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La fin du livre ? On l'annonce pour demain depuis le berceau des incunables.
S'adressant à une lectrice (imaginaire) qui s'inquiète de l'avenir de la lecture, Hubert Nyssen, fort de sa double expérience d'écrivain et d'éditeur, passe au tamis, avec humeur et humour, les
craintes, les espérances, les prévisions et les prophéties qu'inspire le spectre continuellement brandi de la crise du livre.
Dans ce court mais très intéressant essai, Hubert Nyssen s’intéresse au livre, à la lecture et à leur présent.
Je dis leur présent, parce que même si c’est à partir d’une préoccupation pour l’avenir que commence ce livre, Nyssen parle avant tout de ses expériences et points de vue. C’est difficile d’enfermer tout ça dans une tranche de temps !
Bon, disons que ce sont essentiellement des considérations sur la lecture, voilà. Car le livre est peut-être en crise (ça reste à voir), mais après tout, qu’importe ? On lisait avant, on lira après…
Nyssen exprime son point de vue sur une multitude de petits thèmes, toujours avec beaucoup d’esprit et une très belle plume. Il sait aussi flatter les lectrices, cet homme-là !
Il nous parle aussi de certaines rencontres dans sa vie de lecteur et d’éditeur, et il en parle si bien que j’ai maintenant envie de lire Goran Tunström et Nina Berberova.
Un petit extrait, pour savoir quoi rétorquer à ceux qui vous demandent « mais comment tu faaaaaiiiiis pour lire autaaaant ? » :
« De toute manière, le temps, et en particulier, le temps de lire, dites-vous bien qu’on ne le trouve pas, on ne le trouve jamais qui, tout à coup disponible, vous attendrait. Le temps, ça se
prend ou ça se perd. Si vous voulez en disposer, vous ne pouvez que l’attraper, le choper, le ravir. C’est un choix à faire dans les priorités que vous donnez. Oui, voilà bien une autre des
conditions dont l’avenir de la lecture dépend : l’attitude à l’endroit du temps ».
Commentaires
J'aime beaucoup ta présentation et l'idée de ce livre... je le garde donc dans ma besace ! Tiens je ne résiste pas, j'ai ce vieux texte irlandais au dessus de mon bureau en permanence :
Prends ton temps pour travailler, c'est le prix de la réussite
Prends ton temps pour réfléchir, c'est source de force
prends ton temps pour jouer, c'est le secret de la jeunesse
prends ton temps pour lire, c'est la base du savoir
Prends ton temps pour être amical, c'est la porte du bonheur
Prends ton temps pour rêver, c'est le chemin des étoiles
Prends ton temps pour aimer, c'est la vrai joie de vivre
Prends ton temp pour être content, c'est la musique de l'âme
Dans Comme un roman, Daniel Pennac écrit que le temps de lire, c'est comme le temps d'aimer...
"Si on devait envisager l'amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s'y risquerait ? Qui a le temps d'être amoureux ? A-t-on jamais vu, pourtant, un amoureux ne pas prendre le temps d'aimer ?
Je n'ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais, n'a pu m'empêcher de finir un roman que j'aimais.
La lecture ne relève pas de l'organisation du temps social, elle est, comme l'amour, une manière d'être.
La question n'est pas de savoir si j'ai le temps de lire ou pas (temps que personne, d'ailleurs, ne me donnera), mais si je m'offre ou non le bonheur d'être lecteur." (p.137 de l'édition de poche)
(ok, je retourne travailler...)
Eh oui, il paraît que nous lisons de moins en moins, et comme je confonds lecture et étude ;), je mets cet extrait de Shakespeare dans "Peines d'amour perdues"
- Mais, pour savoir ce qu’on ne saurait autrement
-Ce dont le sens commun n’aurait pas connaissance ? - Oui, l’étude a cette divine récompense » Bonne semaine Kalistina
Je la trouve très bien, cette citation! Ce sont toutes ces choses inutiles à notre survie primaire qui sont en fait vitales pour le développement de notre esprit!




Oui, monsieur, le temps de lire est un luxe qu'il faut savoir s'offrir !!!
Et merci pour ce bel objet que je m'empresse de noter.