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Seule dans sa maison battue par les vents d'hiver, une vieille femme qui n'a plus que quelques mois à vivre écrit à sa petite fille. Avant de disparaître, elle souhaite resserrer les liens
distendus par les aléas de l'existence.
Pour cela, elle n'a que des mots. Des mots d'amour, ou des mots qui l'entraînent à évoquer sa propre vie. Elle raconte sans pudeur ni complaisance son enfance solitaire, son mariage de raison, la mort tragique de sa fille et parle pour la première fois du seul homme qu'elle ait aimé.
La narratrice écrit à sa petite-fille, tout simplement, en lui « ouvrant son cœur » (je sais ça fait cucul la praline, de sortir une expression pareille, mais c’est pourtant l’image qui me vient).
Elle revoit sa vie, revit ses moments forts en lui parlant sans détours des obstacles qu’elle a rencontrés, des amours qu’elle a vécu…
C’est simple et beau, c’est touchant. Une histoire pareille, ça rassemblait tous les éléments nécessaires pour créer un truc mièvre comme on en croise tant (je ne fâcherai personne donc je ne cite aucun auteur, mais je n’en pense pas moins…), ou alors un baratin pseudo-philosophique (idem…).
Eh bien pas du tout, j’ai trouvé que le ton était très juste, des vérités sages sans être mielleuses ni péremptoires, une histoire belle et agréable à lire.
Merci à tous ceux qui me l’ont conseillé !

Salvatore Roncone, vieux paysan calabrais attaché à sa terre et à ses traditions, doit se rendre à l'évidence. Pour combattre cette bête qu'il nomme la "Rusca" et que les médecins appellent le cancer, qui lui dévore peu à peu le ventre et le tue, il doit quitter son village natal et partir en convalescence chez son fils à Milan.
Milan que le Calabrais déteste, Milan et sa fureur, sa solitude, sa laideur aussi et sa vie sans goûts ni odeurs. Milan et son fils, qu'il croit ne plus connaître et sa belle-fille qui ne vient pas du même monde. Milan ou l'enfer.
Cet enfer qui va pourtant lui offrir son dernier amour - un amour franc et total, plus fort que tout - en la personne de son petit-fils Bruno qu'il ne connaît pas...
Salvatore est un vieux rustre macho, mais pourtant il est touchant. Pour la première fois de sa vie, il se laisse aller à la tendresse, à vouloir protéger quelqu’un… celui qui réussit à le faire tant changer, c’est son petit-fils, un petit bonhomme de treize mois.
Les personnages sont caricaturaux ; Salvatore, c’est le vieil italien sexiste, pétri d’un certain code de l’honneur, avec ses valeurs genre « dures mais vraies », si vous voyez… Sa belle-fille Andrea, c’est la jeune femme citadine, la business woman rongée d’ambition qui ne supporte évidemment pas son beau-père. Enfin bref, tous les personnages sont un peu excessifs.
En plus, il y a plein de bons sentiments, avec des gens qui s’aiment mais qui ne savent pas comment se le montrer, un homme qui reste fort face à la maladie, tout ça tout ça.
Je ne sais pas si ça se devine au vu de ce que je viens d’écrire, mais j’ai adoré :-D J’ai marché à fond dans le jeu de l’auteur, je me suis attachée à certains personnages, j’en ai cordialement détesté certains autres… Je l’ai dévoré jusqu’à la dernière page.
Ces deux bouquins n’ont rien à voir, mais, à certains moments de la lecture de celui-ci, j’ai pensé à « pour qui sonne le glas » d’Hemingway. J’ai de drôles d’associations d’idées, parfois.

Comment et pourquoi Benjamin Sachs, jeune écrivain talentueux des années Reagan, est-il devenu le poseur de bombes qui plastique l'une après l'autre les multiples statues de la Liberté ornant les villes américaines ?
C'est à cette question que cherche à répondre son ami Peter Aaron dans ce récit traité à la manière d'une biographie, réponse anticipée aux enquêteurs du FBI, à la légende médiatique qui s'est déjà emparée de Sachs.
Avec tout l’engouement qu’il y a autour de lui dans la blogosphère, en ce moment, il fallait que je lise mon premier Paul Auster. Ce fut « Léviathan », pour la simple raison qu’il était déjà dans ma PAL.
Tout est très fluctuant dans ce livre.
D’abord, le rythme : les quelques premières pages ne me plaisaient pas, et puis dès que Benjamin Sachs entre en scène, j’ai commencé à bien accrocher. Toute la première partie est vraiment intéressante.
Puis vient un looong bout où ça se traîne, c’est longuet, on compte les pages… Jusqu’au chapitre où a lieu l’accident dans la campagne (je n’en dis pas plus pour éviter les spoilers) où l’intérêt revient de plus belle.
Ensuite, les personnages. Aucun n’est noir ou blanc, on se prend à s’attacher à eux, à les comprendre, et puis trois pages plus loin on est effaré par leur côté timbré ou dépressif.
Il y a un mal-être ambiant dans toute l’histoire. Les personnages se cherchent, ils sont quasiment tous torturés, comme l’Amérique…
Il n’y a pas beaucoup d’espoir, dans ce roman. Si tous ceux d’Auster sont comme ça, ça me fait un peu peur ! Cela dit, je l’ai trouvé très bien écrit.
Rien à voir, mais… C’est moi ou Paul Auster a un petit air de Jean Marais ?



