Le vertige des auteurs de Georges Flipo

Publié le par kalistina

Pour complaire à son patron qu'il vénère, Sylvain Vasseur se lance dans l'écriture. N'a-t-il pas tout pour devenir écrivain ? Tout : l'égoïsme, la foi en son talent, des admirateurs et groupies, et même un incessant soutien de la presse, peut-être quelque peu prématuré.

Que lui manque-t-il, si ce n'est une œuvre ? De mesquines impostures en folles espérances, le voici parti à la conquête d'un destin littéraire. Mais sa compagne sera-t-elle tentée par une vocation de femme d'écrivain ?

 

Sylvain se retrouve contraint à partir en préretraite. Son patron, qui est le genre de type persuadé d’être tellement lumineux qu’il sait mieux que les autres ce qui est bon pour eux, est persuadé d’avoir deviné à quoi son désormais ex-employé va s’adonner. Sylvain pensait profiter de ce temps libre pour faire du vélo avec ses amis, mais son patron sent en lui la fibre de l’écrivain. Après tout, son job était bien de répondre par courrier aux clients mécontents !

Sylvain, flatté d’avoir eu cette conversation avec son chef, se persuade de prendre la plume (ou plutôt le clavier, il n’est pas comme tous ces ringards d’écrivaillons à l’ancienne). Commence alors sa nouvelle vie… nouvelles relations avec les médias (croit-il), avec ses innombrables fans (trop timides pour se manifester…), et surtout avec sa femme désespérément lucide. Cette méchante Arlette persiste à garder les pieds sur terre et refuse de tout sacrifier au demi-dieu de l’écriture qui lui fait l’honneur de partager sa vie… Quelle ingrate, tout de même.

Arlette va donc prendre sur elle, continuer d’aller au travail, de faire ses broderies ; mais plus dans sa petite pièce à elle, puisque son mari l’en a délogée… Pour son travail de créateur, bien sûr. Combien de temps va-t-elle accepter d’être ainsi étouffée ? Quant à Sylvain, il entreprend sa course à la reconnaissance, et tous les moyens sont bons.

On passe par tous les sentiments : Arlette pourrait lui laisser au moins sa chance ; et puis non, ce type est un sale monstre, pourvu qu’il échoue ; mais quand même, le pauvre bougre… C’est terrible, parce qu’on a souvent le sourire aux lèvres, voire le franc fou-rire, tout en ayant le cœur pincé en pensant à toutes ces chimères, et aussi toutes les mesquineries, dont nous, lecteurs, sommes conscients. Que les gens sont donc méchants ! Si vous aimez l’humour noir, vous allez boire du petit lait ! Moi, ça m’a beaucoup plu, je me suis bien amusée, et j’ai aussi été émue (voui j’ai même eu une larmichette à un moment, je suis sensible !).

Je vous conseille donc fortement ce roman, tout en vous enjoignant de bien vous renseigner sur les passions de ceux à qui vous pourriez prêter ou offrir ce livre, à moins que vous ne vouliez définitivement refroidir qui taquine la muse !

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Laetitia la liseuse 23/10/2008 19:09

Je vois qu'il est très très bon. et surtout très drôle. Va falloir que je m'y mette. Mon exemplaire est déjà enfouie sous une nouvelle couche de livres. Le pauvre !

kalistina 23/10/2008 22:24


Pauvre ch'tit livre! Mais je ne peux que compatir, c'est un mal que je connais bien...


sybilline 23/10/2008 18:28

Très alléchant en effet, pourvu que l'on soit d'humeur à l'ironie et au grincement des dents (si je comprends bien...)

kalistina 23/10/2008 22:24


Oui c'est ça (en tout cas c'est ça que j'ai voulu dire, je ne me prononce pas à la place de GF!).


Meria 23/10/2008 11:09

Moi aussi je suis tentée pas ton commentaire ! Hop, dans ma LAL :-)

kalistina 23/10/2008 22:23


Puis sur la PAL!


amanda 23/10/2008 08:53

mmm que tu me tentes : après Qui comme Ulysse, j'ai très envie de lire un autre livre de GF :))

kalistina 23/10/2008 22:23


Alors laisse-toi tenter ;-)