Genesis de Bernard Beckett

Publié le par kalistina

genesis

 

Billet déjà publié sur le Biblioblog.

 

Le jour de l’examen est enfin arrivé pour Anaximandre. Avec son tuteur Périclès, elle s’y est longuement préparée : elle connaît sur le bout des doigts la vie et l’œuvre d’Adam Forde, l’homme qui a bouleversé la société d’alors. 

Peu avant la naissance d’Adam en 2058, le monde a connu une grande catastrophe et Platon a créé sa République sur une île du Pacifique. L’individu disparaît au profit de l’intérêt collectif et chacun se doit d’effectuer le travail qui est le sien en fonction de son génome ; la population est donc divisée en quatre classes : les Ouvriers, les Soldats, les Techniciens et les Philosophes. Adam est un brillant philosophe, mais tout va basculer le jour où, gardien d’un phare sur le littoral, il décide de sauver une jeune femme qui tente d’accoster, plutôt que de l’abattre comme l’ordonne la loi.
La punition d’Adam sera de vivre tous les jours avec Art, un robot d’une grande intelligence, capable de développer sa propre personnalité au contact des humains.

Tout le travail d’Anaximandre porte sur la question de cette relation. Art, une machine, pouvait-il réellement avoir sa personnalité, faire des choix, penser, avoir une conscience ?

 

Tout le roman est construit sur l’échange entre Anax et ses examinateurs, qui lui permettront peut-être, si son travail est de qualité, d’intégrer l’Académie. La jeune fille défend son travail de son mieux, mais les questions du jury sont parfois déstabilisantes et son sujet est polémique.


Le rythme est rapide, questions et réponses s’enchaînent sans répit et les hologrammes qu’utilise Anax pour présenter certains passages de la vie d’Adam rendent le récit encore plus vivant. Le sujet est complexe : il s’agit de faire réfléchir le lecteur à des questions, certes classiques, mais riches, qui touchent à la philosophie et à la science-fiction. Les références sont celles de la philosophie antique (les noms des personnages vous auront sûrement éclairés !) et de la science-fiction post-apocalyptique classique. Il y a du Platon mais aussi du Huxley et du Asimov là-dedans, le tout saupoudré d’un peu de Matrix.

 

Genesis nous invite donc à une réflexion pas nécessairement novatrice, mais habilement rythmée et très bien construite, sans compter que le roman apporte son petit lot de révélations. Certains les auront probablement anticipées, mais pour qui comme moi se laisse volontiers happer par l’histoire sans prendre beaucoup de recul, l’inattendu sera au rendez-vous final.


D'autres avis, ailleurs dans la blogosphère : Amanda, Brize, Chiffonnette, Cuné, Delphine, Faelys, Isabelle, Karine, Lily, SBM, Theoma.

Publié dans science-fiction

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Karine:) 22/01/2011 23:47



J'ai bien aimé même si j'avais quand même vu venir.  Par contre, je me demande dans quelle mesure il rejoint son public cible...



kalistina 23/01/2011 00:58



Je n'ai que deux élèves qui l'ont lu pour l'instant : un qui "n'a pas trop aimé" et l'autre qui a trouvé ça "pas mal mais vraiment spécial, avec une drôle de fin même si on sent bien qu'un truc
louche va arriver" (je cite très approximativement).



lasardine 19/01/2011 12:35



j'sais pas, je crois que le côté anticipation me faisait un peu peur!


mais au final, c'est pas lourd, donc tant mieux et j'ai vraiment apprécié! :)



kalistina 19/01/2011 21:33



Moi c'était la référence à la philosophie qui m'inquiétait un peu, mais finalement comme tu le dis ça "passe" très bien!



Irrégulière 18/01/2011 12:38



Je note...



kalistina 19/01/2011 00:21



;-)



lasardine 18/01/2011 10:37



je garde un très bon souvenir de ce livre que je n'étais pourtant pas chaude à commencer au début...



kalistina 19/01/2011 00:21



Pourquoi pas chaude pour cette lecture?



Joelle 18/01/2011 10:27



Je l'ai noté chez Brize mais j'ai oublié de voir s'il était à la biblio (et ce n'est pas maintenant que je vais pouvoir vérifier ... leur site ne fonctionne pas ce matin !)



kalistina 19/01/2011 00:20



Sinon il vient de sortir en poche (enfin, il y a quelques semaines... c'est la couverture que j'ai mise dans cet article).