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Au plaisir de vous lire :)
Trois fois les Parques ont parlé : Finstern, Roi de la Cour de Dorcha, doit mourir.
Seule la belle Angharad peut contrecarrer la mort de Finstern, ou la précipiter. Elle ignore son propre destin, et le prix à payer pour accomplir sa mission... Dans la funeste partie d'échecs qui
s'engage entre les Cours d'Ombre et de Lumière, la Reine Blanche devra trouver sa voie.
Je crois bien que je n’avais encore jamais lu un livre comme ça. Quelle écriture !!
J’ai lu, je ne sais plus où, une comparaison entre ce roman et une chanson de geste, et j’ai trouvé ça assez pertinent. Ce roman semble en tout cas sortir d’un autre âge, à mi-chemin entre l’épopée et le mythe cosmogonique.
On est immédiatement plongé dans un autre univers, peuplé de créatures féeriques, avec d’autres coutumes, d’autres règles. Je ne m’y connais absolument pas en folklore celtique (d’ailleurs si quelqu’un a une lecture à conseiller ?), mais j’ai tout de même eu la sensation que l’auteur a fait un travail conséquent pour se documenter et pour inscrire son roman dans la lignée des grands récits traditionnels des cultures celtes (ou gaéliques ?).
Même sans rien connaître à cet univers, on ne peut que percevoir, sentir presque au sens physique du terme, cette plongée dans un autre monde, grâce à cette écriture qui semble elle-même sortie du royaume des fées. Je n’avais jamais lu un tel style, c’est un travail d’écriture remarquable.
Mon premier petit bémol serait justement que, le changement étant d’une telle ampleur, le style tellement percutant, que j’ai dû lire ce livre en ayant une attention perpétuellement soutenue. Mon second rejoindrait la critique de Chimère qui regrettait la déshumanisation des personnages et donc la non-empathie que l’on peut ressentir à leur égard.
Mais bon, hein, c’est juste pour chipoter, parce que c’est quand même un roman comme on en lit peu et qui vaut un sacré détour. Merci Celsmoon pour ce cadeau (swap SFFF) !
Ce jour d'avril 1998, un homme s'apprête à prendre le train pour rentrer chez lui, à Tôkyô. Il s'appelle Hiroshi. C'est un cadre d'entreprise comme le Japon en produit des milliers. La bouche légèrement pâteuse et la tête lourde – il a encore trop bu la veille lors d'un repas d'affaires –, cet homme de 48 ans a rendez-vous avec son destin.
Car le train qu'il prend n'est pas le bon : sans l'avoir fait exprès, il se retrouve à bord d'un express qui se dirige tout droit vers sa ville natale. À l'arrivée, avant de repartir à destination de Tôkyô, Hiroshi décide de faire un tour dans les rues où il a grandi, devenues méconnaissables. Dans le petit cimetière où est enterrée sa mère, il s'assoupit quelques minutes.
Mais à son réveil, il constate avec une surprise mêlée d'effroi qu'il vient d'effectuer un bond dans le passé. Il se trouve en effet projeté à l'époque de son adolescence, et doit désormais
vivre dans l'enveloppe corporelle qui était la sienne à l'âge de 14 ans. ! Mais ses souvenirs, sa mémoire et ses capacités intellectuelles sont restés ceux d'un homme de 48 ans...
J’aime beaucoup ce type d’histoire, avec retour dans le temps ; j’ai donc avant tout été séduite par le scénario. C’est vraiment très bien écrit, l’histoire est fluide et je n’ai pas pu lâcher la BD avant la fin.
C’est une histoire avec un certain suspense (comment Hiroshi va-t-il s’en sortir, va-t-il retrouver son corps et son époque ?), mais aussi et surtout une histoire s’intéressant à la psychologie des personnages. Notre point de vue évolue en même temps que celui d’Hiroshi, qui voit d’un autre œil les réactions de ses parents, qui s’interroge sur les valeurs qu’il donne à sa vie. S’épanouit-on davantage en tant que cadre que lorsqu’on a 14 ans et plein d’insouciance ? Tout va-t-il réellement pour le mieux dans sa famille de 1998 ? Dans quelle mesure, et de quel droit, peut-il influer sur le cours des choses, lui qui connaît déjà l’avenir ?
J’étais en revanche moins accrochée par le dessin, au départ. Je le trouvais trop lisse, trop carré, trop académique. Finalement, c’est un style qui colle avec celui de l’histoire et les deux créent une BD originale et attachante, qui donne envie de découvrir le reste de l’œuvre de Taniguchi.
Le jour de Noël 1860, devant la cathédrale de Beaumont enneigée, Angélique, une enfant trouvée et martyrisée, cheveux blonds et regard couleur de violette, est recueillie par Hubertine et son mari Hubert. Ils élèvent la sauvageonne qui apprend la broderie et se met à lire avec passion La Légende dorée de Jacques de Voragine. Une vie de travail et de piété, illuminée bientôt par l'idylle qui se noue entre Angélique et Félicien.
Voilà un tome des Rougon Macquart bien particulier…
On peut faire deux lectures de ce court roman (à peine 200 pages).
La première consiste à voir dans cette histoire une sorte de « feux de l’amour » sauce 1880. Elle est pauvre, orpheline, recueillie par un couple de gentils chasubliers, pieux et stériles, et elle grandit dans la pureté de la foi ; elle rencontre, à 16 ans, un magnifique prince charmant, beau comme un dieu (c’est le cas de le dire), dont elle va découvrir la véritable identité, puis ils devront dépasser tous les obstacles de leur chemin grâce à la force de leur amûûûr. Un vrai conte de fées, plein de beaux sentiments tout blancs, à mettre entre les mains de toutes les prudes jeunes filles.
A première vue, on est bien loin des alcooliques à tendance meurtrière qui peuplent les autres romans de Zola ; le côté bluette du Rêve a d’ailleurs valu à l’auteur un certain nombre de railleries à l’époque de sa sortie (citons par exemple ce vilain Anatole France, disant dans un article de presse, « s’il fallait absolument choisir, à M. Zola ailé, je préfèrerais encore M. Zola à quatre pattes »).
Cependant, à y regarder de plus près, Le Rêve a lui aussi son côté sombre, qui lui donne toute sa place dans la saga de ces timbrés de Rougon. Angélique, l’héroïne, est très pieuse ; certes, mais grâce à quoi ? Grâce à la lecture quotidienne de La Légende dorée, un livre du Moyen-Age qui raconte la vie des saints, mais surtout toutes les atrocités qu’ils doivent subir pour le devenir. C’est raconté avec moult détails bien dégoûtants et Angélique s’en repaît…
Et puis bon, elle est pure, d’accord, mais elle fait quand même des rêves du genre freudiens avant l’heure, et à plusieurs reprises, elle allume franchement son pauvre fiancé qui ne sait comment réagir (inconsciemment toujours, m’enfin…).
Bref, on est à tout moment dans le doute, on se demande sans cesse comment comprendre la mystérieuse Angélique. C’est un Zola très original, que j’ai finalement beaucoup aimé.





