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" A quatorze ans et demi, élève de troisième, il se considérait comme un étudiant. D'ailleurs, il ne portait plus de culottes courtes, mais des knickerbockers. C'était là une étape décisive dans sa vie. "
1924. Aliocha, élève au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, a le sentiment d'appartenir à une race à part : les émigrés. Il est le " sale petit étranger ", dont le nom est écorché par les railleries de ses camarades. Etranger aussi aux yeux de ses parents, car sa volonté d'intégration est un affront à leur obsession, retourner en Russie.
Récit en grande part autobiographique, Aliocha nous dévoile l'itinéraire touchant d'un adolescent apatride qui trouvera dans l'amitié et l'étude le courage de s'épanouir.
Ca fait des années que je regarde les livres d’Henri Troyat sans les ouvrir… Sa réputation d’auteur un peu has been était malheureusement arrivée jusqu’à mes oreilles, et puis, j’avais fini par me dire qu’immortel, il ne l’était pas qu’au sein de l’académie… Il m’a donné tort la semaine dernière.
Tort pour son immortalité, mais surtout tort pour cette réputation qui n’est vraiment pas méritée, en tout cas quand on lit Aliocha.
Comme j’ai aimé ce roman ! Déjà, le coup des knickerbockers, si vous avez des hommes âgés dans votre famille, peut-être avez-vous souri. Mon père m’a plusieurs fois raconté sa fierté le jour où sa mère lui en a enfin achetés ! *pour ceux qui ne verraient pas ce que sont les knickerbockers, c’est ce que porte Tintin*
Tous les ados s’interrogent en long et en large sur leur identité, mais pour Aliocha, cette quête est plus vive et plus douloureuse. Il est vraiment déchiré. Il rejette la Russie, il a honte de son nom, il a honte de l’accent de ses parents et de leurs préoccupations. Il est si fier quand ses compositions françaises sont remarquées ! Tout plutôt que d’écrire en russe. En même temps, il a honte d’être honteux, il se sent coupable de voir que ses parents vivent dans un monde différent du sien.
Il s’épanouit aux côtés de son meilleur ami, Thierry, un peu à part des autres lui aussi, du fait de son infirmité. Ils parlent littérature pendant des heures, et parfois même un peu des filles… Aliocha sent que leur amitié, c’est « à la vie à la mort ».
Ca a été un vrai plaisir de lire ce livre, et ça en sera un autre, lorsque j’irai voir ma mère dans quelques mois, de redécouvrir quels sont les livres de Troyat qui trônent sur les étagères et que je n’ai jamais pris le temps d’ouvrir.

Hier après-midi, elle est venue au lycée pour une rencontre de 2h, très intéressante.
J'aurais dû prendre des notes, j'ai du mal à me souvenir avec précision de ses paroles...
Léonora Miano pense qu'il serait faux de nier que ses écrits ont toujours une part un peu autobiographique. Pour "Contours du jour qui vient", elle se reconnaît dans certains de traits de Musango : à 12 ans, elle aussi était une enfant déjà très décidée, qui n'hésitait pas à s'exprimer même lorsqu'on ne lui demandait rien. C'est dans cet forme de rebellion qu'elle voit une similitude avec sa vie, bien qu'elle aussi ait eu des relations conflictuelles avec sa mère.
Elle a pris pour contexte une certaine réalité africaine, afin de montrer que l'Afrique n'est pas celle des clichés occidentaux ; cependant, elle espère que ses lecteurs ont compris la dimension universelle de ses propos et de cette histoire, qui est celle d'un enfant sans amour et sans repères, comme il peut y en avoir dans tous les pays.
Ce roman est aussi l'occasion de valoriser l'individualité ; elle déplore que l'individu, en Afrique centrale, ait souvent du mal à trouver une identité autrement qu'au sein de la communauté. Ce livre a d'ailleurs été plutôt bien accueilli au Cameroun dont elle est originaire, et l'un de ses romans est au programme des classes littéraires des lycées (je n'ai pas compris lequel des deux... vu les dates de sortie, je suppose qu'il s'agit de son premier).
Elle écoute beaucoup de jazz et écrit comme un musicien pourrait composer une mélodie ; elle connaît les accords de base, mais se laisse porter pour le reste. Elle commence toujours pas trouver le titre de son roman.
Après ce temps d'échange ont eu lieu les dédicaces. J'ai eu de la chance, je suis passée en 2e, pas eu le temps d'attendre!!
"Pour (mon ptit prénom secret),
ce chant d'amour orageux,
à notre humanité".

Mille excuses pour la piètre qualité de la photo... je ne suis pas fichue de faire des réglages corrects!

" On disait de moi que j'étais la plus belle des femmes. D'une beauté qui faisait peur autant qu'elle attirait. Une beauté qui a séduit Abram dès son premier regard sur moi. Une beauté qui ne se fanait pas, troublante et maudite comme une fleur qui jamais n'engendra de fruit. ".
Quelle est donc l'histoire de cette femme si belle qui accompagna Abraham, père du monothéisme, sur les routes de Mésopotamie, de Canaan et d'Égypte ? Épouse aimante d'un homme promis par Dieu à fonder un grand peuple, Sarah traverse toutes les épreuves de la stérilité : le sentiment de culpabilité, le mépris, l'adultère, le choix de l'adoption ou de la mère porteuse...
Au départ, j’ai choisi de lire ce livre que j’avais chez moi parce que je croyais que c’était la sélection mensuelle des blogueuses. Quiche que je suis, j’avais confondu avec « Marie » du même auteur…
Peu importe, j’ai été bien heureuse de lire « Sarah » quand même.
Saraï (puisque c’est ainsi qu’elle s’appelle jusqu’aux portes de la vieillesse) est une femme très attachante. Elle est moderne, indépendante, elle sait ce qu’elle veut. Elle va quitter toute sa richesse pour épouser un nomade, qui en plus dit entendre la voix d’un Dieu unique et invisible (autant dire un fou aux yeux de la plupart des gens de l’époque). Tout ça par amour ! Si c’est pas beau, ça ?
Marek Halter écrit de manière très agréable, on se laisse emporter par son talent de conteur. Je n’ai évidemment pas cherché autre chose qu’une belle histoire dans ce roman.
J’ai cru comprendre que certains lecteurs ont trouvé ce livre un peu trop teinté d’érotisme, je n’ai pas trouvé ça si prégnant, en tout cas ça ne m’a pas semblé de trop dans l’histoire.
Bref, un bon roman, qui donne envie de lire les autres tomes de « la bible au féminin ».




