La burle de Paul Perrève

Publié le par kalistina

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En haute Ardèche, les corps et les caractères, tout autant que le paysage, sont façonnés par la burle, ce terrible vent hivernal qui glace jusqu'aux os.
Sur ces terres superbes aux abords hostiles, Paul Perrève a exercé la profession de médecin généraliste pendant douze ans. Douze rudes années à parcourir les mauvaises routes des hauts plateaux, douze années éreintantes, rythmées par les naissances, les maladies, les accidents et les morts des habitants de ces fermes, de ces villages qu'il a appris à connaître, à comprendre et, au fil des saisons, à aimer.

 
Ce livre est une sorte de « journal d’un médecin de campagne », à classer dans la catégorie « romans de terroir ».

C’est un genre que je lis peu (le deuxième de ma vie, pour tout vous dire), donc je ne pense pas que je l’aurais acheté si ça n’avait été un cadeau. Comme quoi, les livres en cadeau, même si ça fait augmenter la PAL, ça a du bon : ça peut être l’occasion de jolies découvertes !

Dans son petit village, Paul Perrève a pendant douze ans appris à connaître la vie de ses patients. Il y a ceux qui, sans nager dans le bonheur, ont une vie correcte ; mais il y a surtout les autres, les paysans qui vivent dans la misère et le dénuement. C’est d’eux dont il nous parle.

Etre médecin dans un coin pareil, ça ressemble à une vraie profession de foi ! Si le docteur est là, c’est qu’on peut le consulter. 7 jours sur 7, de jour comme de nuit, il sillonne les routes du Haut Vivarais.

C’est loin d’être facile : au début, comme il doit « faire ses preuves », on le regarde, depuis le perron, essayer de trouver sa route, ou même arriver jusqu’à la porte sans se faire bouffer par les chiens ou tomber dans le purin. Même au bout de plusieurs années, on le fait se déranger en pleine nuit, en lui expliquant « qu’on allait quand même pas déranger un médecin de la ville, pensez-vous, à cette heure-ci ! ».

En revanche, il se sait indispensable à cette petite communauté et voit tous les efforts qui sont faits pour lui. Des gens qui meurent de faim se saignent pour lui offrir le plus beau saucisson en guise de paiement ; ceux qui viennent le consulter à son cabinet mettent leurs plus beaux vêtements et troquent leurs sabots pour des chaussures de ville dans lesquelles ils souffrent le martyr…

Paul Perrève raconte sa vie quotidienne de médecin de campagne, rythmée par les naissances, les décès, les petites guerres entre familles au village, son temps passé à sillonner les routes… et il la raconte bien joliment.

Malgré quelques longueurs à certains passages, j’ai trouvé le style de Paul Perrève plutôt frais, pas niais ni rude, agréable à lire, et son histoire est intéressante.

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Anne 27/04/2007 17:47

Moi non plus (excuse Patch!) je n'accroche pas avec les romans du terroir. Et les médecins je les cotoie tous les jours au boulot; alors là je laisse. Dommage parce que je trouve ta critique très bien!

katell BOUALI 26/04/2007 21:17

J'ai lu quelques romans de terroirs. Le dernier en date "La marée du soir" (je ne me rappelle plus le nom de l'auteur) et j'avais bien aimé l'écriture, l'ambiance marine du roman. Un très bon dépaysement. Je note le titre de ton roman: à l'occasion, je me plongerai dans les tribulations de ce médecin de campagne.

kalistina 26/04/2007 22:29

J'ai bien aimé celui-ci mais comme je n'ai pas de point de comparaison... J'ai vu davantage de critiques de romans du terroir sur le blog de Patch, par exemple.

patch 26/04/2007 15:27

C'est dommage, car dans la catégorie "Terroir" tu as de très bons auteurs, et de très belles histoires....Tu devrais fouiller du côté de l'école de Brive d'où sont issue une bonne partie des plus célébres dans le genre...Signol, Bordes, Laussac, Michelet, etc....Une très belle histoire, qui est une histoire vraie, plein de tendresse, et d'émotions, si je peux me permettre un titre comme ça en passant, est le livre de Yves Jacob "Marie sans terre"....magnifique...(prévoir Kleenex)....

kalistina 26/04/2007 15:48

Je ne doute pas qu'il y ait de bons romans de terroir mais c'est vrai que je ne me tourne pas spontanément vers eux. J'aurais bien lu un Signol mais quand j'en ai parlé à ma grand-mère (super méga fan), elle m'a raconté toute l'histoire de a à z en deux minutes, fin comprise :-/ ça m'a refroidie! J'avais lu "l'orange de Noël" de peyramaure. Dans ma PAL, j'ai "une odeur d'herbe folle" de Jeury, je crois que c'est aussi un roman de terroir... Je note le livre d'Yves Jacob que je ne connaissais pas du tout!