Le lion de Joseph Kessel

Publié le par kalistina


Dans le grand parc royal du Kenya, Patricia vit avec les bêtes sauvages, au pied du Kilimandjaro.
L'enfant a su apprivoiser le lion King, qu'elle a recueilli alors qu'il n'était qu'un lionceau. Les buffles, zèbres, gazelles ou guépards ont, eux aussi, appris à la connaître. Mais par le parc passent les fiers guerriers masaï, et Oriounga, le plus orgueilleux d'entre eux, n'a qu'un rêve : affronter le grand lion...


Au cours d'un voyage en Afrique, un écrivain français s'arrête dans une réserve naturelle, gérée par John Bullit, un ancien chasseur ; il est entouré de sa femme Sybil, qui ne vit en Afrique que depuis son mariage, et de sa fille Patricia, qui semble vivre en osmose avec tous les animaux qui l'entourent.
Le narrateur découvre, fasciné, les liens que tisse Patricia avec une gazelle, un singe... mais surtout un lion. Patricia l'a recueilli lorsqu'il n'était encore qu'un minuscule lionceau et une incroyable amitié a pris vie entre eux. C'est vraiment beau de lire cet hymne à la nature, cette magie de la relation entre la petite fille et l'animal, leur complicité... Il y a quelque chose de magique.

L'autre élément qui fait le charme de ce roman est le long passage mettant en scène les Masai qui croisent la route de la famille Bullit. "Grâce et dénuement"... C'est un titre de roman, mais ça pourrait très bien qualifier ce peuple suite à la descprition qu'en fait le narrateur. "Les Masaï, eux, allaient sans un paquet, sans un ballot, sans une toile pour les abriter, ni un ustensile pour préparer la nourriture, sans charge, sans entrave". Ils sont nobles et fiers, en communion avec la sauvage nature qui les entoure, avec laquelle ils vivent ; on ne peut qu'admirer leur panache, leur honneur.

Outre les Masaï, donc, c'est ce lion qui m'a fascinée ; et c'est vraiment à lui, King le bien nommé, que je me suis attachée ; peut-être un peu aussi au narrateur, avec lequel on découvre ce monde d'un oeil vierge. Bullit est parfois touchant dans son amour pour sa femme et sa fille, dans sa volonté de racheter ses sombres années ; Sybil aussi, dans son déchirement entre son mode de vie "civilisé" qu'elle ne peut se résoudre à abandonner et les choix que font son mari et sa fille.
En revanche, je dois dire que la petite Patricia, si elle m'a fait sourire tendrement au début (pour son goût de liberté, son attachement aux animaux...), m'a au bout d'un moment franchement tapé sur les nerfs. C'est la période coloniale, certes, mais quelle capricieuse! Quel petit tyran avec les boys qui sont sous ses ordres! Elle m'a tout de même à nouveau inspiré de la tendresse à la fin... Mais avant, elle a vraiment constitué pour moi l'élément agaçant du roman!

J'ai donc passé un bon moment à lire Le lion, pour cet hymne à la nature encore libre, pour ce lion presque humain dans son comportement, pour l'évocation des Masaï ; mais ce n'est pas non plus pour moi le chef d'oeuvre qu'il est pour tant d'autres.

Le billet de Tiphanya, qui devrait bientôt être rejoint, puisqu'il s'agit d'une lecture commune, par les avis d'Abeille, Carine, Cryssilda, Edelwe, Hermione, Karine :), Lectiole, Noryane, Stephie.

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Antoni 28/04/2010 20:17



Bonsoir Kali, comme j'ai apprécié ton article, je me suis permis de l'ajouter en lien de celui que j'ai rédigé sur le roman de Joseph Kessel. Je te laisserai aller le découvrir sur mon blog, si
le coeur t'en dit...


Bonne soirée et à bientôt, j'espère.


Amicalement,



kalistina 28/04/2010 22:21



Bonsoir Antoni, je vais de ce pas lire ton article!



Cryssilda 29/11/2009 21:17



Pour moi, ce n'est pas non plus le grand chef d'oeuvre auquel je m'attendais, il y a trop de choses dérangeantes dedans. En même temps c'est sûr qu'il faut se remettre dans le contexte de
l'époque, mais bon...



kalistina 29/11/2009 21:52


Idem, j'étais un peu déçue à la fin de ma lecture ; j'ai été touchée, mais par moments et non pas de façon constante tout au long du livre.


Naïk 25/11/2009 22:40



Ce roman reste un souvenir de lecture marquant, je ne sais pas si je l'apprécierais encore aujourd'hui. A relire, sans doute, mais de toute façon, j'ai envie de relire Kessel,
et j'ai déjà "Fortune carrée" dans ma PAL.



kalistina 26/11/2009 22:16


J'avoue qu'à part pour Le lion et le chant des partisans, je ne connais pas du tout Kessel!


Caro[line] 21/11/2009 11:44


Voilà un classique je n'ai pas encore lu ! Ton billet donne envie, mais je ne suis pourtant pas attirée par le contexte, l'Afrique, les animaux...


kalistina 21/11/2009 18:07


J'étais dans le même cas, comme je disais à Gio!


Gio 21/11/2009 11:40


Que ce titre est connu, et pourtant je n'arrive pas à être tentée... pour l'instant.


kalistina 21/11/2009 18:06


Moi non plus il ne me tentait pas trop, c'est la lecture commune qui m'a décidée à m'y plonger.