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Noa Noa signifie " parfumé " en tahitien. Dans ce journal, tenu par Paul Gauguin (1848-1903) lors de son premier séjour polynésien, éclate à chaque ligne l'émerveillement devant la nature, l'amour de la civilisation menacée des Maoris, la sensualité que lui inspire Tehura, sa jeune fiancée : " Je suis embaumé d'elle ! "
C’est intéressant de découvrir Paul Gauguin écrivain. Il nous raconte sa découverte du peuple maori, son apprentissage qui se fait jour après jour, au fur et à mesure qu’il accepte de mettre de côté la « civilisation », qu’il juge « soldatesque », c’est « le négoce et le fonctionnarisme ».
Il doit remettre en question une partie de son mode de vie et de pensée. « Comme eux pour moi, j’étais pour eux un objet d’observation, l’inconnu, celui qui ne sait ni la langue ni les usages, ni même l’industrie la plus initiale, la plus naturelle de la vie. Comme eux pour moi, j’étais pour eux le « Sauvage ». Et c’est moi qui avais tort, peut-être. »
Un passage du livre est consacré à la cosmogonie et à la théogonie maories ; c’est intéressant mais j’ai trouvé ça un peu longuet, tout de même.
Bref, un ouvrage qui devrait plaire à ceux qui connaissent déjà Gauguin le peintre. J’ai apprécié aussi la postface qui résume la vie de Gauguin et qui place l’écriture de ce manuscrit dans un contexte global.

" Un de ces livres qu'il est bon de relire après chaque invasion, après chaque trouble dans l'ordre de la morale, de la politique et du goût, pour se calmer l'humeur, pour se remettre l'esprit au point de vue et se rafraîchir le langage ".
Sainte-Beuve
Depuis le temps que je voulais lire ce livre… C’était le livre préféré de mon père dans son adolescence, et j’étais curieuse de savoir pourquoi. J’ai profité du challenge ABC 2006 pour m’y plonger (petite digression : il s’agit pour ce challenge de découvrir 26 nouveaux auteurs en 2006, un pour chaque lettre de l’alphabet).
Je pense que l’on peut dire que c’est un roman « picaresque » : le héros, Gil Blas de Santillane, parcourt l’Espagne dans tous les sens, avec des hauts et des bas incessants (un jour plein aux as, le lendemain volé par des brigands de grand chemin… c’est sans fin).
C’est aussi un roman « à tiroirs », c’est-à-dire que chaque personnage que Gil Blas rencontre lui raconte sa vie.
Heureusement, on ne s’y perd pas trop, on revient toujours au fil principal de l’histoire (même s’il est parfois difficile de remettre les personnages quand on les retrouve soudainement 200 pages plus loin).
Pavé écrit au début du XVIIIe siècle, il me faisait j’avoue un peu peur ; je craignais de me lasser, ou pire, de ne rien comprendre.
En fin de compte, on suit très volontiers les aventures de Gil Blas, et le style est très agréable à lire, pas du tout ronflant ni vieilli. Le personnage est même tout à fait moderne, dans ses pensées et ses réactions.
Je comprends pourquoi il s’agit d’un succès de librairie depuis bientôt trois siècles et je fais partie de ceux qui ont été charmés par cette lecture.

Adieu l'espoir, adieu les roses, adieu la nature et le vent ; tout cela n'est plus a moi ; Et Marie, ma pauvre petite fille qui t'aimera désormais ? Mon cœur saigne toute ma rage... " Qui parle ? Un homme semblable à tous les autres dans l'attente de la mort. Dehors dans la lumière pâle du petit matin, la guillotine projette son ombre sur le pavé. Dans quelques heures, cet homme sera exécuté. Son crime ? Il n'en dit rien. Le temps presse. Sur le papier qui lui reste, il jette encore ses terreurs et ses angoisses, se souvient du bonheur enfui... Qu'espère-t-il ? Conserver la force de se tenir debout.
" Que ce que j'écris ici puisse être un jour utile à d'autres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables, de l'agonie à laquelle je suis condamné... ".
Quelle modernité dans le style! J'avoue, la seule chose que j'avais lue de Hugo c'était "les châtiments", pas du tout la même chose même si ça m'avait plu aussi. La psychologie du personnage est remarquable. Il est bien certain que "le dernier jour d'un condamné" ne constitue pas une lecture divertissante, mais elle ouvre vraiment à la réflexion.




