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littérature classique francophone

Mercredi 12 juillet 2006

Adieu l'espoir, adieu les roses, adieu la nature et le vent ; tout cela n'est plus a moi ; Et Marie, ma pauvre petite fille qui t'aimera désormais ? Mon cœur saigne toute ma rage... " Qui parle ? Un homme semblable à tous les autres dans l'attente de la mort. Dehors dans la lumière pâle du petit matin, la guillotine projette son ombre sur le pavé. Dans quelques heures, cet homme sera exécuté. Son crime ? Il n'en dit rien. Le temps presse. Sur le papier qui lui reste, il jette encore ses terreurs et ses angoisses, se souvient du bonheur enfui... Qu'espère-t-il ? Conserver la force de se tenir debout.
" Que ce que j'écris ici puisse être un jour utile à d'autres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables, de l'agonie à laquelle je suis condamné... ".

Quelle modernité dans le style! J'avoue, la seule chose que j'avais lue de Hugo c'était "les châtiments", pas du tout la même chose même si ça m'avait plu aussi. La psychologie du personnage est remarquable. Il est bien certain que "le dernier jour d'un condamné" ne constitue pas une lecture divertissante, mais elle ouvre vraiment à la réflexion.
Par kalistina
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Vendredi 28 juillet 2006


" Un de ces livres qu'il est bon de relire après chaque invasion, après chaque trouble dans l'ordre de la morale, de la politique et du goût, pour se calmer l'humeur, pour se remettre l'esprit au point de vue et se rafraîchir le langage ".

Sainte-Beuve

Depuis le temps que je voulais lire ce livre… C’était le livre préféré de mon père dans son adolescence, et j’étais curieuse de savoir pourquoi. J’ai profité du challenge ABC 2006 pour m’y plonger (petite digression : il s’agit pour ce challenge de découvrir 26 nouveaux auteurs en 2006, un pour chaque lettre de l’alphabet).

Je pense que l’on peut dire que c’est un roman « picaresque » : le héros, Gil Blas de Santillane, parcourt l’Espagne dans tous les sens, avec des hauts et des bas incessants (un jour plein aux as, le lendemain volé par des brigands de grand chemin… c’est sans fin).
C’est aussi un roman « à tiroirs », c’est-à-dire que chaque personnage que Gil Blas rencontre lui raconte sa vie.
Heureusement, on ne s’y perd pas trop, on revient toujours au fil principal de l’histoire (même s’il est parfois difficile de remettre les personnages quand on les retrouve soudainement 200 pages plus loin).

Pavé écrit au début du XVIIIe siècle, il me faisait j’avoue un peu peur ; je craignais de me lasser, ou pire, de ne rien comprendre.
En fin de compte, on suit très volontiers les aventures de Gil Blas, et le style est très agréable à lire, pas du tout ronflant ni vieilli. Le personnage est même tout à fait moderne, dans ses pensées et ses réactions.
Je comprends pourquoi il s’agit d’un succès de librairie depuis bientôt trois siècles et je fais partie de ceux qui ont été charmés par cette lecture.

Par kalistina
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Mardi 15 août 2006


Noa Noa signifie " parfumé " en tahitien. Dans ce journal, tenu par Paul Gauguin (1848-1903) lors de son premier séjour polynésien, éclate à chaque ligne l'émerveillement devant la nature, l'amour de la civilisation menacée des Maoris, la sensualité que lui inspire Tehura, sa jeune fiancée : " Je suis embaumé d'elle ! "

C’est intéressant de découvrir Paul Gauguin écrivain. Il nous raconte sa découverte du peuple maori, son apprentissage qui se fait jour après jour, au fur et à mesure qu’il accepte de mettre de côté la « civilisation », qu’il juge « soldatesque », c’est « le négoce et le fonctionnarisme ».
Il doit remettre en question une partie de son mode de vie et de pensée. « Comme eux pour moi, j’étais pour eux un objet d’observation, l’inconnu, celui qui ne sait ni la langue ni les usages, ni même l’industrie la plus initiale, la plus naturelle de la vie. Comme eux pour moi, j’étais pour eux le « Sauvage ». Et c’est moi qui avais tort, peut-être. »

Un passage du livre est consacré à la cosmogonie et à la théogonie maories ; c’est intéressant mais j’ai trouvé ça un peu longuet, tout de même.
Bref, un ouvrage qui devrait plaire à ceux qui connaissent déjà Gauguin le peintre. J’ai apprécié aussi la postface qui résume la vie de Gauguin et qui place l’écriture de ce manuscrit dans un contexte global.

Par kalistina
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Mercredi 8 novembre 2006


Un pasteur marié et son fils sont tous deux épris d'une aveugle. Lequel convaincra l'autre que "le mal n'est jamais dans l'amour?".

J’aime ce type de romans, ça a un charme vieillot qui me touche. En plus de ça, je ne vais pas vous raconter ma trépidante et passionnante vie, mais le héros m’est familier : il est vaudois (oh tiens, moi aussi), il est pasteur (oh tiens, comme quasi tous les hommes de ma famille).

Sa rencontre avec une jeune fille aveugle qui vivait jusqu’alors en sauvageonne va bouleverser sa vie, sans qu’il s’en rende vraiment compte. Toute cette énergie qu’il déploie pour s’occuper d’elle, est-ce par simple charité chrétienne ? L’amour qu’il lui porte, est-ce seulement celui de l’homme de foi envers la brebis égarée qu’on mène vers la lumière ?

C’est ce débat intérieur qui fait le charme de l’histoire. Gertrude, la jeune aveugle, est trop parfaite dans sa découverte du monde ; quant au pasteur, il est énervant à utiliser son travail et la Bible pour se justifier, et sa femme est trop aigrie pour qu’on n’ait pas envie de lui coller deux claques.

Je trouve que ce roman semble sorti d’un autre temps, il fait plus vieux que son âge, mais j’aime. Un classique que j’ai eu plaisir à relire.

Par kalistina
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Jeudi 16 novembre 2006


Qui est le " grand Meaulnes " ? Un garçon de 17 ans, pensionnaire chez un instituteur de campagne, fantasque et secret, parfois un peu forte tête. Quelle est son histoire ? Celle d'une découverte merveilleuse, d'une fête étrange dans un château. Que lui arrivera-t-il ensuite ? Aidé par son ami, il essaiera de retrouver le chemin du domaine perdu et la trace de la belle jeune fille qu'il y a rencontrée...

 
Comme j’ai décidé de visionner l’adaptation de ce roman avec mes élèves, j’ai voulu le relire avant, histoire de me le remémorer un peu. Et là, ô surprise : pas le moindre souvenir, pas l’once d’un petit « ah mais oui ! » à la lecture des premières pages (ni aux suivantes, d’ailleurs).

Alors, ai-je rêvé de l’avoir lu, ou l’ai-je lu mais sans en avoir rien retenu… ?

En fait, j’ai trouvé ce roman très intéressant à lire, et si je rationalise un peu ma lecture, la plupart des éléments sont plaisants ; pourtant, si je n’écoute que mon sentiment, j’avais hâte d’arriver à la fin…

Ce qui m’a plu et qui je pense constitue le charme du roman, c’est son côté merveilleux, le flou de la frontière entre le monde de la routine quotidienne des héros dans leur campagne berrichonne et le monde du rêve, dans lequel on entre à quelques kilomètres de là, où s’est déroulée l’étrange fête à laquelle s’est rendu Meaulnes.

Les personnages sont tragiques, mais ce n’est pas un scoop, le narrateur n’arrête pas de nous lancer des perches pour que surtout nous ne nous emballions pas trop ! D’ailleurs, le plus tragique, c’est lui, ce pauvre François, qui vit dans l’ombre de Meaulnes. Yvonne a un peu le même genre de destinée.

Il est intéressant aussi de voir l’importante dimension autobiographique de ce roman, à plus forte raison au regard du tragique de la mort de l’auteur.

Je crois qu’il s’agit d’un livre à lire pour l’ambiance qu’il parvient à créer et pour son statut de « classique », bien qu’il ne m’ait pas tant plu.

Par kalistina
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Mercredi 9 mai 2007

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A Saumur, petite ville de province, Félix Grandet (le Père Grandet), personnage d’une avarice extraordinaire, est à la tête d’une fortune colossale. Il règne en tyran sur son entourage : sa femme, sa fille unique, Eugénie, et sa servante Nanon. Il enferme tout à clé, et rationne toute la maisonnée.

Un jour de novembre 1819, une fête est organisée pour les vingt-trois ans d’Eugénie. Les des Grassins et les Cruchot, deux familles rivales qui espèrent marier l’un de leurs fils avec Eugénie, y sont conviés. Mais lors de cette même soirée, Charles, un cousin d’Eugénie venu de Paris, arrive chez les Grandet.

Mais c’est qu’il est pire qu’Harpagon, ce père Grandet !! Pas de feu avant le mois de novembre même s’il fait froid ; une seule bougie le soir, tant pis si la pauvre servante se tue les yeux à la tâche ; pas de sucre dans le café, ça coûte cher… Il donne tous les 36 du mois quelques misérables pièces à sa femme, tout ça pour lui dire de les dépenser quelques jours après pour les courses…
A force de ne penser qu’à amasser de l’or et à ne surtout pas le dépenser, le père Grandet est devenu immensément riche. Bien sûr, sa femme et sa fille, cloîtrées à la maison, n’en ont pas la moindre idée. Comment le pourraient-elles, vu leurs conditions de vie ?
Les autres, en revanche, savent bien que la dot risque d’être énorme et Eugénie est très courtisée.
Le jour où son cousin arrive, la jeune femme se découvre de doux sentiments pour lui et veut tout faire pour arranger ses problèmes, y compris financiers. Le tout dans le dos du papa, naturellement…

C’est à partir du moment où Charles entre en scène que le roman devient vraiment intéressant. Il s’agit d’un livre plutôt court et même si on n’est pas non plus débordé d’enthousiasme, on ne s’ennuie pas non plus.

C’est tout de même un peu vieilli, c’est sûr. Eugénie est quand même un peu trop cruche, et puis comme dans la plupart des romans de cette époque, il y a une héroïne qui se meurt, mais on ne sait pas trop pourquoi… elle « ne se sent pas bien », et hop, quelques mois d’agonie clouée au lit… ça m’a toujours étonnée, ça.

C’est d’ailleurs le comportement de Grandet face à la lente mort de sa femme qui m’a le plus choquée. C’est à ce moment-là qu’on voit à quel point sa cupidité a pris le pas sur tous les autres sentiments qu’il peut éprouver, y compris son amour pour sa fille.
Balzac a vraiment très bien su dépeindre ce détestable trait de caractère qu’est l’avarice poussée à l’extrême. On est bien loin de l’économe !

Cela dit, il n’aurait pas fallu que ce livre soit plus long, sinon ça m’aurait barbée, je pense. Eugénie Grandet m’a un peu réconciliée avec Balzac, mais je pense qu’il y aurait d’autres de ses romans plus à même d’être appréciés par moi. J’ai lu celui-ci parce qu’il avait été offert par le journal du coin l’été dernier… Je me sens plus attirée par des titres comme « La peau de chagrin » ou « la duchesse de Langeais ».

Par kalistina
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Dimanche 8 juillet 2007
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Michel, historien, épouse Marceline, après la mort de son père, pour satisfaire à sa dernière volonté. Lors d'un voyage qui conduit le jeune couple en Tunisie, Michel commence à souffrir de tuberculose, et une crise particulièrement violente le laisse entre la vie et la mort.

A partir de ce moment là, Michel, qui avait négligé son corps en faveur de l'étude, va entamer une métamorphose progressive, qui commencera par une négation de l'esprit au profit du corps, de ce corps qu'il se force à nourrir et à exercer pour le sortir de la maladie, métamorphose qui se poursuivra par une remise en question de tout ce qui lui a été inculqué dans sa jeunesse: l'austérité protestante de sa mère, le goût pour un passé qu'il trouve à présent figé et sans intérêt, et plus généralement, la morale et la culture, une culture qui pour lui étouffe l'instinct primitif de vie.

Car c'est la vie que Michel veut voir triompher, cette vie qu'il manque de perdre, et peu à peu sa transformation fait de lui un immoraliste, un homme qui ne vit que pour satisfaire ses pulsions immédiates, au détriment du reste, et surtout de sa femme Marceline qui en paiera de l'ultime prix. Tel un vampire, Michel semble se repaître de la jeunesse et de la santé de ses proches, tandis que la maladie, la vieillesse et la laideur lui répugnent.


Il faut, paraît-il, savoir capter le second niveau de lecture de ce livre et voir les questions philosophiques au-delà de la simple histoire. Je n’ai pas voulu ou pas su le faire.

Il y a du Nietzsche là-dedans, du questionnement sur le dépassement de soi, etc. Il y a aussi des éléments autobiographiques plus ou moins cachés.

Tout ce que j’y ai vu, moi, c’est une écriture vraiment très belle, mais une histoire barbante comme les pierres. Ca ne m’a pas intéressée, Michel me tapait sur le système avec sa faiblardise (je sais, ça n’existe pas) et son égocentrisme. Du coup, au bout de 80 pages, j'ai fini par abandonner.

Je suis déçue, je pensais vraiment que j’allais aimer… Mais bon, il faut bien que je vous fasse quelques critiques négatives de temps en temps, non ? Je suis sûre que vous serez tous soulagés de pouvoir vous dire « chouette, un de moins à ajouter à la LAL ! » !

Par kalistina
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Mercredi 5 septembre 2007
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Sur le rude plateau provençal de Grémone, quelques hommes peinent tristement sur leurs terres, chacun de leur côté. Ils comprendront le message de joie et d'espérance que leur apporte le sage Bobi, vagabond au coeur généreux, et malgré les difficultés de l'existence, la joie renaîtra sur le plateau.

Que ma joie demeure est un hymne à la vie, un chant merveilleux en l'honneur de la nature, des hommes et des animaux.

 
Voilà un récit de vie de toute beauté, c’est un hymne à la nature, au goût des choses simples, au vrai.

Je trouve ça magnifique, et c’est pour ça que mon cœur de lectrice se frustre à l’idée de ne pas avoir su lire ce livre et l’aimer simplement. Je suis consciente de la beauté du texte et des idées, je suis touchée, mais je n’y arrive pas. J’ai lu deux cents pages avec une certaine peine.

Il m’arrive de temps en temps d’abandonner des livres. Il y a quelques jours, par exemple, j’ai abandonné « l’empire du silence » de Jacques Lanzmann sans scrupule, tant ce livre accumulait tous les clichés possibles et imaginables au vu de sa trame.

Avec « que ma joie demeure », en revanche, j’abandonne parce que c’est plus fort que moi et je le regrette. J’espère que ça ne vous découragera pas d’essayer ce si beau roman, ne serait-ce que pour son titre ! A-t-on jamais vu plus beau titre ?

Je ne m’avoue pas vaincue et lirai « le hussard sur le toit » qui est dans ma PAL.

Par kalistina
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Mardi 6 novembre 2007
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Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d'État d'où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés.

Leur histoire d'amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d'eux, c'est aussi la naissance d'une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide.

Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s'ouvrir.

 

Comme vous le savez, l’œuvre magistrale d’Emile Zola, c’est le cycle des Rougon-Macquart, qui s’étale sur 20 tomes. Chacun des tomes se déroule dans un contexte différent et les héros changent, mais tous ont en commun d’appartenir à la grande famille des Rougon-Macquart.

J’étais au courant de tout ça, y compris lorsque j’ai lu pour la première fois l’un des tomes (ça devait être La bête humaine). Bah, même en le sachant, je trouve que la lecture de ce tout premier tome, La fortune des Rougon, est vraiment éclairante, édifiante ; indispensable !

En ayant lu ce premier tome, on comprend bien mieux tous les autres, pourquoi Gervaise a un penchant pour la boisson, pourquoi Jacques porte en lui une telle violence… que les personnages que vous connaissez apparaissent ou non dans La fortune, vous y trouverez forcément leurs ascendants et, de là, les traits significatifs de leur famille, les « valeurs » propres à leur branche… On ne peut pas résumer Zola à une peinture de l’hérédité, mais tout de même, on voit bien quelle part importante ça prend dans son œuvre !

L’histoire de ce tome est également intéressante en elle-même, même sans penser à tous ceux qui suivent. On y voit deux niveaux : la petite histoire et la grande Histoire. La petite ou plutôt les petites : les drames familiaux, la soif de pouvoir de certains, la belle histoire d’amour innocentes de deux autres… et pour la grande, place aux insurrections qui secouent la France au moment du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. La dimension politique joue d’ailleurs beaucoup sur la démarche arriviste et opportuniste de certains des personnages ! Je précise tout de même que, connaissant vraiment très mal l’histoire de la France du XIXe siècle, j’ai dû ouvrir l’encyclopédie à plusieurs reprises pour bien comprendre les enjeux de l’intrigue.

Bref, que ça soit pour comprendre le cycle des Rougon-Macquart ou simplement pour lire un bon roman, je vous la conseille, cette Fortune :o)

Par kalistina
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Mercredi 2 janvier 2008

Trois ouvrages pour le prix d’un :-)

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J’ai lu Le rêve de d’Alembert, le Supplément au voyage de Bougainville et enfin Contes et entretiens.

Le premier, lu avant les autres, m’a donné quelques maux de tête… Diderot expose ses théories matérialistes et, expliquer pourquoi et comment « tout est matière », je vous assure que ce n’est pas de la tarte. Heureusement, il choisit la forme du dialogue et on lit donc un certain nombre de répliques savoureuses, pleines d’ironie, dans un ton résolument moderne.

Le supplément au voyage de Bougainville est bien différent. On a encore un dialogue entre deux personnages, un naïf et l’autre détenteur du savoir, et encore un ton en apparence léger qui permet de transmettre des messages au sens fort. Beaucoup plus simple à lire et à comprendre, ce supplément m’a vraiment apporté un bon moment de lecture. Diderot y dénonce les travers de la civilisation occidentale, les rapports homme/femme ou la morale chrétienne et les codes civils qui tous deux vont parfois à l’encontre de la nature et de son bon sens. C’est stupéfiant de modernité.

Quant aux Contes et entretiens, j’en ai lu 4 sur les 6, et j’y ai retrouvé ce questionnement sur la conception de la vertu, parfois bien absurde, les rapports homme/femme et l’humour de Diderot. L’un des « contes » m’a semblé particulièrement intéressant, en dénonçant « l’inconséquence du jugement public », ou comment juger le comportement de ses voisins peut parfois entraîner bien des malheurs, uniquement dus à la mesquinerie et à l’hypocrisie.

Bref, si je ne vous conseille pas de découvrir Diderot avec Le rêve de d’Alembert, je vous assure néanmoins que la lecture d’un des deux autres ouvrages est vraiment enrichissante ; ou comment réfléchir sans s’en rendre compte, en lisant la prose d’un homme qui disait des choses profondes dans une langue simple et amusante. En plus ils sont franchement vite lus :o)  

Par kalistina
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