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Mardi 16 janvier 2007

A la suite d'un chagrin amoureux, le narrateur, 30 ans, coursier, devient insensible. Il perd son boulot pour en retrouver un autre, plus conforme à son nouvel état : tueur à gages. Pas d'états d'âme à viser la cible, s'acquitter d'un crime parfait. Sinon une excitation nouvelle, une soif d'accomplir un geste quasi divin.

 J’avais une certaine appréhension avant de commencer ce livre, à force d’avoir entendu tout le monde le descendre depuis sa sortie (« un pur navet », « aucun renouvellement », « elle se fiche du monde avec ses 20 pages »…).

C’est mon troisième roman de la demoiselle Nothomb, autant dire pas grand’chose face aux inconditionnels. Je ne suis donc pas en mesure de savoir si c’est du réchauffé ou non.

Les deux premiers m’avaient donné une impression de malaise à la lecture mais j’avais apprécié le style ; j’ai eu le même sentiment encore une fois. Le héros est totalement sorti du cadre social, il tue pour le plaisir, il a besoin de sa dose quotidienne pour se sentir bien.

J’aime le style d’écriture, même si l’histoire n’est pas non plus renversante. Mes bémols seraient les suivants : pourquoi le héros a-t-il tant besoin de se tripoter après chaque meurtre ? on a compris qu’il était pas bien dans sa tête – Radiohead, j’aime bien, mais pas toutes les 3 pages – certains passages de la fin sont un peu trop faciles.

En bref, ce dernier opus n’est pas transcendant, mais il est agréable à lire et je ne l’ai pas trouvé si mal que ça, en tout cas il ne me semble pas mériter tout l’acharnement auquel il a eu droit (ou elle, parce que j’ai l’impression qu’on a fait le procès de l’auteur et non pas du livre…).

Dimanche 14 janvier 2007


Ecrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, " Le Maître et Marguerite " a mis vingt-cinq ans pour s'imposer comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas fini d'enchanter les lecteurs.

Comment définir un mythe ? Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde... C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques.

Quel talent !!

Comme d’habitude, j’avais quelques craintes, les auteurs russes écrivent toujours des livres un peu bizarres… Ca n’a pas loupé, celui-ci part dans tous les sens, mais avec brio !

Plusieurs histoires s’entremêlent. Il y a Woland (le diable) et ses acolytes Koroviev, Azazello et Béhémoth, qui sèment la pagaille dans Moscou ; Ponce Pilate dévoré par les tourments de la lâcheté face à Ha Nozri (Jésus) ; le Maître, désabusé, et Marguerite, qui lui est totalement dévouée.

La première partie du roman m’a plu sans m’époustoufler, j’ai eu quelques passages d’ennui. J’ai nettement préféré la seconde, où tout est vraiment incroyable. J’adore la scène du bal ! D’une manière générale, tous les chapitres mettant en scène Marguerite m’ont enthousiasmée.

C’est une œuvre complexe, truffée de références que je n’aurais pas su voir sans les nombreuses notes de bas de page (j’ai lu l’édition Pocket mais je suppose que le lecteur doit disposer du même type d’aide quelle que soit l’édition qu’il a en mains). La dénonciation du régime stalinien ne m’a pas tant sauté aux yeux, mais c’est probablement dû à ma méconnaissance de ce contexte.

Hors de la satire politique, le reste du récit non plus n’est pas simple, mais c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Le diable n’est pas si diabolique ; Ponce Pilate inspire la compassion ; Matthieu Lévi (l’apôtre) nous court un peu sur le haricot… Marguerite vend son âme au diable, mais tout ce qu’on en retient, c’est la force de son amour pour le Maître et elle nous reste extrêmement touchante.

Et puis j’adore le chat, quel esprit, quelle mauvaise foi (huhu) !

Vendredi 12 janvier 2007
  Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine

 

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