposées sont les grands classiques que l'on connaît, qu'on a déjà goûté, mais qu'on n'a pas toujours le courage de réaliser soi-même. Ici, les recettes sont parfois simplifiées (par besoin d'acheter 42 articles pour réaliser son plat) et les présentations sont souvent modernes (de la verrine, de la mini-cocotte...). Je pense que c'est en cela qu'on peut qualifier les recettes de revisitées, parce qu'elles m'ont sinon semblé plutôt proches de leurs modèles originaux.

Il y en a pour tous les goûts et tous les moments du repas : 6 recettes de potages, 10 entrées, 11 plats de poisson ou de fruits de mer, 9 plats de viande, 4 recettes pour le moment du fromage et 10 desserts.

 

Chaque recette se présente sur une double-page : à gauche, les ustensiles nécessaires, les ingrédients, les étapes de la recette, et parfois une variante possible et un "truc de cuisinier" ; à droite, la réalisation en photo. Cette présentation est simple, agréable à suivre, facile à réaliser et les photos mettent l'eau à la bouche! Je découvre la collection "Toquades" mais il semblerait que tous les ouvrages de la collection se présentent de la même façon.

 

Malheureusement, comme je suis en plein déménagement, je n'ai pas pu prendre en photo ce que j'ai testé, et n'ai pas pu non plus de toutes façons soigner la présentation comme selon les suggestions. J'ai tenté une recette classique, basique, celle du poulet basquaise : ma foi, le résultat fut fort concluant!

Je compte tester très prochainement les oeufs cocotte au saumon fumé, le canard à l'orange (version aiguillettes, parfait pour moi qui ai du mal avec les grosses pièces au four!) et les tartelettes au citron meringuées version verrine.

 

Je vais peut-être me laisser tenter par d'autres titres de la collection...

 

... et en attendant je remercie Pierre de Babelio ainsi que les éditions First et Gründ pour ce cadeau.

 


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Mardi 11 janvier 2 11 /01 /Jan 05:49

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Cet ouvrage invite à la découverte du petit peuple de Féerie, ce monde merveilleux peuplé de fées, d'elfes, de lutins, de gnomes, de sirènes, d'ondines, de farfadets, de trolls, de sorciers et de démons.

En suivant les saisons et le grand calendrier des fêtes magiques, et en racontant nombre d'histoires et de légendes, il brosse 4 univers différents qui permettront de voir vivre ces créatures, invisibles seulement pour les incrédules :

— le printemps, axé autour de la fête de Beltane (1er mai), célèbre la fécondité, la renaissance après les mois d'hiver et l'amour ;

— l'été, marqué par le Solstice et la nuit de la Saint-Jean, période où, comme dans le "Songe d'une nuit d'été", les humains peuvent se mêler aux fées ;

— l'automne, ponctué par le grand sabbat d'Halloween, où les esprits malins mènent la sarabande et réveillent parfois jusqu'aux défunts ;

— l'hiver et son solstice, où dans un univers de neige et de glace, les lutins circulent librement, dansant avec les licornes et les bêtes fabuleuses.

 

Voilà un petit ouvrage très agréable à feuilleter : le sujet me plaît, je ne peux qu'apprendre (je suis totalement néophyte en matière de fées, lutins et autres petites créatures fabuleuses) et il est richement illustré. J'aime beaucoup cette collection des éditions du Chêne : le format est pratique (format poche) mais les ouvrages sont de vrais "beaux livres", avec des illustrations magnifiques et une couverture rigide.

 

Je ne vois qu'un point négatif à ce livre, mais il est de taille pour moi : il n'y a pas de bibliographie! Ca me semblait pourtant essentiel pour un tel ouvrage, tant par le sujet qui suppose une importante documentation (on parle tout de même de créatures imaginaires : plus le sujet est "farfelu" et prête à interprétation, plus la rigueur est de mise) qu'à cause des nombreuses citations et références.

 

Je vous conseille donc ce livre, pour le plaisir des yeux et des belles histoires, mais pas pour assouvir une quelconque soif de connaissances.


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