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Mercredi 30 août 2006


Hortense, sur SA falaise, tient SON journal intime.

Elle y raconte combien c'est dur d'être 1 sur 5, une parmi la multitude, surtout quand cette multitude est composée de :
- Charlie qui veut tout réparer à la Vill'Hervé et regarder à la dépense au lieu d'épouser Basile le docteur, de vivre à ses crochets et de fêter Noël au foie gras.
- Geneviève qui ment alors qu'elle ne ment jamais.
- Bettina qui est odieuse avec les êtres les plus sensibles de l'univers, à savoir : elle, Hortense, et Merlin Gillespie, le livreur magicien de Nanouk Surgelés, très, très laid à l'extérieur, mais si, si beau à l'intérieur.
- Et Enid qui a des conversations à bâtons rompus avec son ami Gnome de la Chasse d'eau.
Hortense se demande ce qu'elle va devenir. Architecte de monuments éternels ? Zuleika Lester, du feuilleton Cooper Lane ? Chirurgienne de maladies incurables ? Et si c'était comédienne ? Une idée folle, complètement Saint-Pierre-et-Miquelon, comme dirait Muguette, la locataire malade de la maison voisine.
Hortense sait que pour devenir comédienne, il faut une présence, une voix, de la mémoire, mais surtout de l'entraînement. Alors elle referme SON journal, elle quitte SA falaise, et elle fonce.

Voici le tome 2 des aventures des sœurs Verdelaine.
L’auteur prend le prétexte d’une des sœurs à chaque fois, mais finalement chacune a sa place dans tous les tomes. L’on peut dire tout de même que ce deuxième opus fait la part belle à Hortense et ses débuts de comédienne, mais aussi à Bettina en proie aux affres de l’amour. On découvre aussi Muguette, une jeune fille malade qui devient l’amie de Hortense, et sa fameuse tante Valeriana. Il y a un petit côté mystérieux qui entour l’affreuse tantine, vous découvrirez le pourquoi du comment à la fin (il y avait pas mal d’indices mais je ne m’y attendais pas !).
Il me semble que Malika Ferdjoukh a plutôt bien cerné les tourments adolescents ; en tout cas je me suis bien amusée à la lecture de ce deuxième tome.

Jeudi 24 août 2006


Une petite fille de neuf ans, aux superbes yeux gris-bleu, tels ceux de sa mère qui se meurt, est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de geishas : ainsi commence l'histoire de Sayuri dans le japon des années trente. C'est à travers son regard d'enfant malheureuse que l'on découvrira Gion la décadente, le quartier du plaisir à Kyoto, avec ses temples resplendissants, ses théâtres raffinés et ses ruelles sombres. C'est à travers son initiation et sa métamorphose que l'on apprendra l'art d'être geisha, les rites de la danse et de la musique, les cérémonies de l'habillage, de la coiffure et du thé, comment il sied de servir le saké en dévoilant à peine son poignet, comment surtout il faut savoir attirer l'attention des hommes et déjouer la jalousie des rivales.
Née sous le signe de l'eau, n'agissant jamais sans consulter son almanach, franchissant épreuve sur épreuve, Sayuri nous entraîne dans le tourbillon des choses de la vie, futile et tragique comme la Seconde Guerre mondiale qui détruira Gion. Femme amoureuse toutefois, éprise d'un homme de qualité, elle raconte aussi, toujours de sa voix limpide et inoubliable, la quête sans cesse recommencée de la liberté.

Je me suis passionnée pour le destin de Sayuri, je ne pouvais plus refermer mon livre, je l’ai lu en une journée. J’essaie de décortiquer le phénomène, mais rien ne me l’explique : le style est limpide mais sans tournure particulière ; l’histoire est très attachante, mais cela peut se trouver dans bien d’autres romans… Et pourtant la magie opère ! On palpite avec la jeune fille, on déteste Hatsumomo, puis on se perd avec elle dans ses rêveries amoureuses, on découvre en même temps qu’elle toutes les subtilités de la vie d’une geisha… Ce livre est vraiment à lire.

On m’a prêté le film qui en a été tiré récemment ; j’attends un peu avant de le visionner, de peur que le charme de l’histoire ne s’estompe si on vient le perturber tant qu’il est encore vif dans mon esprit.

Mardi 22 août 2006


Lorsqu'il rejoint son poste, aux confins de l'empire vietnamien du XVIIe siècle, le mandarin Tân ne sait pas encore que les familles de notables n'ont qu'une idée en tête : le marier à leurs filles nubiles.
 Cependant le jeune homme n'a guère le temps de se prêter à ces jeux sociaux, car il se voit bientôt confronté à sa première affaire de magistrat. Une succession de meurtres aussi cruels qu'inexplicables le conduit à s'intéresser de près à un ordre de moines plus férus d'arts martiaux que soucieux de la loi de Bouddha.
Aidé de son ami le lettré Dinh, il lui faudra parcourir les montagnes embrumées du Nord et déployer toute son ingéniosité pour mener à bout son enquête, dont la solution au goût amer est un défi à son sens inné de la justice.

Evidemment, le mandarin Tân fait immanquablement penser au juge Ti de Van Gulik, mais les sœurs Tran Nhut réussissent à en faire un personnage à l’identité propre. Je dois même avouer que je le préfère !
Ce qui est plaisant dans ce premier tome, ce sont les descriptions de la vie dans le Vietnam de l’époque, ainsi que le ton de certains personnages. L’intrigue en elle-même tient la route, mais certains éléments du dénouement sont faciles à deviner pour peu qu’on y réfléchisse quelques minutes.
Je vous le conseille donc pour passer un agréable moment de lecture, sans prétention.

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de Margaret Mazzantini

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