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Mercredi 6 juin 3 06 /06 /Juin 23:35

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Les facéties du sapeur Camember ou l' « histoire naturelle, véridique et compilatoire d'un sapeur qui portait la hache et le tablier à la fin du Second Empire. — Si l'auteur a choisi cette époque, ce n'est pas qu'il y ait été poussé par des considérations politiques  c'est simplement afin d'avoir l'occasion et le prétexte d'orner l'occiput de son héros d'un de ces triomphants bonnets à poil, dernier écho de ceux qui furent les panaches blancs de la Grande Armée. — On admirera combien il a fallu de génie à l'auteur pour faire du neuf avec du vieux. — On y verra également comme quoi ce n'est pas sans avoir passé beaucoup de temps à l'ombre que le héros de ce remarquable ouvrage parvint à épouser mam'selle Victoire, ce soleil resplendissant de toutes les vertus domestiques. »

 

Ainsi Christophe présente-t-il son héros, dont nous découvrons avec le plus grand plaisir l'enfance puis l'âge adulte. Tout petit déjà, Ephraïm Camember donne du fil à retordre à ses parents  à l'école (il ne reconnaît que la lettre H en leçons de lecture par exemple) puis ses nombreux et divers essais comme apprenti au village se soldent immanquablement par de cuisants échecs.
Fort étourdi, un peu canaille et réfractaire au moindre effort, « on n'ose prévoir comment tout cela aurait fini » si le jeune homme n'avait été appelé comme conscrit. Bien vite promus sapeur par on ne sait quel miracle, Camember vit une vie riche en péripéties aux côtés de son colonel, de la colonelle, du major Eusèbe Mauve, de la bonne Victoire et du conscrit Cancrelat.

La gouaille du sapeur, son "bon sens" pour le moins farfelu et son esprit farceur font le sel de ses aventures, jamais méchantes mais toujours drôles. Christophe les a d'abord publiées dans un journal pour écoliers, mais je gage que les adultes souriront beaucoup eux aussi à la lecture de ces planches. 122 ans après sa naissance sous la plume de Marie-Louis-Georges Colomb dit Christophe, papa également de la famille Fenouillard, le sapeur Camember me donne toujours le sourire.

Rééditées dans les années 60 en un seul ouvrage, les facéties du sapeur Camember ont été à nouveau publiées dans les années 90, dans une version plus luxueuse et surtout colorisée.
Pour un premier aperçu de cet ancêtre de la BD, les planches initiales, en noir et blanc donc, sont libres de droit et consultables en ligne sur le site Gallica de la Bnf.
Je termine ce billet avec un extrait de la plaidoirie de maître Bafouillet, avocat de Camember : « La vie, hélas ! N'est qu'un tissu de coups de poignard qu'il faut savoir boire goutte à goutte  et, je le dis hautement, pour moi le coupable est innocent ! ».

 

Billet précédemment publié sur le Biblioblog.

 

Une petite planche trouvée sur http://aulas.pierre.free.fr/chr_cam_int.html, le site d'un passionné, qui a pris le temps de retaper le texte et de scanner les images des premières publications désormais libres de droit :

Camember complimente la colonelle.

Camember frotte un fauteuil avec vigueur

Les jours où chez le colonel on fait à fond le salon, Camember est appelé à l'honneur de frotter les meubles, ce qu'il fait avec toutes l'ardeur dont il est capable, en chantant :
Petits voiseaux qui-z'-êtes dansle feuillâââge… etc.

Camember contemple un tableau au mur puis appelle la Victoire

Tout à coup le sapeur s'arrête et demeure en contemplation devant un tableau à lui inconnu et qui orne depuis peu les murs du salon. Puis il appelle son Égérie, mam'selle Victoire, pour lui demander quelques éclaircissements complémentaires.

Victoire apprend à Camember qu'il s'agit du portrait de la colonelle

« Gomment, mossieu Gamempre ! fous ne foyez pas gue c'est la golonelle qu'elle a fait direr son bortrait par un peintre te paysages qu'on tit qu'il fait drès bien les animaux ? — Ça ne l'empêche pas d'avoir joliment raté la colonelle ! » dit Camember.

Mam'selle Victoire répond avec franchise à la colonelle qui l'interroge

LA COLONELLE (survenant). — Eh ! bien, Victoire, comment trouvez-vous mon portrait ?
VICTOIRE. — Matame tésire safoir ma bensée ?
LA COLONELLE (inquiète). — Mais… je vous en prie !
VICTOIRE. — Eh pien ! che ne le droufe pas choli, choli !

Camember vole au secours de la Victoire. La colonelle semble apprécier modérément

CAMEMBER (bondissant). — Oh ! mam'selle Victoire… Si on peut dire des choses aussi nain vert sans barbe (invraisemblables, probablement)… C'est pt'être vrai que ce n'est pas joli, joli… mais, avouez que c'est rudement ressemblant… avouez-le. »

Camember converse dans la cuisine avec mam'selle Victoire

CAMEMBER, d'un ton paternel, à mam'selle Victoire. — Mais, mam'selle Victoire, faut jamais dire aux dames que leur poquetrait il n'est pas joli… ça les fâche… et vous avec eu une fière chance que le sapeur se soye trouvé là pour vous rabibocher les choses.


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Dimanche 27 novembre 7 27 /11 /Nov 14:21

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50 ans qu'il vit ici, sur ce caillou, dans son vaisseau de granit. Bateau immobile qui ne l'emmène nulle part et qui ne rejoindra jamais aucun port... Et pourquoi quitter ce lieu alors que le monde au-delà de cette satanée ligne d'horizon fait si peur ? Où s'évader lorsqu'on n’a nulle part où aller ? Comment combattre la solitude et empêcher que ce silence perpétuel ne devienne assourdissant ?... Des années passées sur son rocher, avec l'imagination comme seule compagne...

 

J'aime bien lire des BD mais c'est une chose qui m'arrive fort peu souvent ; ça coûte cher, ça se lit vite, je n'y connais rien... Et donc j'en achète rarement. A force de lire les mérites de Chabouté dans les billets des uns et des autres pour la fameuse "BD du mercredi", je me suis laissé tenter par Tout seul.

 

Mais quelle merveille!!! Quand je vois une oeuvre portée aux nues, j'ai beaucoup d'attente et suis souvent déçue ; ça n'a pas du tout, mais alors pas du tout été le cas avec celle-ci. Je l'ai lue il y a deux semaines à peine et j'aurais presque envie de la relire dès maintenant.

 

En quelques mots, un jeune marin a rejoint un collègue plus âgé et l'une de ses premières missions consiste à livrer, chaque semaine, des colis sur un phare apparemment déserté. Intrigué, il interroge le vieux marin qui lui explique qu'il s'agit de nourriture, pour un homme vivant seul dans ce phare, coupé du monde. Pourquoi reste-t-il ainsi cloîtré? Que peut-il bien faire toute la sainte journée?

C'est ce qu'on va découvrir au fil des pages, grâce à la force du graphisme. Peu de mots, encore moins de dialogues, mais tellement d'émotions dans un visage expressif, dans quelques banals objets... C'est un tour de maître que de parvenir à transmettre tant d'humanité avec un crayon (ou un pinceau? quand je vous dis que je n'y connais rien).

 

Ma seule crainte, maintenant, c'est d'avoir découvert le meilleur album de l'auteur... Si vous en avez d'autres à conseiller du même acabit, de Chabouté ou d'autres, je veux bien dépenser des sous plus souvent pour le 9 art!

 

Les avis de Canel, Cathe, Joẽlle, Noukette.


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Vendredi 24 décembre 5 24 /12 /Déc 12:11

LegendeRobinBois.jpg

Dans cette version toute personnelle de Manu Larcenet, Robin des bois est un vieillard fripé, flanqué d'un Petit Jean qui n'est pas non plus au meilleur de sa forme. Ils sévissent dans la forêt de Rambouillet, et les riches qu'ils détroussent sont des touristes ou des promeneurs du dimanche. La mission n'est plus aussi facile qu'avant, parce que Robin souffre de "l'affection du sieur Alzheimer", se mettant donc parfois à péter un câble pour entonner à tue-tête une bonne chanson de salle des fêtes, genre Annie Cordy ou Carlos.

Malgré tout, il continue à présenter un danger, c'est pourquoi le sherif de Nottingham, tout droit sorti d'un western spaghetti, demande de l'aide à un lord Greystoke lui aussi vieillissant pour l'aider à le traquer dans les bois.

 

Comme vous l'aurez compris à la lecture de ce petit résumé que j'ai tâché de vous faire, c'est du grand n'importe quoi, et c'est ça qui est chouette. Entre les délires de Robin, les tendances louches de Tarzan, le petit tour dans la banlieue et l'entrevue avec un frère Tuck qui a pris du galon, on a souvent le sourire aux lèvres.

 

Ce n'est pas la meilleure BD que j'ai pu lire, je ne suis pas non plus particulièrement fan des dessins et on est loin du Larcenet du Combat ordinaire, mais on passe un bon petit moment de détente.

 

Le billet de Tamara.


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Jeudi 2 juillet 4 02 /07 /Juil 16:18
 
Paris sous le règne de la Terreur et de Robespierre. 8 novembre 1793, Manon Roland, une figure de la Révolution française, meurt sous le couperet de la guillotine, quelques jours après l’humaniste Olympe de Gouges. Avec elles, les espoirs des Filles de Lilith s’éteignent une fois encore dans la plus terrible injustice !
Rue du Faubourg Saint-Honoré, Camilla attend dans ses appartements son amant, le tyrannique et mystique Robespierre. L’une des plus redoutables machinations de notre Histoire vient de s’enclencher, selon un plan vengeur qui n’épargnera rien ni personne !


Un complot politique, ourdi par un groupe mystérieux agissant dans l'ombre, à l'oeuvre depuis des siècles et fortement teinté de religieux... Déjà vu, non?

Même si c'est plus que rebattu, c'est le genre de thème qui est tout à fait susceptible de me séduire (de l'historique, du mystère, de l'ésotérique puissant). Malheureusement, comment traiter ce genre de thème en 48 pages?? Ben on peut pas, c'est bien le problème. On ne fait que survoler une vague idée : les filles de Lilith, ordre religieux aux membres exclusivement féminin, se battant dans l'ombre contre les fils d'Adam, son pendant masculin, afin de savoir qui manipulera le mieux les rênes du pouvoir. Robespierre, ce tyran sanguinaire qu'on nous présente à l'école, passe ici pour un benêt sans volonté, dont on peut faire ce qu'on veut du moment qu'on fait un bonnet D. Je passe d'ailleurs sur le côté science-fiction de ces poitrines opulentes qui pourtant tiennent toutes seules... Et bon, les brunettes à gros nichons à chaque page ne me font guère d'effet, si ce n'est celui de m'agacer, à force.

Bref, l'idée de départ avait du potentiel, mais le scénario m'a semblé bien léger, il ne se passe pas grand chose. Je nuance un peu cet avis négatif en évoquant les dessins : certes, un peu trop de femmes dénudées inutilement, mais le trait est vraiment habile et ces dessins sont superbes.

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Lundi 23 mars 1 23 /03 /Mars 06:21

2030. Néo-Tokyo est devenue une gigantesque poubelle hi-tech. Tetsuo, Kanéda et leur bande de jeunes du centre d'insertion et d'apprentissage professionnel foncent dans la nuit sur des motos volées, sans autre but que de repousser toujours plus loin les limites du speed. Quand ils croisent un drôle de petit garçon au visage de vieillard, leur premier réflexe est de l'agresser mais cette créature perdue possède un étrange moyen de défense... Ils viennent de faire connaissance avec le nº26 et de franchir, sans s'en rendre compte, la première étape d'un processus irréversible : le réveil d'Akira...

Là encore (après avoir récemment évoqué Gunnm), il s'agit d'un manga culte.
Une société qui court à sa perte, une jeunesse désoeuvrée, qui se réfugie dans la drogue et la violence, qui n'a aucun avenir et qui le sait, des bandes rivales qui s'affrontent, des magouilles politiques... On est loin de l'image gnangnan ou baston des mangas généralement véhiculée.
Je n'ai lu que ce premier tome, mais il est extrêmement riche, et, même si je ne peux réellement la cerner pour l'instant, je crois saisir la force de ce manga. Les expériences scientifiques secrètes sur les enfants et ados laissent présager des tomes encore plus complexes.
Deux bémols cependant. D'abord, on retrouve dans Akira une ambiance comics que je n'apprécie que moyennement... Et ensuite, plus gênant, je ne suis pas fan des dessins! Mais bon, je crois que je passerai outre pour lire la suite de ce classique du genre.

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