Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez

Publié le par kalistina


Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d'une dynastie: la fondation, par l'ancêtre, d'un village sud-américain isolé du reste du monde ; les grandes heures marquées par la magie et l'alchimie ; la décadence ; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant, merveilleux et doré comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain : même sens de la parodie, même rage d'écrire, même fête cyclique des soleils et des mots.

Etrange! C'est le mot qui me vient à l'esprit et j'ai bien du mal à en trouver un autre. J'avais déjà lu Gabriel Garcia Marquez et étais restée perplexe devant cette bizarrerie que j'avais déjà rencontrée... mais cette fois-ci, bien que toujours convaincue du haut degré d'étrangeté atteint par l'auteur, je suis séduite!!
La 4e de couverture parle d'"épopée" et c'est là le deuxième mot qui me serait venu... On suit l'histoire des Buendia sur un siècle entier, mais c'est plus qu'une saga familiale, c'est un cycle de civilisation qu'on observe, de l'aube au déclin, et l'histoire qu'on lit en est comme le mythe.
On plonge dans cette histoire et il n'y a plus de temps ni de lieu. Le village de Macondo est comme isolé de tout le reste, des autres villages et des autres pays, de la civilisation qui progresse de son côté tandis que le temps semble s'être figé à Macondo... Ou alors le temps n'existe pas, c'est une fausse idée, "tout tourne en rond", comme dit Ursula, la femme du premier Buendia. Il n'y a pas de repère ; et où est la réalité? Où est sa frontière avec le rêve?
Difficile parfois de se repérer parmi cette grande famille, entre tous les José et les Aureliano, pour se souvenir des liens générationnels qui les unissent... Mais là encore, cela a-t-il vraiment une quelconque importance? Un Buendia est un Buendia et tout repère plus précis semble parfois inutile ou vain.
J'ai lu tout le roman avec une sorte de détachement perplexe, comme si j'étais une voyeuse en train d'épier les histoires des autres... et sans que jamais cette impression de bizarrerie ne me quitte. Peut-être cela semblera-t-il paradoxal, mais ce détachement (ou en tout cas cette impression de détachement) ne m'a pas empêchée de dévorer le roman, de tourner les pages avec avidité pour ne pas devoir sortir du monde des Buendia.
Peut-être détesterez-vous, peut-être adorerez-vous, mais vous ne resterez pas indifférent. Ca, c'est de la littérature.

Livre de substitution pour le Blogoclub de mars 2009 (nous devions lire un roman de Le Clézio ; j'ai choisi de lire un autre Nobel) et auteur du mois pour mon défi "célébration d'auteurs".

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Le Marginal Magnifique 07/08/2013 02:49


 


Pour ma part je trouve ce roman très surfait et peu brillant, certes bien écrit et témoignant d'une belle puissance narrative chez son auteur, mais totalement creux.


 


Gabriel Garcia Marquez a une imagination foisonnante, mais quel intérêt ? Où est le génie ? Le livre ne présente aucune structure construite, il n'y aucun fil conducteur, aucune analyse
psychologique, nous sommes en présence de faits imaginaires relatés avec une densité décourageante, qui plus est sans beaucoup d'humour ni beaucoup d'esprit...


 


D'ailleurs Marquez a dit lui-même ne pas comprendre le succès de ce livre en particulier : "La plupart des critiques ne réalisent pas qu'un roman comme Cent ans de solitude est un peu une
blague". Certains livres sont hissés au panthéon de la littérature mondiale et parois cela reste énigmatique, voire injustifié. Non, non, je ne trouve pas ce livre brillant...


 


Je préfère largement l'œuvre de Tolstoï qui relève véritablement du génie !

Mazel 27/03/2009 09:51

un très bon choix de lecture...Aucun doute, tu devrais aimer "melnitz".Ce soir je commence : "contes carnivores" de Quiriny.bonne journéeamitié

kalistina 05/04/2009 22:45


Merci pour ton passage par ici Mazel, et pour ta recommandation de Melnitz.


LVE 19/03/2009 09:56

Brrrrrr ! Un livre fascinant, envoûtant, hypnotisant pour qui se donne la peine d'entrer dans cet univers particulier. C'est foisonnant, insatiable et épuisant comme un trek en Amazonie. Mais quel bonheur une fois le chemin accompli.

kalistina 19/03/2009 19:11


Tu en parles très bien! J'adhère à tes paroles :-))


Karine :) 19/03/2009 01:45

Je l'ai dans ma pile, celui-là... acheté lors d'un 3 pour 2 sans trop savoir s'il me tentait ou non.  Et en fait, je ne sais toujours pas.  En fait, j'ai surtout peur de passer à côté, on m'a tellemetn dit que c'était bien!!

kalistina 19/03/2009 19:10


J'avais le même sentiment avant de l'ouvrir...


Claire92 18/03/2009 21:29

Bonjour Kalistina, Merci d'avoir posté cette article, cela faisait un petit moment que je voulais lire ce roman et tu m'a donné encore plus envie de le dévorer !!Je reprends mon blog en main après une longue absence, et je voulais juste te dire que je vais mettre ton blog dans mes liens favoris, car cela fait un p'tit moment que je lis avec beaucoup d'intérêt tes notes de lecture,amicalement Claire

kalistina 19/03/2009 19:10


Bonsoir Claire, c'est chouette que tu reprennes ton blog! Bonne découverte de Marquez alors.