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littérature classique francophone


Mercredi 12 septembre 3 12 /09 /Sep 22:30

chateau_des_carpathes.jpg

Voilà quinze ans que le baron de Gortz a déserté son château. N'y a-t-il vraiment plus âme qui vive dans la demeure en ruine ? Le petit village de Werst, en Transylvanie, est soudain obsédé par cette question. Fumée anormale, bruits effrayants, lumières surnaturelles... Plus aucun doute possible : les fantômes, vampires et autres créatures de l'enfer ont investi les environs.

Hanté, le château des Carpathes ? Pour le jeune Franz de Télek, il n'y a qu'un seul moyen de couper court aux fabulations : y aller. Entraîné parla voix d'outre-tombe de sa défunte bien-aimée, il est bien décidé à affronter les mystères du lieu...

 

J'ai enfin lu ce roman qui était en bonne place parmi les plus anciens de ma PAL. Je ne savais absolument pas de quoi il pouvait être question dans ce livre, si ce n'est que je pensais qu'il s'agissait de vampires, d'une façon ou d'une autre. Je m'imaginais quelque chose de mystérieux et de bien terrifiant.

 

Bon, autant vous le dire tout de suite, je me fourvoyais totalement, on n'a pas peur un seul instant. Le côté mystère est tout de même un peu présent, à travers des phénomènes inexpliqués qui peuvent surprendre ou interpeller... mais ça devait faire nettement plus d'effet sur le lecteur du XIXe. Comprendront ceux qui l'auront lu!

 

C'est en revanche une histoire assez triste, qui montre jusqu'où peut pousser le chagrin de la perte d'un être cher ou d'une relation amoureuse.

 

Ce roman ne restera pas dans mes annales personnelles, mais je suis satisfaite de l'avoir enfin lu!

 

Choupynette l'a lu aussi.


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Mardi 21 août 2 21 /08 /Août 19:05

page d amour

Hélène Grandjean, veuve, retirée avec sa fille Jeanne, vit aux portes de Paris, à Passy. Prise de convulsions, Jeanne est traitée par le docteur Deberle. Entre le médecin et la mère, un coup de foudre réciproque va bouleverser les habitudes des uns et des autres. Des bouleversements que Jeanne ne pourra longtemps supporter.

 

Bon, décidément, dès qu'il s'agit d'amour, je trouve que Zola s'y prend mal.

Voici l'histoire d'une femme sacrément barbante, carrément ennuyeuse tant elle est vertueuse et  constante en tous points, qui, malheureusement pour elle, tombe amoureuse d'un homme marié. Zola nous peint donc les affres de la passion croisées avec celles de la culpabilité.

 

C'est évidemment bien écrit, mais ce n'est franchement pas le meilleur roman du cycle. J'ajoute que Jeanne, l'enfant malade, est parfois franchement tyrannique ; quelle pénible! Quelle capricieuse! Cela dit, heureusement qu'elle est là pour ajouter à la culpabilité d'Hélène, sinon on s'ennuierait un peu...

Defi-Emile-Zola

 

Bref, agréable à lire, mais j'espère que Nana, le prochain tome, sera plus palpitant (aucun souvenir de ce roman que j'ai pourtant déjà lu?).


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Samedi 19 novembre 6 19 /11 /Nov 09:03

assommoir

Que faire quand on est, comme Gervaise, une ouvrière, avec deux enfants, dans le Paris populaire de 1850 et qu'on ne manque pourtant ni de courage, ni de générosité, ni de projets ? Gervaise compte sur le zingueur Coupeau pour l'aider à se reconstruire.
Mais à qui se fier au milieu de gens malveillants que son énergie vitale rend jaloux ? Et Gervaise pourra-t-elle déjouer l'implacable hérédité familiale et les maléfices de l'alambic ? L'Assommoir, qui fit scandale lors de sa publication, est considéré de nos jours comme le plus grand roman de Zola, avec Germinal. Dans ce premier roman français à mettre en scène la vraie misère du monde ouvrier au XIXe siècle, Zola plonge son lecteur dans la joyeuse convivialité de grandes scènes populaires, tout en lui faisant partager les espoirs, les inquiétudes et les faiblesses d'une femme qui cherche, tout simplement, à vivre.

 

Gervaise est la soeur de Lisa Quenu, héroïne du Ventre de Paris, la fameuse soeur que Lisa ne tenait pas à présenter à son entourage. Comme sa soeur, elle quitte Plassans pour monter à la capitale, sous la pression de son compagnon Auguste Lantier.

Elle n'a que 22 ans mais déjà deux garçons de 4 et 8 ans ; quant Lantier la quitte, elle est, pense-t-elle, au plus bas. Elle se jette à corps perdu dans son travail de blanchisseuse pour subvenir aux besoins de ses enfants et vivre chichement mais honnêtement (d'ailleurs, encore une fois, Zola sort ses grosses ficelles bien voyantes : elle est blanchisseuse, vous dit-on, voilà qui est riche d'interprétations).

 

Coupeau, ouvrier zingueur, fait la cour à Gervaise, tant et si bien que, malgré ses réticences, elle accepte sa demande en mariage. Ses désirs sont simples :

"Mon Dieu ! je ne suis pas ambitieuse, je ne demande pas grand-chose… Mon idéal, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d’avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez, un lit, une table et deux chaises, pas davantage… Ah ! je voudrais aussi élever mes enfants, en faire de bons sujets, si c’était possible… Il y a encore un idéal, ce serait de ne pas être battue, si je me remettais jamais en ménage ; non, ça ne me plairait pas d’être battue… Et c’est tout, vous voyez, c’est tout…".

 

Tout est là. L'idéal de départ, l'ascension et, vous vous en doutez bien puisqu'on est chez Zola, l'inexorable chute...


J'ai lu ce roman avec un pincement continu. On sait comment tout cela va s'achever, mais c'est comme dans Titanic, on voudrait qu'elle finisse par lui laisser un bout de bois, on se dit que si on le pense très fort ça va finir par arriver... Voir la chute de cette femme si bonne m'a fendu le coeur. Les romans du cycle des Rougon-Macquart sont rarement bien joyeux, mais je n'avais pas ressenti tant d'empathie pour les personnages des tomes précédents.

 

La déchéance du couple d'ouvriers pourtant si méritants, les ravages de l'alcool mis au grand jour, voilà qui explique l'accueil peu chaleureux des critiques fait à la parution de L'Assommoir. Cependant, c'est justement cette vérité sans fard qui fait sa force, ce malheur si ordinaire, si réaliste. Defi-Emile-Zola

 

Livre lu dans le cadre du challenge "On a une relation comme ça, Emile Zola et moi".

 

Les billets de Moka, instigatrice du challenge, et de Louis.


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Jeudi 13 octobre 4 13 /10 /Oct 05:19

son excellence eugene rougon

Son Excellence Eugène Rougon est le portrait d'un parvenu, d'un " homme nouveau " devenu homme du et de pouvoir sous le Second Empire.

 

J'avais quitté Zola un peu fâchée avec le tome 5 des Rougon-Macquart,  La faute de l'abbé Mouret. Me voici réconciliée avec ce sixième opus, dans lequel j'ai retrouvé les bassesses humaines qui font le sel des romans zoliens.

 

Eugène est un homme parti de rien, mais avide de pouvoir, un vrai Rougon. Petit à petit, il a gravi les échelons et est arrivé en haut de la pyramide, un intime de l'empereur. Il fait profiter son petit cercle d'amis d'une quantité et d'une variété de largesses assez incroyables. Mais la roue peut tourner...

 

Que ceux qui fuient ce roman en ayant lu qu'il y est question de politique se rassurent : ce sont les politiques qui sont ici au coeur de l'histoire et non la politique elle-même. Autrement dit, c'est la foire aux intrigues, aux complots, aux petits arrangements, aux retournements de veste, aux mensonges pour mieux embobiner l'électorat... Un roman très moderne, comme toujours!

 

Et les femmes m'ont semblé plus présentes que d'habitude, même si elles n'ont toujours pas un rôle très glorieux. Forcément, dans un roman d'intrigues, il fallait des intriguantes... Au premier rang desquelles Clorinde, la belle italienne insoumise, à l'intelligence acérée, au désir de pouvoir insatiable et prête à tout pour (y) parvenir. Elle a bien sûr la chance d'être d'une beauté à couper le souffle, et la stimulation du désir couplée à l'esprit de manipulation peut faire bien des choses.

 

Je suis plus qu'en retard pour ce défi Zola, bonne dernière je pense, mais toujours dans la course.Defi-Emile-Zola

 

Les avis de notre organisatrice Moka et de Cuné


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Samedi 10 septembre 6 10 /09 /Sep 16:18

dieux ont soif

A côté du fanatique révolutionnaire Evariste Gamelin, les hommes et les femmes des Dieux ont soif, entraînés par le mécanisme tragique d'un pouvoir épris d'absolu et altéré de sang, nous sont décrits, au cœur d'une situation d'urgence, avec leurs soucis et leurs plaisirs quotidiens. Mais les responsables de la Terreur, menant le pays par des idées abstraites, sont décidés à faire le bonheur des hommes malgré les hommes.

 

Où l'on ne cesse d'être surpris...

Je m'attendais à lire un vieux machin poussiéreux, suranné, voire rébarbatif, à l'image de mon exemplaire jauni, vieilli, écrit en tout petit et qui ne fait pas envie. Heureusement que ce pauvre Anatole a eu le prix Nobel, sinon je ne serais peut-être jamais allée au-delà de ces vilains a prioris!

 

Et j'aurais eu bien tort, parce que Les dieux ont soif est un roman d'une puissance incroyable. La période est celle de la Terreur et le climat est donc à la suspicion et à l'inquiétude permanente. Evariste, lui, est un idéaliste, persuadé d'être dans le vrai, qui ne rêve que de justice absolue et de paix éternelle.

 

On voit cet homme plutôt banal, qui vit son amourette avec la jeune Elodie, qui s'occupe de sa mère, bref, qui semble être un homme fait de chair et de sang, basculer progressivement dans l'horreur. C'est la chute d'un homme vers le monstre inconscient de l'être. C'est de ce paradoxe que naît la force du roman.  

On saisit avec effroi, de façon presque palpable, comme de grands idéaux, les plus beaux idéaux, peuvent mener à la barbarie. C'est un roman édifiant qui éclaire bien des périodes de l'Histoire.


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