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Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque
devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas...
Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire
tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.
Ce récit autobiographique est vraiment touchant. On suit la construction identitaire de ce garçon, puis adolescent, puis homme adulte, qui apprend peu à peu à connaître ses origines.
C’est l’illustration saisissante de ce qu’on appelle un secret de famille. On se doute d’une partie de ce secret, mais lorsqu’on le découvre réellement, on est saisi par l’intensité du drame. Philippe doit apprendre à se construire sur ce qu’on lui cache, sur ce qu’ont vécu ses parents avec sa naissance. Même sans savoir, il ressent le mal-être de ses parents et parvient finalement à découvrir son histoire grâce à mademoiselle Louise, amie de la famille. L’histoire et l’Histoire s’entremêlent douloureusement.
J’ai été touchée par ce récit, plus que je ne le croyais. J’écris cette critique une dizaine de jours après avoir lu le livre, et je crois que j’ai bien fait d’attendre. Sur le coup, j’avais
trouvé l’histoire émouvante mais le style trop distant et du coup pas si touchant que ça. Je me rends compte, ces quelques jours après la lecture, que le style détaché de Grimbert, qui écrit une
histoire tragique sans avoir l’air de rien, m’a touchée sans avoir l’air de rien non plus. C’est d’autant plus fort, je trouve !
Merci encore Carson!

Une ancienne prisonnière politique du goulag, qui est venue s'y installer avec ses secrets, trouble ses voisins par son comportement inhabituel. Une voisine pleine de bonne volonté, l'ayant
prise en sympathie, s'efforce de l'aider et finit par percer le mystère de sa vie intime, découvrant ainsi une séquelle inédite de l'horreur des camps... Ces Troubles de voisinage pourraient bien
être avant tout liés surtout à l'incommunicabilité des expériences individuelles et aussi, sans aucun doute, à la peur de l'Autre.
Première fois que je lis Elizabeth George et c’est franchement pas mal !
La couverture du livre montre qu’il est considéré comme policier mais, à mon sens, l’intérêt du livre est plutôt dans la critique sociale que fait l’auteur. Ce qui fait peur, ce n’est pas tant ce que fait cette drôle d’Anfisa, mais plutôt la psychologie des autres personnages.
C’est vrai qu’on se demande pourquoi ce personnage est si énigmatique ; mais surtout, on a le poil qui se hérisse à la lecture des pensées ou des dialogues des autres ! C’est l’Amérique profonde et « bien-pensante » et c’est délicieusement atroce.
Petite réunion de quartier au sujet d’Anfisa, dans le jardin de laquelle on a trouvé un rat :
« Chaque position prise sur la situation révélait une facette du prisme qu’est la nature humaine.
Scott voulait rester dans la légalité, conformément à sa personnalité règlement-règlement. On commençait par alerter les services d’hygiène, on mettait la police dans le coup, et si cela ne marchait pas, on faisait ensuite appel aux avocats.
Mais l’idée ne plut pas du tout à Owen Gilbert. Il n’aimait pas Anfisa Téléguine pour des raisons liées davantage au refus de la vieille dame de le laisser s’occuper de sa déclaration d’impôts qu’aux rongeurs envahissant sa propriété, et il voulait prévenir le FBI ou l’IRS (le fisc) pour qu’ils s’occupent d’elle. Elle trempait sûrement dans quelque chose de louche. Tout était possible, de l’évasion fiscale à l’espionnage.
En entendant mentionner l’IRS, Beau Downey pensa à l’IRS (les services de l’immigration), ce qui suffit à enflammer son esprit. Il était convaincu que les immigrés causaient la perte de l’Amérique, et puisque le système judiciaire et le gouvernement ne faisaient manifestement rien pour fermer les frontières aux hordes étrangères, Beau estimait qu’eux, au moins, devaient faire quelque chose pour leur interdire le quartier ».

Emblème de ce sentiment étrange et fréquemment partagé, celui d'être mal aimé de son père, Le filet de l'oiseleur retrace la quête initiatique d'une toute jeune femme, Anne Guillard. De la mort à
la vie, de la souffrance à l'apaisement, du repli sur soi à l'écoute du monde, voilà par quels chemins de la conquête de soi, toujours actuels, nous emmène l'écriture forte et dépouillée d'Yvette
Z'Graggen.
Ce livre est une très bonne surprise. C'est un roman fort, trahi par une couverture kitche/moche. Impossible de trouver l’image sur le Web, mais c’est publié par France Loisirs dans les années 80
et ça se voit ! Une nana les cheveux dans le vent et le regard hagard, sur un fond de verdure…
Le style est sobre mais touchant, on entre totalement dans l'histoire, qui est parfois bien émouvante, je n'ai pas pu m'empêcher de verser quelques larmes. J'ai vraiment été touchée par le drame
de l'héroïne. Il lui arrive ce qui à mon sens est le pire de tout : elle est seule et sans affection. Dans ses moments de détresse, ce qui m'a touchée, ce n'est pas le chômage auquel elle doit
faire face ni même la faim qui la tenaille ; elle n'a rien à manger certes, mais surtout elle est seule et ne peut compter sur personne. Son absence de confiance en elle l'empêche de sortir du
drame familial qu'elle vit depuis toujours.
La fin est peut-être un peu trop en suspens, mais n'est pas frustrante pour autant, pas "queue de poisson".
C’est à lire et c’est bien dommage qu’il semble difficile à commander.




