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Mardi 7 août 2007

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Ce pourrait être le récit d'un séjour exotique, c'est le voyage intérieur d'un homme arrivé à Ceylan après un long périple, pour achever le voyage intérieur au bout de lui-même. Le narrateur fait lentement naufrage, enlisé dans la solitude et la maladie, frôlé par la folie. 
Et là, sous l'oeil indifférent des insectes qui se livrent autour de lui à d'effroyables carnages, et des habitants qui marinent dans leur chaleur comme un sombre bestiaire fainéant, l'auteur reconstruit, avec patience et ironie, un monde luxuriant et poétique. 
Au fil des chapitres, il observe et nous apprend à voir le spectacle mystérieux de ce monde des ombres d'où émergent d'étonnants portraits. Ainsi le lecteur participe à une sorte d'envoûtement dans ce récit bourré comme un pétard d'humour, de sagesse et d'espoir.

 Nicolas Bouvier a un style particulier et intéressant. Il convoque un vocabulaire parfois sorti de son chapeau, ça donne un vrai charme à l’écriture.

Ce roman ne m'a pas captivée ; je crois que je ne suis pas faite pour les "récits de voyage", dans lesquels je n'arrive pas à me plonger. Cela dit, c'est tout autant un récit introspectif, et c'est peut-être grâce à cela que j'ai tout de même bien aimé lire ce livre.

Certains passages sont particulièrement plaisants, comme sa manie d'observer les insectes pendant des heures, ou encore sa rencontre avec certains personnages hauts en couleurs. Je pense à l'aubergiste et à l'épicière, mais aussi et surtout au père Alvaro, dont l'apparition est trop courte!

Dimanche 5 août 2007
 
 
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À Cap Code, c’est l’été indien. Les estivants sont partis. Chacun savoure le calme retrouvé, la belle saison. Louise se rend, comme chaque soir, au café Chez Willies, attendre Norman qui doit la rejoindre « quand il aura fini ce qu’il a à faire ». Il est en retard. Dans le café, il n’y a personne, sinon Ben, le barman, et elle. Louise est au comptoir. Ils échangent des banalités, la suite d’une conversation ininterrompue depuis tant d’années qu’elle vient ici. C’est alors qu’apparaît un revenant : Stephen.

Stephen et Louise ont autrefois formé un des couples les plus en vue de Boston. Elle, jeune comédienne devenue auteur de théâtre à succès, coqueluche des milieux branchés. Lui, brillant jeune homme diplômé de Harvard, issu d’une vieille famille fortunée. Ils ont vécu ensemble cinq ans d’amour simple et heureux, jusqu’au jour où Stephen s’est laissé séduire par Rachel, une brillante jeune femme diplômée de Harvard, d’une famille fortunée, tout à son image. Il avait fait son choix et Louise lui avait fait jurer de ne jamais chercher à la revoir.


Dès les premières pages, l’ambiance est là. Je me suis vraiment crue dans une petite ville du fin fond des Etats-Unis ; en revanche, j’aurais bien vu la scène dans les années 50. Je trouve que tout s’y prête !

On dirait presque une pièce de théâtre, « l’arrière-saison » est un petit huis clos avec quatre personnages réunis le temps d’une soirée dans un café. Je suis sûre que ça ferait une super pièce !

L’histoire en elle-même n’a rien de particulier : une femme a dû s’endurcir après une séparation douloureuse, un homme revient faire amende honorable tout en voulant garder le beau rôle, mais les retrouvailles ne sont pas simples…

Non, ce qui est intéressant dans ce livre, c’est le style et l’atmosphère un peu moite qu’il parvient à créer. C’est bien fait de la part de l’auteur, surtout quand on sait qu’il a inventé son roman simplement à partir d’un tableau. Je trouve qu’il l’a bien interprété, image et texte se répondent bien à mon goût.

Ce n’est pas un coup de cœur que j’ai pour ce livre, comme l’ont eu je crois pas mal d’autres bloggeurs, mais l’agréable découverte d’un auteur que je poursuivrais volontiers avec « les jours fragiles », par exemple.

Mardi 24 juillet 2007
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«- Qu'est-ce qu'elle court partout, ta mère ?
L'idée lui était certainement venue que cette jeune veuve juste remariée (...) pouvait être piquante à espionner.
Je balançai la tête et claquai la langue. Tout rouge.
- Elle est comme ça. Elle a toujours des secrets.»

Quand il quitte Périgueux, fin 1946, Vincent a tout juste treize ans. Sa mère, Emilie, va épouser le régisseur du château, Pierre Jeancel, et entrer ainsi dans le monde des bourgeois.
Dans la France profonde d'après-guerre, Vincent découvre les grandes réceptions des de Razac et le travail laborieux du petit personnel. Et partout les ragots vont bon train.
Que va faire sa mère à la «maison des Anglais» ? Et que trafique Jeancel avec la belle Jeannette ?
Bien des mystères à élucider pour ce jeune homme...    

 

Je ne connaissais pas du tout Michel Jeury avant d’ouvrir ce livre. Par curiosité, j’ai voulu découvrir un peu l’auteur avant le roman et j’ai été surprise : cet écrivain « de terroir » s’est auparavant illustré dans la science-fiction des années 60 à la fin des années 80. Ca m’a semblé être un parcours bien atypique qui m’a rendu le personnage sympathique :-) 

« Une odeur d’herbe folle » se déroule dans une région que je ne connais absolument pas, le Périgord (j’avoue, j’ai même ouvert l’encyclopédie pour savoir précisément où c’était… *honte* ), dans les années d’après guerre. 

Ces deux éléments font le cadre de l’histoire et expliquent la mentalité des personnages. 1946, c’est tout près de nous, et pourtant, quand on lit ce roman… ! J’ai été frappée par la conception féodale de la société que tous semblent partager. 

Il y a d’un côté les « de », qui ne savent pas se laver une cuillère tous seuls et qui estiment que leur fille fait une mésalliance en épousant un bourgeois plein de gros billets et de médailles militaires mais sans particule. Il y a aussi leur second fils qui, justement parce qu’il est le benjamin, s’imagine qu’il n’a pas d’autre choix que de devenir évêque (puisque le premier est entré dans l’armée, comme de juste). 

De l’autre côté, il y a les « petites gens », qui sont submergés de gratitude à l’idée de pouvoir dévouer leur vie aux seigneurs du coin, ou qui au contraire voudraient bien profiter de la fin de la guerre et des réformes pour avoir enfin un semblant d’autonomie (mais qui, du coup, perdent tout honneur aux yeux des autres petites gens restés loyaux…). 

Il y a aussi ce vocabulaire, comment une jeune femme de même pas trente ans peut-elle appeler un adolescent « beau drôle » en 1946 ? On se croirait dans les chansons populaires genre l’apprenti pastouriau (« troupiaaaauuux, troupiaaauuuux, je n’en avais guèèèreuuh… »). Bon, j’exagère mais je vous jure que la Jeannette, je la voyais toujours avec sa faucille ! 

Outre ce côté pittoresque, il y a aussi le parcours initiatique du jeune Vincent, son adaptation à son nouveau cadre de vie, sa relation avec celui qu’il pense être son père… 

Les traits m’ont semblé parfois un peu trop forcés mais c’est finalement un roman de terroir que j’ai eu plaisir à lire. 

Si quelqu’un a lu le Michel Jeury auteur de SF, je serais curieuse d’avoir son avis !

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de Pierre Magnan

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