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Dimanche 22 octobre 2006


Dans un restaurant de Tel Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. À l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds: il s'agit de sa propre femme. Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

 Le terrorisme, voilà un sujet qui n’en finit pas d’être actuel : rien que pour ça, « l’attentat » est un livre à lire. En plus de ça, le point de vue adopté par l’auteur est pour le moins original, puisqu’il choisit pour narrateur le mari d’une kamikaze. Ce pauvre homme tombe vraiment des nues lorsqu’il découvre que sa femme est à l’origine de l’attentat : comment a-t-il pu ne pas s’en rendre compte ?

Il me semble que Yasmina Khadra adopte un ton très juste (même si je n’y connais rien). Amine (le fameux mari) est perdu, il n’en fait pas un type assoiffé de vengeance, ni un dépressif, ce qu’il fait après le drame n’a pas de but précis. Nous suivons ses réactions qui se succèdent sans se ressembler.

Il n’y a pas non plus de parti pris, rien n’est manichéen. Ca sonne très juste et ça fait peur. Je pense dans tous les cas que c’est un livre à lire, d’autant plus que l’auteur a une belle plume.

Vendredi 20 octobre 2006


Tome 4 des aventures d’Amelia Peabody.
La passion de l'Égypte a encore frappé pour Amelia Peabody et son époux Emerson qui entreprennent une nouvelle campagne de fouilles, accompagnés de Ramsès, leur fils indomptable. L'obsession du passé ne les autorisera toutefois pas à faire abstraction des événements du présent, surtout lorsqu'ils sont suscités par leur ennemi juré, le maître du crime et des déguisements, le pilleur de sites antiques, Sethos.

 Je trouve ce quatrième tome très réussi, j’ai eu du mal à m’en détacher. Le style si drôle de l’auteur est toujours vif. L’on se dit au cours de la lecture, rah là là c’est facile, je sais déjà comment ça va se finir… C’est vrai dans une certaine mesure, mais ce qui constitue réellement la fin, je ne l’avais pas du tout imaginé !! Peut-être n’est-ce pas très clair ? Dans ce cas, à vous de vous lancer dans cette agréable série :)

Mercredi 18 octobre 2006


"Tu vas commencer le nouveau roman d'Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur. Détends-toi. Concentre-toi. Ecarte de toi toute autre pensée. Laisse le monde qui t'entoure s'estomper dans le vague. La porte, il vaut mieux la fermer ; de l'autre côté, la télévision est toujours allumée. Dis-le tout de suite aux autres : "Non, je ne veux pas regarder la télévision !" Parle plus fort s'ils ne t'entendent pas : "Je lis ! Je ne veux pas être dérangé." Avec tout ce chahut, ils ne t'ont peut-être pas entendu : dis-le plus fort, crie : "Je commence le nouveau roman d'Italo Calvino !" Ou, si tu préfères, ne dis rien ; espérons qu'ils te laisseront en paix."

En ouvrant ce livre, j’était pleine d’espoirs et d’attentes, et le début m’a comblée : vous pouvez en lire une partie juste au-dessus. J’adore les livres qui s’adressent aux lecteurs et celui-ci ne cesse de nous interpeller.

Le livre est ensuite construit de la façon suivante : un lecteur (auquel on s’adresse mais qui pourtant n’est pas vous) commence ce nouveau livre d’Italo Calvino, puis il se rend compte qu’il n’en a que le début, la suite appartient à un autre roman. Il se débrouille pour trouver quel est ce nouveau roman qui apparaît, mais là, re-frustration, un autre encore prend sa place au bout de quelques pages. Etc., etc. : tout le livre est fait d’une alternance entre chapitres consacrés à ce lecteur auquel l’auteur dit « tu » (« tu vas commencer le nouveau roman d’Italo Calvino ») et de chapitres qui sont autant de débuts de romans différents.

Au départ, je me suis prise au jeu, je trouvais l’idée excellente, puis je me suis lassée. Un lecteur des amazones qualifiait « si par une nuit d’hiver un voyageur » de brillant exercice de style, je suis tout à fait d’accord, c’est exactement ça. Simplement, au bout d’un moment, le style ne me suffit plus, je suis de ces lecteurs qui ont soif d’histoires (il y en a, me direz-vous, mais un peu trop, et dans tous les sens). Quitte à rester dans le genre Oulipo, je prends « les fleurs bleues » de Queneau et je le relis encore et encore, chose que je n’imagine pas à l’heure qu’il est avec ce bouquin de Calvino.

« Si par une nuit d’hiver un voyageur » et moi n’avons pas dû nous rencontrer au bon moment. Je reviendrai vers lui plus tard, dans quelques mois ou quelques années, et peut-être nous plairons-nous davantage.

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