L'homme est un grand faisan sur terre de Herta Müller

Publié le par kalistina

l homme est un grand faisan sur terre
Roumanie. Depuis que le meunier Windisch veut émigrer, il voit la fin partout dans le village. Peut-être n'a-t-il pas tort. Les chants sont tristes, on voit la mort au fond des tasses, et chacun doit faire la putain pour vivre, a fortiori pour émigrer. Windisch a beau livrer des sacs de farine, et payer, le passeport promis se fait toujours attendre. Sa fille Amélie se donne au milicien et au pasteur, dans le même but.

Prix Nobel oblige, Herta Müller a fait son apparition sur les étals des libraires et c'est ce roman que j'ai reçu pour Noël. Je l'ai lu sans plus attendre, curieuse, dès la lecture du titre.
Eh bien c'est très particulier, et deux semaines après, je ne sais toujours pas si j'aurais envie de lire Herta Müller à nouveau ou non.
Le monde qu'elle décrit est dur, rude, correspondant à l'image abrupte que l'on peut se faire de l'Europe de l'Est des années 60-70. La Roumanie sous Ceaucescu, c'était déjà pas joyeux, alors imaginez quand vous appartenez à la communauté Souabe, c'est-à-dire la minorité allemande, responsable de tous les maux aux yeux des autres, et pas franchement bien accueillie lorsqu'elle se réfugie sur le sol allemand.
Emigrer, c'est pourtant ce que cherchent à faire la plupart des habitants du village. Mais la corruption règne et Windisch est désabusé. D'ailleurs tous les personnages semblent l'être. Sa femme ne veut plus qu'il le touche et semble même le supporter de plus en plus difficilement, leur fille Amélie est distante... Et aucun, y compris en dehors de cette famille, n'est guère loquace.
Est-ce la rudesse de l'histoire qui donne l'impression que le style est lui-même bien rude? Je pense que ça l'accroît, mais que l'écriture de Herta Müller doit être détachée, et même assez hâchée, quel que soit le propos.
J'ai admiré la capacité qu'a cet écrivain à faire passer, avec si peu de mots, l'affection, la rancoeur, le désespoir et d'autres choses encore. Mais je suis sortie de cette lecture le moral dans les chaussettes! Et si le style vaut le détour, qu'on aime ou non, l'histoire, elle, m'a semblé un peu vide... Vous me direz, en si peu de pages...
Bref, c'est très surprenant, et même si je n'ai pas vraiment accroché, je suis contente d'avoir découvert cet auteur.

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Karine:) 03/02/2010 21:53


Je viens de le terminer et je ne sais pas trop ce que je vais en dire.  J'ai beaucoup aimé le style, qui arrive à nous faire ressentir beaucoup de choses en beaucoup de pages... mais non,
comme vous le disiez dans les comms, ça ne respire pas la joie de vivre!


kalistina 04/02/2010 19:04


Donc on doit être un peu du même avis... Un vrai style, mais une histoire, humph, comment dire...


Nanne 30/01/2010 22:25


J'ai très envie de découvrir cette romancière que je ne connaissais pas du tout et ce roman à l'air accessible pour la lire et la comprendre ! Mais le sujet est plutôt dur et grave, donc
j'attendrai encore un peu avant de l'entreprendre ...


kalistina 31/01/2010 19:37


Disons que ce roman a l'avantage d'être court (donc on peut se faire rapidement un avis et être moins frustré si jamais on n'a pas aimé) et d'être un des rares de cet auteur qui aient été traduits
en français.


Marie 26/01/2010 13:51


Même si cette auteure a obtenu le prix Nobel, je ne me sens pas tentée...


kalistina 28/01/2010 23:21


Je comprends...


Lystig 13/01/2010 21:08


Je viens d'entamer "la convocation" (cadeau)


kalistina 14/01/2010 23:00


Décidément c'est l'auteur à cadeaux!


Marie L. 13/01/2010 16:58


Oui, bon, alors je ne pense pas m'attarder sur ce livre...
Au passage, ta nouvelle bannière est très sympa! ;)


kalistina 14/01/2010 23:00


Merci Marie pour la bannière, ça me fait bien plaisir!