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Dimanche 6 avril 2008


Un jeune Américain, employé par une compagnie de navigation, loue une chambre dans une famille japonaise. Rien de plus simple.

Mais cette histoire se passe à Hiroshima. Et, peu à peu, malgré la pudeur, la fierté et le stoïcisme de ses hôtes, Sam découvrira un à un les secrets des survivants de la bombe : les souvenirs affreux d'une nuit unique dans l'histoire de l'humanité et la peur de l'avenir. Enfin, tout parle de la mort atomique jusqu'aux fleurs blanches qui, pour honorer les disparus, descendent le cours du fleuve. Plus jamais Hiroshima.

Ce livre obtint en 1961 le prix Albert Schweitzer.

 
Les fleurs d’Hiroshima raconte le douloureux quotidien d’une famille japonaise après la catastrophe nucléaire. Survivants de la bombe, les héros ressentent chaque jour qui passe le souvenir du drame, parfois bien malgré eux.

Sam, jeune américain un peu naïf, n’imagine même pas les conséquences qu’a pu avoir la bombe ; il sent bien qu’il fait parfois des faux-pas, mais il lui faudra du temps pour enfin comprendre. C’est la rencontre de deux cultures, de deux personnes et de deux expériences de vie.

Tout est dit à la fois simplement et avec finesse ; il n’y a pas de gros épisodes larmoyants avec révélations fracassantes, et pourtant, petit à petit, les choses nous sont dévoilées, de façon bien émouvante. Ce petit roman de 180 pages à peine se lit d’une traite et en vaut la peine ! Je l’avais découvert grâce à un forum de lecture et ne regrette pas.

Lundi 17 mars 2008
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3 nouvelles se succèdent dans ce petit recueil.

 
Le visiteur

Le héros, un jeune homme d’environ 25/30 ans, passe ses vacances, comme chaque été, sur une île française (précision ne nous est pas donnée ; île de Ré, peut-être ?). Il emmène au restaurant un couple d’amis de sa mère, les Buissonnet ; c’est la sortie rituelle. A la table d’à côté, son regard est happé par une jeune américaine, belle, au regard triste et perdu, et plutôt mal accompagnée…

Cette nouvelle suit son cours discrètement, l’air de rien, et, sans apporter d’invraisemblables révélations, donne au lecteur quelques petits rebondissements qui font son charme. Elle n’est pas mémorable, mais se lit avec plaisir.

 
Contre toute probabilité

Mrs Kincaid, la cinquantaine avancée, passe son temps à changer de lieu d’habitation. Quelques semaines, voire quelques mois dans une ville, et hop, c’est déjà le déménagement. Dans son nouveau point de chute, elle rencontre Mr Blakely, un homme de son âge, qui attend que la vie passe…

On ne comprend le réel sens de l’histoire qu’au fur et à mesure de l’intrigue, et c’est vraiment une superbe nouvelle ! Tout est bien pensé, bien tourné, et la fin m’a conquise. Ma préférée du recueil !

 
Le jeu du téléphone

Deux jeunes gens vont se marier ; elle est allemande, il est anglais. La distance géographique qui sépare leurs deux familles font qu’ils participent à la même fête la veille du grand jour, avec les amis des deux promis et donc des deux pays réunis. Les anglais proposent alors de faire un petit « jeu du téléphone »… l’incompréhension s’installe.

Dans cette nouvelle, c’est le doute, l’hésitation, l’incompréhension qui prennent place, insidieusement. Est-ce une simple affaire d’humour qui diffère ou le malaise est-il plus profond ? C’est habilement mené, mais ça m’a justement mise assez mal à l’aise…

 
La 4e de couverture cite un extrait d’article paru dans le Times, dans lequel le journaliste qualifie William Trevor de « plus grand auteur vivant de nouvelles de langue anglaise ». Je n’ai pas matière à comparer, mais ce recueil m’a séduite, en particulier grâce à la 2e nouvelle, et ça m’a bien donné envie de lire un de ses romans, comme En lisant Tourgueniev.

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Mercredi 12 mars 2008
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Habitants d'une petite ville du fin fond des États-Unis, les personnages du Cœur est un chasseur solitaire se sentent profondément seuls, abandonnés avec leurs révoltes. Subsistent cependant certains rêves.

Pour Mick l'adolescente complexée, celui d'apprendre à jouer du violon qu'elle s'est confectionné, et qu'elle cache sous son lit. Biff lui, observe ses clients pour échapper à sa vie de couple bien terne. Jake rêve d'un monde plus juste. Le docteur Copeland essaie pour sa part d'œuvrer concrètement à la réalisation de ce monde car sa couleur de peau l'expose à des brimades quotidiennes.

Leur rencontre avec John Singer, sourd-muet dont le calme et la courtoisie inspirent confiance, leur permet d'entrevoir la possibilité d'être compris. 

Les personnages de ce roman sont multiples et tous d’importance ; au lieu d’être déroutant, ça donne une histoire complexe, dense, qui n’en est que plus passionnante, je trouve !

Tous sont différents, ayant pour point commun d’habiter dans la même petite ville américaine et de tous se côtoyer à un moment ou à un autre. Ils partagent aussi une certaine solitude, qui, inconsciemment, les pousse à entrer en contact avec d’autres, et à mener des réflexions dont nous, lecteurs, nous délectons.

Mick, la jeune fille, est mal dans sa peau ; Jake, qui va de ville en ville, veut à tout prix refaire ce monde qu’il trouve injuste, surtout s’il a un coup dans le nez ; Biff, le tenancier du bar, ne s’entend plus avec sa femme ; Copeland, brillant médecin, souffre au quotidien du mépris des Blancs à son égard et de l’échec social de ses enfants qui rejettent la sphère intellectuelle dans laquelle il se complait ; et surtout, John, John Singer, le sourd-muet… que chacun tire à soi, sous prétexte qu’il est une oreille compréhensive… John est de loin mon personnage préféré ; le quitter m’a vraiment déchiré le cœur, je me suis profondément attachée à ce petit homme généreux et toujours si solitaire.

Vous ne trouverez dans ce roman ni histoire d’amour, ni intrigue policière, ni aventures palpitantes ou que sais-je encore, mais vous vivrez un très beau moment de lecture. En tout cas, je vous le souhaite, c’est ce que j’ai ressenti !

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de Pierre Magnan

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