Le voyageur imprudent de René Barjavel

Publié le par kalistina

Levoyageurimprudent

Jeune et brillant mathématicien plongé dans l'horreur de la Seconde Guerre Mondiale, Saint-Menoux ne se doute pas de la rencontre qui l'attend.
Un vieux savant infirme, Noël Essaillon, est parvenu à percer les mystères du Temps... Et quand ce dernier l'invite à se joindre à lui pour poursuivre plus avant ses travaux, Saint-Menoux est incapable de refuser. Cette étrange expérience le mènera du XVIIIe siècle à l'An 100 000 et ne se révèlera sans doute pas dénuée de risques... Surtout si l'amour et les ambitions personnelles viennent s'en mêler...

 

Tout commence de façon assez classique. C'est la guerre (et ça n'a rien d'historique, puisque Barjavel écrit ce roman en 1942, étant lui-même mobilisé) et le jeune Pierre Saint-Menoux, mathématicien dans le civil, transi de froid, n'arrive plus à suivre la route qu'il doit prendre, à pied, sous la neige. A bout de forces, il toque à la porte d'une maison dans laquelle il a vu de la lumière.

Il est, sans le savoir encore, chez Noël Essaillon, un vieux savant qui a réussi à mettre au point un moyen de voyager dans le temps. Il attendait donc la venue de Saint-Menoux, avec lequel il compte bien collaborer. D'abord réticent, Saint-Menoux se laisse convaincre et commence à voyager dans le temps, à la place de Noël Essaillon, devenu infirme.

 

Paraît-il que René Barjavel s'est fortement inspiré de La machine à explorer le temps de H.G. Wells, et pas uniquement pour le thème central du roman ; ne l'ayant pas lu, je ne peux vous dire... Ce qui est certain, c'est que Barjavel va loin dans la théorie de ce que devient l'humanité dans l'avenir... Je ne vous en dis pas plus pour éviter de vous spoiler, mais ça fait froid dans le dos! Il propose aussi une véritable réflexion sur les missions du scientifique : jusqu'où la science peut-elle et doit-elle aller, jusqu'où peut-elle faire fi de l'éthique?

 

Ce roman est avant tout connu pour être le premier à mettre en scène le "paradoxe du grand-père" ; là encore, je ne détaille pas pour ceux qui ignorent de quoi il s'agit, mais j'étais vraiment curieuse de lire Le voyageur imprudent en partie pour ça.

 

Barjavel a une plume qu'on suit facilement, et de bonnes idées. J'ai donc aimé ce roman, hormis un certain élément qui m'a parfois franchement agacée : Barjavel a quelques tendances mysogynes qui m'ont parfois donné envie de refermer le roman! Si vous arrivez à passer outre vos moments de fureur qui vous seront inspirés par certains passages, ça reste un bon roman, d'un des précurseurs de la SF française.


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Publié dans science-fiction

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Pascal baudry 06/04/2012 15:59


En réponse à votre inquiètude toute légitime Kalistina, je vous rassure, je ne vous accuse aucunement d'être une amazone agressive! Je ne vais pas dans les forums pour insulter le monde. Vous
avez justifié votre position concernant les propos de Barjavel et je pense que je vais relire par simple curiosité le voyageur. Je voulais dans le précedent message simplement repréciser que
l'auteur et le héro sont deux personnes distinctes voila tout.

Concernant les amazones agressives, je maintiens qu'actuellement il existe une radicalisation de certaines féministes et je le déplore. En tant qu'homme, je me sens entièrement concerné par ce
problème et je suis tout à fait conscient que notre société n'a pas encore trouvé les bonnes solutions. 

kalistina 09/04/2012 22:14



Merci d'avoir explicité, je vous comprends mieux. Vous avez raison de rappeler la distinction auteur/personnage qu'on aime tant parfois gommer.


Quant aux amazones agressives, en effet, leur mordant dessert pafois leur cause plus qu'il ne la sert, comme tous les militants qui se montrent sous un jour peu amène, finalement. Bonne
comparaison que celle que vous faisiez avec les intégristes religieux.



pascal 27/03/2012 16:01


question : est-ce qu'écrire sur les rapports hommes-femmes (ici début du 20eme) rend l'écrivain misogyne? Je ne le crois pas et je dirais même souvent au contraire!


Est-ce que Jean de la HIRE dans la roue fulgurante est mysogine quand il parle de Lola Mendes? Il est auteur et non personnage du roman!


Contrairement à la radicalisation que l'on sent aujourd'hui, le féminisme n'est possible que si des femmes ET des hommes défendent le statut de la femme. Certaines 'amazones' agressives se
revendiquant féministes désservent la cause des femmes comme les intégristes désservent la religion qu'ils prêchent... comme quoi les livres ça sert...    

kalistina 03/04/2012 22:40



Mon impression fait suite à des passages précis et certainement pas sur les simples rapports hommes-femmes qui sont décrits dans un contexte donné. Il est évident que lesdits rapports n'étaient
pas les mêmes il y a 70 ans. J'ai dit Barjavel et non le héros parce que certains de ces passages qui m'ont gênée appartenaient à la narration externe et non pas aux pensées d'un personnage ou à
un dialogue. Le constat est rapide, je le concède.


Maintenant je ne comprends guère la fin de votre commentaire... Ferai-je encore de la surinterprétation en me sentant visée, lorsque vous évoquez ces amazones agressives ?



InFolio 07/12/2010 12:48



Je n'ai pas encore commencé celui de la PAL, je ne peux pas encore t'en dire plus...



kalistina 07/12/2010 20:58



D'accord.



InFolio 25/11/2010 14:23



Ca fait peut être simplement partie de l'univers SF qu'il a voulu créer. Je ne saurais dire.



kalistina 26/11/2010 23:26



Peut-être... Je n'en ai pas lu assez pour voir si c'est une constante ou non.



InFolio 03/11/2010 15:19



C'est un roman que j'ai lu il y a de ça bien longtemps... au collège ou au lycée, en le piquant sur l'étagère de mes parents. Ca fait partie de mes premiers romans de SF.


Je ne peux pas prétendre m'en souvenir très bien... Mais je lirai le Barjavel que j'ai chez moi et qui approche du haut de la PAL en restant attentive au coté misogyne.



kalistina 03/11/2010 20:10



Je n'avais lu que "La nuit des temps" de Barjavel avant ce roman, et je ne me rappelle pas s'il y a avait les mêmes réflexions ulcérantes (typiquement : la femme ne sert qu'à procréer et faire la
bouffe). Peut-être était-ce simplement pour rendre les personnages moins attachants...