Nadja d'André Breton

Publié le par kalistina

" Je n'ai dessein de relater, en marge du récit que je vais entreprendre, que les épisodes les plus marquants de ma vie telle que je peux la concevoir hors de son plan organique, soit dans la mesure même où elle est livrée aux hasards, au plus petit comme au plus grand, où regimbant contre l'idée commune que je m'en fais, elle m'introduit dans un monde comme défendu qui est celui des rapprochements soudains, des pétrifiantes coïncidences, des réflexes primant tout autre essor du mental, des accords plaqués comme au piano, des éclairs qui feraient voir, mais alors voir, s'ils n'étaient encore plus rapides que les autres. "

Bon alors, disons-le tout net : le surréalisme m'a toujours fait l'effet d'un mouvement très intéressant pour le cerveau mais un peu chiant pour le coeur-qui-ressent. Voyez ce que je veux dire?
Franchement, les toutes premières pages de Nadja m'ont bien apeurée : comme c'est emberlificoté! J'ai eu l'impression que Breton voulait créer une sorte de barrage à franchir, un rite initiatique que tout lecteur doit vivre jusqu'au bout pour être digne d'obtenir ce qu'il est réellement venu chercher.
Passées ces premières pages, arrive bientôt Nadja, cette femme nébuleuse et onirique... On plonge alors dans une douce folie, une absence de logique, de toute "raison raisonnable". On nage dans un océan du bizarre, mais c'est cette dimension étrange de cette belle histoire d'amour qui m'a séduite.
Je n'ai très certainement pas saisi le centième de toute la symbolique présente dans l'oeuvre, mais ce n'était de toutes façons pas mon but. Je voulais savoir si cette oeuvre d'un mouvement artistique que je considère comme plutôt hermétique pouvait me procurer un plaisir de lecture, tout simple, sans que j'aie besoin de déclencher un quelconque processus analytique. Conclusion : ce n'est pas l'extase absolue, mais j'ai passé un bon moment quand même. Je lirai peut-être les Vases communicants!

Le billet d'Edelwe est ici.

Commenter cet article

Emeraude 12/09/2009 20:14

tu n'as jamais lu les fleurs bleues de Queneau ? Je l'avais étudié en terminale et j'avais adoré !!! Mais bon ça commence à faire il y a longtemps et puis quand on étudie un livre, on y voit tout plein de choses à côté desquelles on passe quand il s'agit d'une simple lecture...

kalistina 13/09/2009 00:09


Si j'ai lu "les fleurs bleues" et ai adoré... En terminale aussi ;-) Mais Queneau c'est l'Oulipo, c'est déjà un peu affranchi du surréalisme... Vraiment adoré les fleurs bleues! Zazie, déjà moins.


Edelwe 11/09/2009 19:03

Voilà! mon billet est en ligne! J'aime beaucoup ton point de vue sur Nadja.

kalistina 13/09/2009 00:07


J'ai édité mon billet ;-)


Julien 11/09/2009 18:52

J'ai parfois l'impression que tu lis le programme de lettres modernes du Capes ou de l'agreg ;)) Je sens que Breton et moi, on ne va pas être copain, d'après ce que tu écris... Mais j'attends avec impatience ta prochaine lecture, plus locale ! ;)

kalistina 13/09/2009 00:06


Mouarf! S'il suffisait de lire les oeuvres au programme pour avoir l'agreg... On peut rêver ;-)


Stephie 11/09/2009 18:51

Je n'ai jamais osé me lancer dans un bouquin de cette période littéraire... déjà par extraits...

kalistina 13/09/2009 00:06


Ce n'est pas non plus ce qui m'attire le plus.


Lilly 11/09/2009 12:47

C'est un mouvement qui m'intéresse beaucoup même si je ne suis pas sûre d'apprécier. Ton avis me tente malgré tes réticences.

kalistina 13/09/2009 00:05


Tu devrais le lire, c'est un roman très court et donc, me semble-t-il, un bon moyen de découvrir le mouvement.