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Mercredi 23 janvier 2008
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Jubilant dans le baroque aux confins de l'érotisme, du fantastique et de la mort, Les Métamorphoses d'Apulée (IIe siècle), seul roman latin dont nous possédions le texte intégral, racontent à la première personne les tribulations d'un nef trop curieux qu'une opération de sorcellerie ratée a transformé en âne mais qui n'en pense pas moins, et tissent dans tous les styles la trame parodique d'une comédie humaine dont le dénouement est procuré par l'intervention d'Isis-Reine, Déesse Éminentissime.

" Ce livre est un chef-d'œuvre. II me donne à moi des vertiges et des éblouissements; la nature pour elle-même, le paysage, le côté purement pittoresque des choses sont traités là à la moderne et avec un souffle antique et chrétien tout ensemble qui passe au milieu. Ça sent l'encens et l'urine, la bestialité s'y marie au mysticisme, nous sommes bien loin encore de ça nous autres comme faisandage moral. » (Gustave Flaubert, 1852).
 
J’ai beaucoup aimé lire les aventures de Lucius, personnification du dicton « la curiosité est un vilain défaut ». Il est bien sympathique, mais pas très malin. Il ne pense qu’à deux choses : la bagatelle et la magie, qui le fascine. Ca le mènera rapidement à sa perte, et il se retrouvera, par mégarde, transformé en âne.

A partir du moment de sa métamorphose, il va bien sûr être victime de nombreux coups du sort, maltraité, échappant à la mort à plusieurs reprises… Ca devrait être dramatique, mais il est trop bêta pour qu’on puisse s’empêcher de rire de lui.

Les passages grivois ou ésotériques ne sont pas toujours passionnants au premier abord, mais c’est cette multiplication des genres qui rend le roman intéressant. On a de tous les genres, tous les registres…

Je vais sûrement en faire bondir certains, mais on dirait du Pratchett latin, dans le sens où c’est une grosse farce qui tourne en dérision le style d’écriture et la pensée de l’époque. Ca n’est pas si délirant que ça dans l’absolu, loin de là, mais c’est la première fois que je lis quelque chose de comique pour des cours de latin.

Sachez tout de même qu’à traduire, c’est beaucoup moins drôle… Apulée écrit au 2e siècle après J.C. et les latinistes comprendront mon désarroi face à ce mélange permanent de latin classique et de bas latin… Et je peux même vous prédire un truc : à commenter à l’oral, ça risque d’être une franche rigolade pour l’examinateur et un grand moment de solitude pour moi :-/

Je vous le conseille donc, déjà pour le plaisir parce que c’est bien plaisant, et aussi pour connaître ce qui semble avoir inspiré pas mal d’auteurs et qui a fait rire des générations de soldats romains (ben oui, vu le nombre de romans sur le marché à l’époque, c’était pas si dur de faire un best-seller).

J'émets tout de même un petit bémol au sujet de l'édition chez Folio classique, qui aurait tout de même pu choisir un autre passage pour la 4e de couverture : c'est du genre salace et ça m'a valu quelques coups d'oeil choqués des voyageurs assis autour de moi dans le train. Heureusement que je prenais des notes, genre, attention, c'est du sérieux même si ça n'en a pas l'air!

Lundi 14 janvier 2008
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Pandora et Aurélia sont de chair et de sang, de lumière et d'horizons : la première évoque un monde de théâtre, la seconde nous plonge dans une quête au-delà de la vie, à la recherche d'une figure mystique et salvatrice. Plus qu'un voyage, c'est une véritable odyssée !

Voyant parmi les visions fugaces de femmes disparues, d'ancêtres regrettés, de paysages merveilleux et inconnus, Gérard de Nerval nous entraîne dans les méandres de son âme et de sa folie.

A travers son regard, nous vivons ses hallucinations, nous partageons ses mystères. Lire Gérard de Nerval, c'est voguer vers l'inconnu. Après, rien n'est plus comme avant. Vous pensiez être dans le réel ? Erreur, le réel n'est que la fusion du rêve et de la vie !

 

Difficile de présenter clairement et sobrement un texte qui ne l’est pas… Aurélia (puisque c’est ce texte que j’ai lu), c’est l’expression par Gérard de Nerval de son expérience.
 

Esotérisme ? Folie ? Créativité proche du divin ? Lui, en tout cas, semblait se poser la question. Il met ses rêves en mots, sans fard ; il met à nu ce que beaucoup prenaient pour des crises de démence. Lui nous parle plutôt de plongées dans un autre univers, celui que le rêve crée en hissant un pont entre la vie réelle, et l’autre (celle de la mort ? celle des fantasmes ? celle du supernaturel ?).

 

Qu’il soit fou ou créateur génial, celui qui inspira le surréalisme semble se plaindre de ce que la mise en mots altère nécessairement l’infini du monde « autre » qu’il découvre dans ses rêves. Pourtant, il semble maître de ce langage, et truffe son récit de références culturelles (qui m’ont certainement échappé pour la plupart).

 

C’est une lecture complexe, vers laquelle je ne me serais pas tournée sans la prescription universitaire, mais que je ne regrette pas d’avoir faite. Je n’avais jamais lu quoi que ce soit de ce genre et ça ouvre des tas de perspectives livresques (peut-être vais-je enfin lire le Breton qui est dans ma PAL depuis des lustres !).

Samedi 5 janvier 2008
J'aime beaucoup le principe des challenges littéraires, mais je dois confesser que j'ai lâchement abandonné mon ABC 2007 en cours de route. Je n'aurai donc pas la folie de me lancer dans un ABC 2008, trop contraignant.
J'ai découvert chez Grominou le défi "le nom de la rose", qui engage chaque participant à lire six livres, ce qui me semble plus dans mes cordes du moment.
Je me lance donc!
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Il faut lire :

* un livre avec un couleur dans le titre.
Je choisis Mon nom est Rouge d'Orhan Pamuk, parce que j'aime les grandes fresques historiques et que je me souviens de la belle critique du Bibliomane à ce sujet.

* un livre avec un nom d'animal dans le titre. 
J'hésite encore entre Les mouches de Jean-Paul Sartre, Le secret des abeilles de Sue-Monk Kidd ou encore Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estes... Les trois sont dans ma PAL mais, là comme ça, aucun ne m'attire franchement.
Edit du 21 janvier : vous m'avez convaincue, ça sera Sartre!

* un livre avec un prénom dans le titre.
Je choisis Long John Silver de Björn Larsson, qu'Arlette m'a gentiment offert pour le swap Scandinavie.

* un livre avec un nom de lieu dans le titre.
Je choisis La chartreuse de Parme de Stendhal, pour moi aussi faire enfin partie des Happy Few!

* un livre avec un phénomène météorologique dans le titre.
Ca sera Les sept couleurs du vent de Bernard Tirtiaux, qui est dans ma PAL depuis une éternité alors que je suis certaine que je vais me régaler.

* un livre avec un nom de plante dans le titre.
Je dis Les fleurs d'Hiroshima d'Edita Morris.

J'ajouterai peut-être d'autres catégories, je suis sûre qu'on peut faire plein de choses intéressantes avec ce principe de "quelque chose dans le titre".
par kalistina publié dans : challenges

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