Ouest de François Vallejo

Publié le par kalistina


Un soir, aux tréfonds des terres normandes, un garde-chasse se découvre un nouveau maître. Le vieux baron de l'Aubépine est mort, un fils le remplace. Lambert était un serviteur à l'âme trop près de ses bois pour s'entendre avec ce l'Aubépine le Jeune pétri de folies politiques, d'obsession des corps et de maladie rentrée. Et pourtant...

Ouest, c'est l'histoire d'un huis clos où deux hommes se détruisent dans l'indifférence d'un paysage. La terre détrempée s'englue sur les chaussures, la pluie colle aux yeux, les odeurs de gibier flottent sans fin et les mâtins sont seigneurs des forêts. Ouest, c'est l'histoire d'une jeune fille à la peau de dentelle, d'ingénues fines et de demi-mondaines égarées. Dans le château des Perrières, le calvados sert l'oubli, et l'inquiétude, insidieuse, enténèbre les chairs.

 

Ce livre, c’est l’histoire d’un climat. François Vallejo crée une atmosphère oppressante, pesante, dans laquelle on est plongé du début à la fin. C’est l’affrontement de deux hommes et de tout ce qu’ils représentent : Lambert, l’homme des valeurs anciennes, le garde-chasse attaché à sa terre de l’Ouest, qui aime voir que tout est « dans l’ordre des choses » et qui ne comprend pas le comportement de son maître ; Aubépine, l’aristocrate qui se veut révolutionnaire, qui a confusément compris que son époque est celle des changements, mais qui continue à vivre dans les caprices de son rang.

Tant qu’on ne faisait que parler de l’Aubépine, il me faisait peine, cet homme à l’enfance malheureuse… Et puis dès qu’il arrive en chair et en os, ce grand malade m’a mise mal à l’aise. C’est son personnage et le mal-être qu’il inspire à ceux qui l’entourent qui génèrent le lourd climat du roman.

Lambert est un homme un peu tiraillé, aux valeurs simples, mais droit. Vallejo arrive à nous faire entrer dans son mode de pensée, avec son langage qui lui est propre (« faut pas, non, faut pas »). Eugénie lui ressemble. Magdeleine est différente, elle a une indépendance d’esprit qui rend son personnage attachant.

J’ai bien aimé ce roman, pour son univers vraiment particulier et pour le style. L’auteur parvient à nous faire naviguer d’un mode de pensée d’un personnage à un autre, c’est bien construit et on se laisse aspirer par le monde qu’il crée.

Publié dans romans historiques

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Livrovore 26/01/2007 20:22

Je ne connais pas l'auteur, et ton article donne envie, alors je note ! :)

beatrix delarue 23/01/2007 22:29

Je l'ai lu et présenté également et bien j'ai beaucoup aimé et j'ai été la seule de mon groupe de lecture..je n'ai pas lu d'autres livres de cet auteur mais j'aimerai bien..dans ce livre j'aimais bien l'atmosphère un inquiètante et bien décrie et le rapport entre ces deux hommes..

jos du livrophile 22/01/2007 17:28

J'aime beaucoup Vallejo, quelle écriture.. Ouest est un magnifique texte, mais mon préféré est Le voyage des grands hommes... A lire aussi absolument :)

kalistina 22/01/2007 23:06

Oh non encore un livre à ajouter à la LAL!

Florinette 22/01/2007 14:31

Patch : si tu repasses par là n'hésites pas il devrait te plaire !!!Kalistina : si tu as besoin d'avis pour le prix littéraire de ton établissement tu peux aller consulter ma critique à cette adresse :www.leslecturesdeflorinette.com/article-4226534.html

kalistina 22/01/2007 14:50

Je l'ai lue, deux fois, même... Je croyais avoir laissé un commentaire... M'enfin, je vais y retourner, alors! *comprends pas?*

Patch 20/01/2007 21:28

C'est vrai que l'on dit beaucoup de bien de ce livre....ton billet me décide...noté...;o )

kalistina 20/01/2007 23:22

Ah chouette! Je suis d'autant plus contente que je le lis pour ensuite désigner le prix littéraire de l'établissement où je travaille, c'est un des quatre livres en lice. Des avis en plus sont les bienvenus!