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littérature contemporaine francophone


Jeudi 1 novembre 4 01 /11 /Nov 22:22

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Ne vous fiez pas au titre : ce fameux Ernesto mettra bien du temps à pointer le bout de son nez, et le véritable héros de ce roman, c'est Joseph Kaplan, né à Prague en 1910. Fils de médecin, il suit tout naturellement des études de médecine, mais c'est la recherche qui le passionne. Son père, qui s'inquiète des idées progressistes de son fils, militant socialiste, et surtout des ennuis qu'elles lui causent, accepte donc facilement de l'envoyer se spécialiser à Paris.

Joseph y découvre une nouvelle vie, bercée par son amour du tango qu'il pratique avec assiduité. Mais bientôt la guerre civile éclare en Espagne ; contre toute attente, Joseph ne part pas au front comme ses camarades militants mais préfère accepter un poste à responsabilités à Alger.

On suit ainsi la vie de Joseph, de Prague à Paris en passant par le fin fond de la campagne algérienne, au gré de ses pérégrinations et au fil de l'Histoire. Les guerres successives, les régimes politiques, l'évolution des moeurs influent eux aussi sur la vie des petites gens.

Je ne vous parle que de Joseph parce que c'est lui qu'on suit tout au long du XXe siècle, mais d'autres personnages marquent ce roman et il y aurait beaucoup à dire à leur sujet.

 

Ce qui me semble-t-il fait la force de ce roman, c'est sa justesse. Joseph mène une vie plutôt mouvementée, probablement plus que le citoyen lambda, mais tout sonne vrai, dans ses questionnements (sauf à certains moments où, justement, on ne sait pas trop ce qu'il pense, alors que justement sa tête est certainement en train de bouillonner...), dans ses relations aux autres, dans les liens que tissent les amis, les membres d'une même famille...

Parallèlement à ce constat, donc, j'ai trouvé que certains passages étaient trop elliptiques, alors même qu'il se passe des événements forts pour lesquels on, lecteur comme personnages du roman, voudrait bien des explications. Peut-être était-ce contourner la difficulté que de nous laisser comme ça parfois en plan, peut-être est-ce aussi une façon de nous rappeler que la vie réelle ne nous apporte pas toujours les réponses à nos questions.

 

Leiloona voit ce roman comme une variation musicale sur divers thèmes avec le tango comme fil conducteur. Je n'y aurais pas pensé, mais je trouve cette idée tout à fait adéquate. La musique, la danse, Carlos Gardel sont des sortes de leitmotiv dans ce roman aux cadres si variés et si changeants.

J'ajoute que je n'ai pas eu l'occasion de lire Le club des incorrigibles optimistes jusqu'à présent, n'ayant pas cédé aux sirènes de son succès à sa sortie, ni à l'occasion de la sortie poche. Cet autre roman me faisait pourtant déjà de l'oeil ; maintenant que j'ai découvert la belle plume de Jean-Michel Guenassia ainsi que son talent pour raconter une histoire plus que foisonnante, j'ai bien envie d'enfin acheter son premier.

 

Un roman auquel j'ai trouvé quelques petites longueurs dans le premier tiers, mais qui dans l'ensemble m'a beaucoup séduite et que je vous recommande donc chaudement.

 

Les billets de Leiloona et Sylvaine.


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Dimanche 14 octobre 7 14 /10 /Oct 10:32

la petite fille qui aimait trop les allumettes

 

"Nous avons dû prendre l'univers en main, mon frère et moi car un matin un peu avant l'aube papa rendit l'âme sans crier gare.  Sa dépouille crispée dans une douleur dont il ne restait plus que l'écorce, ses décrets si subitement sombés en poussière, tout ça gisait dans la chambre de l'étage où papa nous commandait tout, la veille encore.  Il nous fallait des ordres pour ne pas nous affaisser en morceaux, mon frère et moi, c'était notre mortier.  Sans papa, nous ne savions rien faire.  À peine pouvions-nous par nous-même hésiter, exister, avoir peur, souffrir".

 

On m'avait prévenue que c'était une roman "original"... Volontairement, je n'avais absolument rien lu sur ce livre, pas même la 4e de couverture, rien. En voyant le titre et la couverture, je m'attendais à un genre de polar... mais pas à ce que j'ai lu, en tout cas!!

 

On ne peut pas trop en dire sur ce court roman. Sachez simplement que deux adolescents vivent sous la coupe tyrannique de leur riche père, qui ne leur a offert ni éducation, ni occasion de découvrir autre chose que les quatre murs de leur maison et le jardin. Leur vie consiste à appliquer les ordres donnés, et parfois à jouer les "secrératiens". C'est le rôle que décide de prendre un de ces deux jeunes gens lorsque leur père meurt soudainement.

Coupés de tout, ignorants de tout, on découvre peu à peu toute l'horreur de leur vie, racontée pourtant de façon banale puisqu'il s'agit de la seule vie qu'ils aient jamais connue, sans la remettre vraiment en cause. C'est ce décalage qui est glaçant.

 

Bien que ce qui déroute se situe avant tout dans l'histoire, le style n'est pas en reste, puisque, comme je le disais, ces deux ados n'ont reçu aucune éducation. C'est donc avec un langage étrange, souvent cru, toujours étonnant, parfois truffé de références classiques, que s'exprime notre secrétarien.

 

Bien qu'il n'ait quand même pas atteint le même degré d'atrocité à mon sens, ce roman m'a mise presque aussi mal à l'aise que Les noces barbares de Yann Queffélec, et ce n'est pas peu dire. Je ne regrette pas de l'avoir lu, parce qu'effectivement il est... comment dire... unique?, mais je ne peux pas dire que j'ai aimé. 

Mon-Quebec-en-septembre

 

Billet qui aurait dû être publié pour l'opération Québec en septembre...

 

Les billets de Jules, Karine et Le Papou.


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Jeudi 6 septembre 4 06 /09 /Sep 20:04

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Romain Brady, héritier d’une célèbre dynastie, quitte à dix-huit ans cette vie qui ne lui ressemble pas. Le même jour, Éléna Tavernier fuit une maison pleine de sang et de fracas pour se réfugier à Rivière-aux-Oies. C’est là, au coeur de la forêt, que les deux jeunes gens vont se découvrir et s’aimer. Et qu’Éléna donnera à Romain le nom du plus solide et du plus spectaculaire des arbres : Douglas.

Les années passent. Une famille singulière s’improvise, malgré les ragots et en dépit des blessures. Entre un médecin au coeur rafistolé, une institutrice au nom imprononçable et une enfant surgie des bois. Une passion comme au cinéma, qui se déploie à l’ombre d’un arbre, d’une clarinette et de la beauté fragile du monde.

 

Quel joli petit roman!

L'histoire de Douglas, Elena, Rose, Léandre et Gabrielle est racontée avec beaucoup de poésie. C'est une famille singulière qui se construit autour de la petite Rose et, même si le chagrin et la tristesse ronge plusieurs de ces êtres singuliers, c'est l'amour qu'ils se portent qui prévaut. Ca fait guimauve de dire ça comme ça, mais c'est vraiment une belle histoire!

 

Le style est concis, les chapitres aussi, ce qui donne une impression de simplicité qui va très bien avec l'ode à la nature et à la musique que raconte aussi ce livre.

 

Ma petite déception vient du fait que c'est justemet un peu trop court, j'aurais voulu mieux connaître Gabrielle, j'aurais voulu mieux voir grandir Rose... mais la douceur ambiante m'a conquise et balaie rapidement ce bémol.


Mon-Quebec-en-septembre.gif

 

Les billets du Biblioblog, Hydromielle, Jules, Karine.


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Jeudi 21 juin 4 21 /06 /Juin 22:37

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Sur les rives du Saint-Laurent où il vit retiré en compagnie du chat " Vieux Chagrin ", un écrivain épie jusqu'à l'obsession l'inaccessible silhouette d'une jeune femme dont le voilier est venu mouiller dans une anse du fleuve. Un exemplaire des Mille et Une Nuits, abandonné dans une grotte proche, est la seule preuve tangible de l'existence de cette muse récalcitrante, à laquelle se substitue bientôt une enfant malheureuse venue trouver, auprès de l'écrivain, refuge et réconfort.

 

Jim vit en solitaire, dans sa grande maison au bord du fleuve, avec ses chats et en attendant l'inspiration qui ne vient pas. Son quotidien se trouve chamboulé par la présence supposée d'une certaine Marika, lectrice mystérieuse des Mille et une Nuits. Sans jamais réussir à la voir, il tombe amoureux d'elle, son roman reprend un peu de souffle. Ce sont deux autres personnages féminins qui entrent dans sa vie : Bungalow, une femme qui a tout quitté pour venir en aide aux autres femmes, et la Petite, une adolescente en souffrance, perdue et secrète. Ces deux âmes écorchées, Jim et la Petite, vont se rapprocher et s'attacher.

 

Lily, dans son billet à lire plus bas, fait justement remarquer que, comme dans d'autres romans de Jacques Poulin, le narrateur est un homme seul, dont la vie est faite de livres et de chats.

L'autre grand point commun, c'est une certaine indolence, et une mélancolie qui vient teinter l'ensemble. Ce n'est pas du tout triste pour autant ; c'est plutôt que c'est nonchalant, on se laisse porter... et surtout, surtout, on entre dans le monde du doute, du flou, et on flirte en permanence avec le rêve. Qu'est-ce qui est réel, qu'est-ce qui n'appartient qu'à l'imagination de notre narrateur écrivain? Difficile de trouver la réponse, mais il faut dire qu'on ne la cherche pas vraiment. On se laisse bercer, un peu comme sur un hamac, et c'est bien agréable.

 

Les billets de Do, Karine et Lily.


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Samedi 16 juin 6 16 /06 /Juin 05:57

ce que je sais de vera candida

"Rose Bustamente, la grand-mère maternelle de Vera Candida, avant de devenir la meilleure pêcheuse de poissons volants de ce bout de mer, avait été la plus jolie pute de Vatapuna." Sur une île imaginaire, trois générations de femmes semblent vouées à enfanter des filles sans père. Jusqu'à Vera Candida, qui fuit Vatapuna pour se forger un autre destin...


A la sortie en poche de ce roman, je me suis précipitée pour l'acheter, certaine de passer un excellent moment. J'en étais si sûre que je l'avais gardé, pour les moments où on a besoin de se lover à l'intérieur du livre, voyez?

 

Eh bien je vous le dis tout de suite, j'ai raté mon coup.

Le style de Véronique Ovaldé est très particulier et je l'ai plutôt apprécié, je n'exclus donc pas de lire un jour un autre de ses romans. En revanche, l'histoire de ces trois femmes m'a presque laissée de marbre. Leurs vies sont bien malheureuses, et pourtant ma compassion a été plutôt limitée.

La première partie me plaisait davantage parce que Rose Bustamente, la première de cette lignée de femmes, est un personnage intéressant. Je ne peux pas en dire autant de ses descendantes, que j'ai trouvées bien passives et peu attachantes. Pour la faire courte, j'ai été déçue et me suis ennuyée.

 

Si vous voulez lire une belle fable hispanisantes, préférez largement le Coeur cousu de Carole Martinez.

 

Les billets d'Amanda, Bluegrey, Cathulu, Edelwe, L'Irrégulière, Jules, Laurence, Mango, Papillon, Theoma, Zarline.


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