Les sept couleurs du vent de Bernard Tirtiaux

Publié le par kalistina

En ce milieu du XVIe siècle, le jeune Sylvain Chantournelle, charpentier, décide de devenir compagnon et de sillonner la France pour parfaire son art.

Nous, lecteurs, allons suivre le long périple de sa vie sur une trentaine d’années. Sur son chemin, Sylvain se fait de nouveaux amis, notamment Absalon, un luthier marrane espagnol. Les deux hommes ont des caractères assez différents, puisque Sylvain est un idéaliste, toujours optimiste (d’aucuns diraient naïf), tandis qu’Absalon est sombre et plutôt farouche. Une même passion va les unir : celle pour la musique et les plus précisément les orgues. Sylvain imagine alors son rêve : construire un énorme orgue, qui toucherait au «vrai »…

De ville en ville, les amitiés se nouent ; arrivé en Bretagne (si je me souviens bien !), c’est l’amour, pour la belle Flora, une jeune noble. L’union semble impossible, mais la famille est ruinée, et là encore, la passion de Sylvain pour les orgues va lui porter chance.

Sa quête ainsi que ses pérégrinations ne s’arrêtent pas pour autant, et il va devoir affronter de nombreux malheurs. Pour ceux qui liront ce livre, je pense à Clarence, à Lionel…

Il va aussi rencontrer Giacomino, un italien qu’il a sauvé et qui lui voue pour cela une reconnaissance éternelle. Giacomino lui colle aux basques, et vous avez là un fameux duo : un grand homme qui vit dans ses pensées, pour son rêve et qui n’agit en pensant qu’à sa belle idée utopique, flanqué d’un petit latin grassouillet, terre à terre, désespéré par l’inconséquence  de celui qu’il ne peut pourtant s’empêcher de suivre quoi qu’il arrive. Ca ne vous rappelle rien ?

Bernard Tirtiaux a écrit un très beau roman historique (certains se seront peut-être aperçu que je suis fan du genre…), qui nous happe du début à la fin. Il n’y a pas de temps mort, ça n’est pas gnangnan comme peuvent l’être certaines fresques historiques. Vraiment, une lecture qui m’a fait passer une excellente après-midi ! J’ai découvert en écrivant cette critique que l’auteur était le neveu d’Henri Bauchau, dont je me fais une très bonne opinion, totalement subjective puisque je ne l’ai toujours pas lu, mais ça me le rappelle agréablement.

Bernard Tirtiaux a écrit notamment Le passeur de lumière, qui semble être plus connu, et qui doit valoir le détour (roman historique également, dont le héros est maître verrier, tout comme l’auteur lui-même).

Publié dans romans historiques

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France B. 27/10/2008 13:36

J'aimerais savoir comment on fait pour rencontrer Bernard Tirtiaux. Je voudrais travailler un de ses ouvrages (Pitié pour le mal) dans ma classe et organiser une rencontre avec l'auteur. Si quelqu'un peut me donner un tuyau, je l'en remercie d'avance !!! France Bakkers.

kalistina 05/11/2008 23:59


Navré France, mais je ne suis au courant de rien... Peut-être est-il affilié à la charte des auteurs? Si c'est le cas, tu paies un prix forfaitaire pour sa venue (300€ si je ne me trompe pas).
Bonne chance en tout cas, et tiens-moi au courant de ce beau projet!


Lou 19/08/2008 14:59

Pourquoi pas ? Je suis justement à la recherche de romans historiques, même si ma PAL me hurle "non tu n'es à la recherche de rien du tout !"

kalistina 22/08/2008 12:55


Voui mais alors si on l'écoute, celle-là, elle va finir par s'auto-éliminer, ce qui serait fort dommage :p


Nanne 14/08/2008 22:17

J'aime beaucoup les romans historiques qui ont l'avantage de nous faire revivre une période particulière au travers de personnages fictifs. C'est (ré)apprendre l'histoire de façon (plus) ludique :o))) Dans le même style, j'ai lu et relu "Les violons du roi" de Jean Diwo, sur les stradivarius ...

kalistina 22/08/2008 12:54


J'avais lu un Jean Diwo qui m'avait déçue, donc j'avoue ne pas avoir l'envie pour l'instant de réessayer avec cet auteur... bien que le sujet soit tentant (j'aime beaucoup la musique classique et
ses instruments)!


Lau(renceV) 07/08/2008 16:05

Bernerd Tirtiaux est mon auteur favori. Il est le seul à m'avoir fait ressentir la Beauté et l'Absolu. J'aime énormément ce qu'il écrit et je n'arrive pas à ui apposer l'étiquette de roman historique. Pour moi, c'est plus qu'historique."Les sept couleurs du vent" est magnifique. Mais "Le passeur de lumière" est sublime ! Et puis, il est belge et très sympathique. J'ai assisté à une lecture du "Puisatier des abîmes" par l'auteur en personne dans un camion poubelle. Moment exceptionnel.

kalistina 22/08/2008 12:53


Les étiquettes sont toujours frustrantes, puisque restrictives...
Je t'envie pour ce moment de lecture que tu as vécu! Ce doit être déjà formidable d'écouter un auteur lire son propre livre, mais alors s'il s'agit en plus de son auteur préféré...


Daniel Fattore 07/08/2008 10:27

C'est du tout bon, en effet. L'auteur a été primé, plus tard (en 2006), à Saint-Etienne (prix Charles-Exbrayat). Dans le genre, il y a aussi "Pastel" d'Olivier Bleys, sur le monde des teinturiers de drap, avec une belle mise en perspective des enjeux d'une économie en forte évolution au seuil de la Renaissance.

kalistina 22/08/2008 12:51


Première fois que j'entends le nom d'Olivier Bleys! vous me tentez...