Gil Blas de Santillane d'Alain-René Lesage

Publié le par kalistina


" Un de ces livres qu'il est bon de relire après chaque invasion, après chaque trouble dans l'ordre de la morale, de la politique et du goût, pour se calmer l'humeur, pour se remettre l'esprit au point de vue et se rafraîchir le langage ".

Sainte-Beuve

Depuis le temps que je voulais lire ce livre… C’était le livre préféré de mon père dans son adolescence, et j’étais curieuse de savoir pourquoi. J’ai profité du challenge ABC 2006 pour m’y plonger (petite digression : il s’agit pour ce challenge de découvrir 26 nouveaux auteurs en 2006, un pour chaque lettre de l’alphabet).

Je pense que l’on peut dire que c’est un roman « picaresque » : le héros, Gil Blas de Santillane, parcourt l’Espagne dans tous les sens, avec des hauts et des bas incessants (un jour plein aux as, le lendemain volé par des brigands de grand chemin… c’est sans fin).
C’est aussi un roman « à tiroirs », c’est-à-dire que chaque personnage que Gil Blas rencontre lui raconte sa vie.
Heureusement, on ne s’y perd pas trop, on revient toujours au fil principal de l’histoire (même s’il est parfois difficile de remettre les personnages quand on les retrouve soudainement 200 pages plus loin).

Pavé écrit au début du XVIIIe siècle, il me faisait j’avoue un peu peur ; je craignais de me lasser, ou pire, de ne rien comprendre.
En fin de compte, on suit très volontiers les aventures de Gil Blas, et le style est très agréable à lire, pas du tout ronflant ni vieilli. Le personnage est même tout à fait moderne, dans ses pensées et ses réactions.
Je comprends pourquoi il s’agit d’un succès de librairie depuis bientôt trois siècles et je fais partie de ceux qui ont été charmés par cette lecture.

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pauline 03/12/2008 19:17

c'est en effet une lecture très agréable, malgré les pauses qui s'imposent parfois. je voulais juste vous faire remarquer que Gil Blas n'est pas tout à fait un picaro et à partir de cela, nous ne pouvons pas dire que c'est un roman picaresque. certes, il en présente bien des aspects, mais certains, primordiaux, ne sont pas respectés. A titre d'exemple : son origine sociale n'est pas celle du picaro c'est_à dire qu'il n'est pas de naissance infâme et plutôt modeste, et il ne vit pas dans le péché. ce qui n'empêche pas de voir apparître LE picaro dans la pure tradition espagnole qui chevauche les XVII et XVIII ème siècles ( par exemple le personnage de Raphaël)mais il est vrai que nous ne pouvons pas trancher sèchement, il y a du picaresque dans Gil BLas mais par petites touches et jamais clairment identifiables : ils en présentent certains aspects mais d'autres corroborent le contraire ou autre chose.

kalistina 04/12/2008 19:40


C'est vrai que j'ai fait un gros raccourci, facile et grossier, en qualifiant Gil Blas de picaresque. Merci d'avoir corrigé cette maladresse, d'autant que vous l'expiquez très bien :o)


Daniel Fattore 07/08/2008 10:41

Vous me rappelez là une grande époque, puisque j'ai eu l'occason de suivre un cours sur Lesage, incluant une analyse de cette oeuvre, en fac. J'en ai lu à peu près le tiers - avec un certain plaisir. Mais c'est long - et l'édition de poche Garnier n'est pas hyper-confortable.

kalistina 22/08/2008 13:07


C'est sûr que j'ai eu quelques petits picotements au poignet en lisant ce gros bouquin! Mais quel plaisir de lecture! J'espère qu'un jour l'envie vous prendra de lire ce beau roman du début à la
fin.