Othello de William Shakespeare

Publié le par kalistina

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Héros à l'esprit guerrier jusque dans son discours amoureux, séducteur, maniant à la perfection le paradoxe et jouant à merveille sur l'ambiguïté des mots, Othello, Maure de Venise, se sert du langage comme d'une épée. Sa gloire suscite diverses réactions : Roderigo méprise "l'homme aux grosses lèvres", Désdémone est séduite par le récit de ses exploits en terres lointaines, qui fourmille d'évocations exotiques. Iago, lui, hait Othello. Que cette haine soit gratuite ou qu'elle soit le résultat d'une lucidité pragmatique, elle pousse Iago à tout détruire sur son passage. Metteur en scène machiavélique, manipulateur de l'ombre, il bat Othello sur son propre terrain, puisque c'est par le discours qu'il l'entraîne vers le meurtre. Le Maure, jaloux, boira les mots de son ennemi comme un poison pervers.

 

Paraît-il que j'ai lu Roméo et Juliette au moment de la sortie du film avec Leonardo, mais comme je n'en garde aucun souvenir, on peut dire que c'est la première fois que je découvre Shakespeare.

 

J'ai d'abord été surprise par la relative liberté de ton ; les personnages sont beaucoup moins prudes que nos protagonistes des pièces françaises de la même époque!

Les personnages sont incroyablement réussis. Iago est d'une perfidie réellement glaçante ; quant à sa femme, Emilia, c'est une sorte de féministe avant l'heure. Othello est un grand guerrier, une grande âme, et ne soupçonne pas un seul instant les manipulations de Iago. Nous, lecteurs, qui savons, ne pouvons que constater, atterrés, le talent de l'infâme enseigne et l'intelligence de ses idées et paroles pour parvenir à son but. On voudrait pouvoir prévenir le Maure, le mettre en garde, lui ouvrir les yeux...! Il n'y a guère que Desdémone qui m'ait moins convaincue. Ce n'est pas croyable d'être aussi passive... Elle a bien appris sa leçon, tendez l'autre joue, ma fille! Mais bon, si sa pureté n'était pas si grande, l'histoire serait moins tragique...

 

Merci aux bloggeurs qui ont remis Shakespeare à la mode ces derniers mois et qui m'ont donné envie de le lire.

 

challenge necrophile

 

Les billets de Fleur, GeishaNellie et Theoma.

Publié dans théâtre

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Edelwe 02/02/2011 18:15



J'en garde un souvenir diffus...il faudrait que je le relise!



kalistina 03/02/2011 20:14



;-)



Theoma 02/02/2011 16:06



La pièce que je préfère. Pour l'instant. Tu as raison, comme on a envie de secouer Desdémonde qui accepte si facilement son destin !



kalistina 02/02/2011 17:40



Elle m'a fait penser à toutes ces héroïnes des romans du XIXe qui se veulent de pauvres petites choses fragiles et soumises... Heureusement qu'il y a Emilia pour relever un peu tout ça!



maggie 31/01/2011 19:16



Une pièce que j'ai envie de lire depuis des années ! Je vais finir par suivre ton exemple !



kalistina 31/01/2011 23:59



Je serai curieuse de connaître ton avis!



Fleur 31/01/2011 18:57



Je suis complètement de ton avis sur Desdémone : je n'ai pas apprécié sa passivité mais en même temps, si elle avait été différente, on n'aurait pas eu une aussi belle tragédie!



kalistina 31/01/2011 23:58



Oui, ona exactement le même avis!



Céline 31/01/2011 17:30



C'est un de mes Shakespeare préférés aussi ! Je l'ai lu il y a longtemps, mais l'impression proprement dramatique qu'ilm'a faite est restée...



kalistina 31/01/2011 23:49



Ce n'est pas encore mon Shakespeare préféré ou le moins aimé, je n'ai matière à :D Je vois que quant à toi il t'a marquée!