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Il y a quatre personnages, très différents.
Christine, qui dirige une agence de voyages, se sent épuisée sans raison. Tout devrait lui sourire pourtant. A cinquante ans, elle s'est organisée une existence active et libre. Mais, sans qu'elle ait jamais osé se l'avouer, la peur de vieillir la mine.
Paul, le paysan, un homme sensible et doux, n'a jamais pu s'arracher à la famille de brutes dans laquelle il est né.
Solange, guichetière à la SNCF, en veut au monde entier et d'abord à elle-même. D'où vient cette hargne qui l'habite ?
Luc, à force de se battre pour sauver son couple du désastre, est au bout du rouleau, psychologiquement et matériellement.
Il n'y a pas de liens entre ces deux femmes et ces deux hommes, sauf de brèves rencontres de hasard. Mais, tous les quatre vont vivre, dans des circonstances imprévues, ces moments où l'on est brusquement mis en face de soi-même et où l'on prend conscience des impasses où l'on s'est engagé. Chacun à sa façon accepte enfin de changer, de se libérer des entraves, d'échapper au sort auquel il se croyait condamné. Quand on change, tout change autour de soi. Christine, Paul, Solange et Luc se croiseront alors, se reconnaîtront. Leurs histoires n'en feront plus qu'une. Après les orages et les déchirements, une harmonie nouvelle naît, comme une chose due à ceux qui savent craquer quand il le faut et faire face quand il le faut, avec courage et humilité.
On ne peut plus quitter les personnages d'Anny Duperey. Ce sont des amis fraternels. On n'oublie plus les scènes émouvantes, cocasses, violentes, subtiles, au cours desquelles ils se révèlent à eux-mêmes et à nous.
C'est le premier livre d'Annie Duperey que je lis. J'allais dire que c'était une bonne surprise; ce serait plus juste de dire que c'est une agréable confirmation de ce que j'avais entendu de son travail d'auteur. Voilà quelqu'un qui apparemment sait réussir comme comédienne et comme écrivain! Ce n'est pas là une star qui s'essaie à une nouvelle lubie, elle a un vrai talent. J'ai trouvé son style très agréable à lire.
Quant à l'histoire en elle-même, elle n'est pas foncièrement originale, mais on s'attache à ces différents personnages, qui sont vrais. J'attendais surtout avec impatience la cinquième partie où les 4 histoires se recoupent et où l'on découvre les liens réels des uns et des autres.
Je dois dire que les personnages féminins m'ont souvent énervée (cette Solange, quelle tarte, parfois!), tandis que j'ai été attendrie et même peinée par le destin de Luc, et surtout de Paul. Comme j'aurais voulu le tirer de là!
Bref, une agréable lecture, je trouve son succès d'écrivain mérité.
par kalistina
publié dans :
littérature contemporaine francophone

Dès le début de cette histoire, une menace plane sur Nicolas. Nous le sentons, nous le savons, tout comme il le sait, au fond de lui-même l'a toujours su. Pendant la classe de neige, ses peurs d'enfant vont tourner au cauchemar. Et si nous ignorons d'où va surgir le danger, quelle forme il va prendre, qui va en être l'instrument, nous savons que quelque chose est en marche. Quelque chose de terrible, qui ne s'arrêtera pas. Prix Femina 1995.
Un roman fort, à l'atmosphère pesante, par l'omniprésence des peurs de l'enfant. Tout est vu par ses yeux, et on découvre peu à peu ce qui se trame sans que rien ne soit jamais clairement dit.
par kalistina
publié dans :
littérature contemporaine francophone

A la fin du XIXème siècle, au Japon, le jeune Yuko s'adonne à l'art difficile du haïku. Afin de parfaire sa maîtrise, il décide de se rendre dans le sud du pays, auprès d'un mainte avec lequel il se lie d'emblée, sans qu'on sache lequel des deux apporte le plus à l'autre. Dans cette relation faite de respect, de silence et de signes, l'image obsédante d'une femme disparue dans les neiges réunira les deux hommes.
Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l'amour ont la fulgurance du haïku. On y trouve aussi le portrait d'un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s'affronte aux forces de la vie.
C'est un récit poétique, avec un style léger et une histoire qui touche au vrai. Ca m'a fait penser à "soie" d'alessandro barrico, mais en mieux. Celui-ci m'a davantage touchée.
par kalistina
publié dans :
littérature contemporaine francophone



