Eugénie Grandet d’Honoré de Balzac

Publié le par kalistina

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A Saumur, petite ville de province, Félix Grandet (le Père Grandet), personnage d’une avarice extraordinaire, est à la tête d’une fortune colossale. Il règne en tyran sur son entourage : sa femme, sa fille unique, Eugénie, et sa servante Nanon. Il enferme tout à clé, et rationne toute la maisonnée.

Un jour de novembre 1819, une fête est organisée pour les vingt-trois ans d’Eugénie. Les des Grassins et les Cruchot, deux familles rivales qui espèrent marier l’un de leurs fils avec Eugénie, y sont conviés. Mais lors de cette même soirée, Charles, un cousin d’Eugénie venu de Paris, arrive chez les Grandet.

Mais c’est qu’il est pire qu’Harpagon, ce père Grandet !! Pas de feu avant le mois de novembre même s’il fait froid ; une seule bougie le soir, tant pis si la pauvre servante se tue les yeux à la tâche ; pas de sucre dans le café, ça coûte cher… Il donne tous les 36 du mois quelques misérables pièces à sa femme, tout ça pour lui dire de les dépenser quelques jours après pour les courses…
A force de ne penser qu’à amasser de l’or et à ne surtout pas le dépenser, le père Grandet est devenu immensément riche. Bien sûr, sa femme et sa fille, cloîtrées à la maison, n’en ont pas la moindre idée. Comment le pourraient-elles, vu leurs conditions de vie ?
Les autres, en revanche, savent bien que la dot risque d’être énorme et Eugénie est très courtisée.
Le jour où son cousin arrive, la jeune femme se découvre de doux sentiments pour lui et veut tout faire pour arranger ses problèmes, y compris financiers. Le tout dans le dos du papa, naturellement…

C’est à partir du moment où Charles entre en scène que le roman devient vraiment intéressant. Il s’agit d’un livre plutôt court et même si on n’est pas non plus débordé d’enthousiasme, on ne s’ennuie pas non plus.

C’est tout de même un peu vieilli, c’est sûr. Eugénie est quand même un peu trop cruche, et puis comme dans la plupart des romans de cette époque, il y a une héroïne qui se meurt, mais on ne sait pas trop pourquoi… elle « ne se sent pas bien », et hop, quelques mois d’agonie clouée au lit… ça m’a toujours étonnée, ça.

C’est d’ailleurs le comportement de Grandet face à la lente mort de sa femme qui m’a le plus choquée. C’est à ce moment-là qu’on voit à quel point sa cupidité a pris le pas sur tous les autres sentiments qu’il peut éprouver, y compris son amour pour sa fille.
Balzac a vraiment très bien su dépeindre ce détestable trait de caractère qu’est l’avarice poussée à l’extrême. On est bien loin de l’économe !

Cela dit, il n’aurait pas fallu que ce livre soit plus long, sinon ça m’aurait barbée, je pense. Eugénie Grandet m’a un peu réconciliée avec Balzac, mais je pense qu’il y aurait d’autres de ses romans plus à même d’être appréciés par moi. J’ai lu celui-ci parce qu’il avait été offert par le journal du coin l’été dernier… Je me sens plus attirée par des titres comme « La peau de chagrin » ou « la duchesse de Langeais ».

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ananas 29/04/2011 16:33



Je suis tout à fait d'accord avec toi, on ne s'ennuit pas en lisant ce livre, mais on n'est pas non plus plein d'enthousiasme.


J'ai publié mon avis sur mon blog.


Bonne continuation !



Alicia 24/09/2009 14:49


Un livre qui m'a plu et dont j'ai fait un court résumé sur mon blog. Un autre titre qui traite de l'avarice, c'est: "Mont Cinère" de Julien Green.:Très bien aussi!


kalistina 24/09/2009 19:51


Je ne connaissais pas ce titre de Julien Green! J'ai lu un seul roman de lui et il y a bien longtemps...


Prof 08/05/2009 10:27

Je suis prof de français dans un lycée et mes élèves sont en train de rédiger un "commentaire composé" sur le début oppressant et magnifique, trouvé-je, d'Eugénie Grandet, une veritable ouverture annonçant tout le reste... qu'ils n'ont d'ailleurs pas lu. Cela dit, je trouve ce site et ce genre de site -que je découvre- très amusant et très instructif par la liberté et la diversité des avis qui s'y expriment. Le parcourir serait un très bon moyen d'"entrer" dans Balzac et d'introduire à la lecture -ou à la question- des auteurs "classiques".Je trouvais aussi Balzac un auteur terriblement ennuyeux quand je devais le lire (beaucoup trop jeune) à l'école. Puis un tout autre Balzac m'est apparu quand je l'ai vraiment lu vers 23 ans. Les méfaits de l'école!

kalistina 11/05/2009 19:08


Je n'ai jamais ressenti les lectures imposées comme une punition, je n'ai que de bons souvenirs - ou pas de souvenirs du tout pour certaines oeuvres. Maintenant que je suis prof, je vois en effet à
quel point certains titres sont vécus avant même d'être ouverts comme terriblement rasoirs par les élèves. Dur de lutter, mais quand on les fait changer d'avis, quelle joie!!


fanny 29/12/2008 17:46

Bonjour!Je suis tombée par hasard sur ton blog et je te conseille vivement de lire Le Cousin Pons, La Cousine Bette ou encore La Rabouilleuse, de Balzac... Ces trois romans que je connais mieux que les autres sont passionnants; plein de complots et d'envie!!Bonnes lectures!

kalistina 01/01/2009 01:33


Je compte les lire un jour, mais pas tout de suite! Merci pour ces 3 titres sortis de l'imposante liste des oeuvres balzaciennes :-)


Misss-bouquins 31/07/2008 14:20

Désolée pour les fautes de frappes je devrais me relire.