Contours du jour qui vient de Léonora Miano

Publié le par kalistina


Après la guerre qui a ravagé le Mboasu, cet état imaginaire et ô combien réel d'Afrique, le pays est exsangue. Les parents, incapables de prendre soin de leurs enfants, les chassent loin de chez eux, les accusant d'être la cause de leurs malheurs.

Décidée à retrouver sa mère, la jeune Musango traverse un pays frappé de folie. Des rivages du fleuve Tubé aux bas-fonds de Sombé, métropole d'Afrique en proie à l'anarchie, Musango retrouvera-t-elle cette mère, symbole d'une Afrique à la dérive ?

 

A neuf ans, le père de Musango décède et sa mère la tient pour coupable. Elle l’accuse de sorcellerie et la chasse de chez elle. Elle se fait kidnapper pour devenir servante d’un groupe de pasteurs évangélistes qui utilisent leur activité à la fois comme couverture et comme prétexte d’enrôlement pour développer un réseau de prostitution.

Musango décrit comment la misère pousse une foule de personnes à chercher Dieu avec acharnement, tout en voyant le démon partout chez les autres, surtout les plus faibles, qu’on peut alors faire souffrir en toute impunité puisque c’est pour rétablir l’ordre divin.

Ce roman nous parle de la condition des enfants dans une certaine Afrique, de celle des femmes et de celle de toute une population en souffrance. J’y ai vu cependant un message universel, surtout avec le thème du fanatisme religieux dans lequel on se noie à corps perdu quand on n’a plus de repères.

C’est une histoire dure mais pourtant pas totalement noire, il y a dans ce roman plusieurs personnages qui veulent dessiner les « contours du jour qui vient » (Kwin, Mme Mulonga, Mbambè…). Musango les croisera sur sa route à divers moments de son histoire, lorsqu’elle aura pris la fuite.

Je mettrai un petit bémol concernant le personnage de Musango, jeune fille de 12 ans qui parle comme une femme et qui sait vraiment trop de choses pour son âge pour que ça soit crédible (un exemple parmi tant d’autres, son analyse des proxénètes qui ne jurent que par le capitalisme…). C’est évidemment un prétexte, mais un peu trop gros pour que l’on ne tique pas.

Cela dit, c’est un roman qui vaut le détour et je serais curieuse de lire les autres œuvres de Léonora Miano.

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Commenter cet article

May 22/04/2007 08:40

www.leonoramiano.com, pour mieux comprendre cet auteur et ses livres

Sylvie 01/03/2007 20:06

J'ai adoré ce livre ! Un y a plein d'espoir au sein de cette noirceur et c'est très bien écrit...

kalistina 03/03/2007 22:01

Oui, vraiment bien écrit. Je vais la rencontrer, j'espère qu'elle est aussi intéressante quand elle parle! J'ai hâte!

Florinette 26/02/2007 18:42

Toujours pas lu et pourtant ce n'est pas l'envie qui me manque, mais avant tout il faut que j'arrive à diminuer ma PAL, car bientôt le manque de place va se faire ressentir.

kalistina 27/02/2007 12:47

Ca nous guette tous :p

pom' 25/02/2007 16:59

j'ai lu recemment l'interieur de la nuit ,  l'histoire se passe dansun village Africain cerné par la guerre, des scénes très dures font se passer pendant une nuit, à découvrir.

kalistina 25/02/2007 23:36

Oui j'ai une critique au sujet de son premier roman qui évoquait des scènes assez terribles...