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Samedi 24 mars 2007


A Venise, au pied de la Douane de mer, en face du palais des Doges et de San Giorgio Maggiore avec son haut campanile, deux jeunes gens qui s'aiment vont écouter, le soir, un personnage surprenant qui porte beaucoup de noms.

Ses récits les emportent, à travers l'espace et le temps, dans un tourbillon d'aventures où passent à toute allure, sous des éclairages imprévus, assez peu familiers aux enfants des écoles, Stendhal et Christophe Colomb, des Chinois et des Arabes, le procurateur de Judée et des guerriers vikings, le raid israélien sur Entebbe et l'invention du zéro, les amours de Pauline Borghèse et Les Mille et Une Nuits, toutes les passions du monde et aussi ses misères.

 

Avant de commencer cette lecture, je craignais un peu que Jean d’Ormesson fût pédant. Eh bien ce n’est pas du tout l’impression que j’ai eue, finalement !

Ce livre est du genre pavé (620 pages, écrit petit), mais je ne me suis pas ennuyée une seconde. On vit l’Histoire à travers des dizaines d’anecdotes vues sous un jour nouveau (à travers la participation du Juif errant, bien sûr).

Jean d’Ormesson écrit très bien : vous me direz, c’est la moindre des choses pour un petit homme vert ; mais surtout, il a un vrai talent de conteur. Simon (ou Isaac, ou Ahasvérus, enfin comme vous préférez) est un personnage haut en couleurs, à mille lieues de la représentation du petit vieillard avec sa besace tel qu’on se le figure habituellement.

Je n’ai pas du tout réfléchi à la façon dont le mythe est revisité, je me suis laissée emporter par l’histoire, passionnante. Jean d’Ormesson m’est devenu bien plus sympathique !

Lundi 12 mars 2007


" On disait de moi que j'étais la plus belle des femmes. D'une beauté qui faisait peur autant qu'elle attirait. Une beauté qui a séduit Abram dès son premier regard sur moi. Une beauté qui ne se fanait pas, troublante et maudite comme une fleur qui jamais n'engendra de fruit. ".

Quelle est donc l'histoire de cette femme si belle qui accompagna Abraham, père du monothéisme, sur les routes de Mésopotamie, de Canaan et d'Égypte ? Épouse aimante d'un homme promis par Dieu à fonder un grand peuple, Sarah traverse toutes les épreuves de la stérilité : le sentiment de culpabilité, le mépris, l'adultère, le choix de l'adoption ou de la mère porteuse...

 

Au départ, j’ai choisi de lire ce livre que j’avais chez moi parce que je croyais que c’était la sélection mensuelle des blogueuses. Quiche que je suis, j’avais confondu avec « Marie » du même auteur…

Peu importe, j’ai été bien heureuse  de lire « Sarah » quand même.

Saraï (puisque c’est ainsi qu’elle s’appelle jusqu’aux portes de la vieillesse) est une femme très attachante. Elle est moderne, indépendante, elle sait ce qu’elle veut. Elle va quitter toute sa richesse pour épouser un nomade, qui en plus dit entendre la voix d’un Dieu unique et invisible (autant dire un fou aux yeux de la plupart des gens de l’époque). Tout ça par amour ! Si c’est pas beau, ça ?

Marek Halter écrit de manière très agréable, on se laisse emporter par son talent de conteur. Je n’ai évidemment pas cherché autre chose qu’une belle histoire dans ce roman.

J’ai cru comprendre que certains lecteurs ont trouvé ce livre un peu trop teinté d’érotisme, je n’ai pas trouvé ça si prégnant, en tout cas ça ne m’a pas semblé de trop dans l’histoire.

Bref, un bon roman, qui donne envie de lire les autres tomes de « la bible au féminin ».

Dimanche 11 février 2007


« Le métier de peintre tient de l'alchimie. Écoute et regarde car il ne s'apprend que de bouche à oreille, de maître à élève. Tout cela pour disposer d'une belle matière sans laquelle il ne peut y avoir de bonne peinture. »

À dos de mule, à l'aube de la Renaissance, un jeune peintre italien s'en fut jusqu'à Bruges recueillir le secret d'une lumière nouvelle. C'était Antonello de Messine. Un peu plus tard, Laurent « le Magnifique » règne sur Florence. Autour de lui, des premiers pas - et premières esquisses - se font remarquer. Où l'on retrouve Botticelli, Michel-Ange, Raphaël, Léonard de Vinci...

L’idée conductrice de ce roman est très intéressante : découvrir la vie des grands peintres du Quattrocento. J’ai beaucoup aimé suivre la vie d’Antonello da Messina (que je ne connaissais même pas avant d’ouvrir ce livre…). Tous les destins de ces grands hommes sont intéressants, c’est très instructif.

J’ai cependant plusieurs bémols à apporter. J’ai été frustrée du manque de transition, on passe d’un peintre à un autre de façon brutale. J’ai surtout été gênée au tout début, je n’ai pas compris pourquoi tout d’un coup on abandonnait Antonello.

Le style aussi m’a choquée au début, je trouvais le roman plutôt mal écrit…

Le dernier point négatif est la longueur : chacune des vies des grands artistes italiens est intéressante en soi, mais au bout d’un moment, ça se traîne un peu. Je pense que c’est là qu’un bon style aurait vraiment fait la différence et aurait empêché le roman de s’essouffler.

En définitive, j’aurais vraiment voulu aimer ce roman, qui est un cadeau de notre prêtresse es romans historiques (désormais reine de la fantasy, aka Loba), mais j’ai été déçue.

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