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science-fiction


Jeudi 11 octobre 4 11 /10 /Oct 19:23

ilium

 

Billet précédemment publié sur le Biblioblog.

 

Il serait faux et réducteur que de décrire Ilium comme une simple réécriture de l’Iliade.
Trois histoires différentes nous sont racontées dans ce foisonnant roman, sans lien les unes avec les autres, du moins semble-t-il au premier abord.

 

Sur le mont Olympe, sur Mars, les dieux s’amusent à faire vivre la guerre de Troie grâce à leur maîtrise de la physique quantique : les déplacements dans le temps et dans l’espace n’ont plus de secret pour eux. Contrairement à l’issue de la guerre de Troie, dont seul Zeus a connaissance…
Pour savoir si le déroulement du combat est conforme aux écrits d’Homère, les dieux de l’Olympe ont fait revenir à la vie, grâce à des fragments d’ADN, des scholiastes de diverses époques, les plus éminents spécialistes du récit homérique.

Sur Terre, à une époque plus avancée que la nôtre, vivent quelques rares humains, qui mènent une vie de pacha, entourés de serviteurs high-tech, allant de fête en fête un peu partout dans le monde, se déplaçant grâce à des anneaux de téléportation, et brillant par un total manque de culture (d’ailleurs plus personne ne sait lire). Le passé est une zone floue, qui ne les intéresse d’ailleurs que peu. La vie est belle, on vit jusqu’à cent ans sans tomber malade (en cas d’accident, les anneaux envoient les « patients » à la firmerie pour les réparer), âge auquel on rejoint pour toujours et pour un éternel bonheur les « posthumains ». Un petit groupe d’humains finit par se poser des questions, et ils vont trouver de bien étranges réponses.

 

Enfin, dans l’espace, se déplacent, chacun dans leur vaisseau, quelques moravecs. Inquiets de percevoir un trop plein d’énergie quantique émanant de la planète Mars, les chefs de ces robots humanoïdes, créés par les posthumains, envoient quelques-uns des leurs en mission. Nous suivons donc Mahmut, qui présente certaines ressemblances avec R2D2, et son ami Orphu, qui lui ressemble à une sorte de crabe géant. Entre deux échanges techniques quant à leur mission, nous suivons leurs inénarrables engueulades autour des sonnets shakespeariens et de la Recherche de Proust, chacun défendant son favori.

 

Le lien entre ces trois univers finit par se faire jour, mais bien avant cela le lecteur est déjà captivé par le roman. Tout est passionnant, pas un chapitre ne semble superflu et l’intérêt du livre va bien au-delà de la simple référence plaisante. On s’interroge sur les avancées technologiques et leurs dérives potentielles, sur le libre-arbitre et la nécessité de la culture… Je regrette simplement mon manque total de connaissance en matière de physique quantique : j’aurais aimé déceler le vrai du faux parmi tous les gadgets technologiques et autres avancées dont bénéficient les divers personnages.

 

À noter que Dan Simmons a écrit une suite (dont je ne peux vous parler, ne l’ayant pas encore lue) : Olympos.

 

Les billets de Karine et Keisha.


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Mardi 7 août 2 07 /08 /Août 21:56

Le-successeur-de-pierre-Truong.jpg

Cela fait des siècles que la Bulle de Pierre, écrite par le premier pape, est perdue. Objet de toutes les convoitises, la teneur de son message n'est connue que des souverains pontifes, successeurs de l'apôtre de Jésus. Pour le jeune Calvin, isolé dans son cocon à l'intérieur d'une des immenses pyramides où s'est réfugiée la quasi-totalité de l'humanité, il est des mystères bien plus immédiats : pourquoi a-t-il été séparé de sa mère ? Qui sont ces amis avec lesquels il ne communique que par Web interposé et qui se cachent derrière des avatars aux noms faussement transparents ?... Et pourtant, se peut-il que tous ces faits soient liés au manuscrit disparu ?

 

Voici un roman qui m'a d'ébord intriguée par son auteur, chercheur en intelligence artificielle : un scientifique qui prend pour point de départ l'objet de son travail pour imaginer une histoire, voilà qui rappelle l'origine du genre qu'est la science-fiction. La 4e de couverture, ensuite, m'a bien interpellée : j'aime bien les romans qui flirtent avec l'ésotérisme religieux. C'est toujours périlleux et, il faut bien l'avouer, souvent raté ou trop facile (autre type de ratage, me direz-vous?).

 

Le préambule s'intéresse à cette fameuse bulle de Pierre à travers l'Histoire. J'aurais aimé que ces chapitres soient plus longs, plus développés, je les ai trouvés passionnants.

Le roman en lui-même se passe dans une époque à venir mais bien proche de nous, en l'an 2032. A cette époque, suite à une peste dévastatrice, les humains vivent quasiment tous dans ce qu'on appelle des cocons : des appartements dont ils ne sortent jamais, n'ayant aucun contact avec le monde extérieur ni avec les autres. Les liens ne sont plus que virtuels : tout le monde est connecté, le Web est plus que le quotidien, c'est la vie de tout un chacun.

2032... Certains sont nés dans les cocons (séparés de leur mère à l'âge de 6 ans), mais nombreux sont ceux qui ont connu la vie à l'air libre et le contact physique. Comment ont-ils accepté cet enfermement? Est-ce seulement vécu comme une privation? Et comment faire confiance, comment savoir si ceux avec qui l'on échange sont bien ce qu'ils prétendent être?

 

Le lien avec le préambule vient assez tardivement, mais finalement ce n'est pas si grave. Cette bulle de Pierre est intéressante et on a envie de savoir ce qu'elle a pu devenir, mais le véritable intérêt du roman réside dans la réflexion sur cette drôle de vie pas si inimaginable que cela : l'idéalisation du virtuel, l'individualisme, la propriété intellectuelle etc.

 

Une écriture habile, une histoire prenante, qui pousse à réfléchir et qui donnerait presque envie de lire Teilhard de Chardin : un bon roman de SF qui mérite amplement ses prix.


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Samedi 14 juillet 6 14 /07 /Juil 09:13

nef des fous

L'Argonos est un immense vaisseau qui abrite des milliers d'êtres humains depuis des générations. Tous ont oublié depuis longtemps le but de leur voyage. Bartolomeo Aguilera, handicapé, enferré dans un exosquelette, mais doté d'une intelligence hors du commun, est le conseiller du capitaine. Il sera ses yeux au sein de l'équipe d'exploration d'Antioche, une planète qui émet une transmission probablement humaine. 

 

A bord de ce "vaisseau monde" qu'est l'Argonos, la société s'est reconstruite depuis des siècles, en strates bien définies, selon un système oligarchique. C'est donc sans surprise que naissent et meurent les mutineries, les luttes pour le pouvoir, les manigances et autres complots. Que faire d'autre, de toutes façons, quand cela fait des décennies que le vaisseau erre sans but dans la galaxie?

La découverte d'Antioche va faire naître beaucoup d'espoir, et tout simplement redonner un peu de souffle à cette société qui en manque. Mais elle va aussi bouleverser son fragile équilibre...

 

Il ne faut pas lire pour autant ce roman comme une histoire à suspense - erreur que j'ai faite au début, ce qui a entraîné une petite déception. Bien vite oubliée car le roman est bien écrit, bien mené, et les personnages suffisamment complexes pour être intéressants (surtout le héros, Bartolomeo le stratège mal aimé, et l'évêque).

 

Bref, ce n'est pas le chef d'oeuvre du siècle, ce n'est pas le meilleur roman de space-opera (suppose-je, moi qui n'en ai quasi pas lu?), ce n'est pas celui que je conseillerais à quelqu'un qui veut découvrir la sf, mais ça reste un bon roman, qui manque peut-être un peu d'originalité mais qui tient ses promesses.


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Jeudi 3 novembre 4 03 /11 /Nov 22:40

prisonniersdutemps.jpg

Située au beau milieu du désert de l'Arizona, ITC est une entreprise de technologie de pointe hautement mystérieuse. Sous la férule d'un scientifique aussi brillant que mégalomane, d'importantes recherches y sont menées dans le plus grand des secrets... Mais pourquoi ITC s'intéresse-t-elle aux travaux de l'équipe d'historiens qui, loin de là, dans la vallée de la Dordogne, a entrepris, sous la direction du professeur Johnston de l'université de Yale, des fouilles autour d'un monastère du XIVe siècle ? Pour éclaircir la question, Johnston se rend en Arizona.
Et disparaît... Deux jours plus tard, en Dordogne, un parchemin vieux de six cent cinquante ans est mis au jour. Son message, " À l'aide ", est signé du professeur Johnston...

 

Ah, les voyages dans le temps... voilà un thème que j'adore, qui me suffit pour craquer pour n'importe quel bouquin. Je trouve qu'il s'agit là d'une idée fantastique, et si riche qu'elle peut permettre des histoires riches en rebondissements, en théories plus ou moins scientifiques et de toutes façons en bons moments de lecture.

 

L'idée de départ est donc très bonne, les personnages sont sympathiques, mais... le reste tombe un peu à plat.

Les explications pseudo-scientifiques m'ont embrouillé l'esprit ; sont-elles trop complexes ou trop confuses? Aucun moyen pour moi de trancher, mais ce qui est sûr c'est qu'elles sont absconses, et il me semble qu'un bon auteur ne perd pas son lecteur dans ce type de digressions.

Quant aux situations, je les qualifierais de cinématographiques tant elles sont prévues pour en mettre plein la vue, justement. Ca sent le block-buster américain à des kilomètres. Un peu de finesse, de subtilité, que diable!

 

Bref, ça reste agréable à lire puisqu'on parle voyage dans le temps, mais c'est bien le seul sel du roman.


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Mercredi 29 juin 3 29 /06 /Juin 22:58

sans parler du chien

Nous sommes au XXIe siècle, Ned Henry, un historien voyageur temporel, fait partie de l'équipe chargée de reconstituer la cathédrale de Coventry sur son modèle du XIXe. Déjà pressé par son tyrannique supérieur Lady Schrapnell, Henry voit sa tâche, déjà éprouvante physiquement et mentalement, se compliquer par un malheureux hasard qui remet en cause l'avenir du monde. Il est chargé de corriger un dangereux paradoxe temporel causé par une de ses collègues, qui a malencontreusement ramené un chat d'une de ses expéditions dans le XIXe siècle. Sans parler du chien...

 

Quel bonheur! J'avais beaucoup d'attentes avant de commencer ma lecture, et contrairement à ce qui se passe souvent quand je suis sûre que je vais aimer, je n'ai absolument pas été déçue. La trame de ce roman, c'est tout ce que j'aime : du voyage dans le temps, du paradoxe inévitable mais pourtant à éviter, et la délicieuse époque victorienne avec butlers et petites assiettes en porcelaine.


Les personnages sont très réussis eux aussi. Ned n'a vraiment pas de chance avec ceux qui l'entourent, entre sa supérieure complètement cinglée et monomaniaque, son compagnon de voyage dont la raison se trouve quelque peu altérée (...!) par l'amour, et l'insupportable Tossie, jeune femme agissant comme une enfant gâtée et dégoulinante de niaiserie, surtout en présence de son chat.

Ce chat et ce chien sont eux aussi des personnages à part entière, pourrait-on dire. Ce chat est à l'origine de tous les problèmes des historiens voyageurs du 21e siècle, et j'ai d'ailleurs beaucoup aimé les passages où Ned découvre les chats, espèce éteinte à son époque, notamment celui sur le ronronnement!

Ned n'est d'ailleurs pas le seul à travailler sur cette mission ; il collabore avec Verity, la jeune femme qui a commis la "gaffe du chat", si je puis dire, et il va découvrir que certains spécimens victoriens sont en fait des sortes d'agents inflitrés... Et heureusement qu'il est ainsi entouré, car les voyages dans le temps, lorsqu'ils sont trop rapprochés et répétés, entraînent quelques petits effets secondaires qui donnent lieu à des passages bien amusants.

J'ajoute qu'une des missions de Ned est de découvrir l'identité d'un certain monsieur C, et que cette petite enquête m'a bien tenue en haleine, bien que je me sois un peu doutée de la "révélation".

 

Bref, un roman inventif, des personnages attachants, d'autres insupportables, des rebondissements, des histoires d'amour et une ambiance victorienne, que demande le peuple?

 

Les billets de Caro, Karine, Lounima.


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