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Au plaisir de vous lire :)

Manhattan, Thanksgiving 1945. Artistes, écrivains, musiciens... tout Greenwich Village se presse à la fête organisée par Eric Smythe, dandy et dramaturge engagé.
Ce soir-là, sa soeur Sara, fraîchement débarquée à New York, croise le regard de Jack Malone, journaliste de l'armée américaine. Amour d'une nuit, passion d'une vie, l'histoire de Sara et Jack va bouleverser plusieurs générations.
Un demi-siècle plus tard, à l'enterrement de sa mère, Kate Malone remarque une vieille dame qui ne la quitte pas des yeux. Coups de téléphone, lettres incessantes... Commence alors un harcèlement de tous les instants. Jusqu'au jour où Kate reçoit un album de photos... La jeune femme prend peur : qui est cette inconnue? Que lui veut-elle ?
770 pages et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde avec ce roman ! J’ai été captivée de bout en bout, j’étais vraiment plongée dans le roman sans plus rien autour de moi. J’adore quand un livre réussit à m’accaparer comme ça. Douglas Kennedy a un style peut-être un peu facile, mais il sait conter une histoire.
J’ai beaucoup aimé le personnage de Sara et son amour pour Jack. Leurs sentiments l’un pour l’autre sont très bien décrits et l’on perçoit leur intensité.
On suit l’histoire de cette femme mais aussi celle de son pays, notamment les années sombres du maccarthysme. Cette Amérique puritaine est détestable. Elle nous fait nous poser pas mal de questions, aussi… Qu’aurions-nous fait, à la place de telle ou telle personne ? Aurions-nous défendu notre honneur ou nos intérêts ? Les autres ou nous-mêmes ?
Aurions-nous fait les mêmes choix que Sara ? Si seulement elle était née dans un autre milieu, à une autre époque… sa vie aurait été tellement différente !
J’ai lu des critiques très discordantes sur Douglas Kennedy, qui a l’air d’être lui-même bien inégal d’un roman à l’autre. Ce qui est sûr, c’est que j’ai beaucoup apprécié sa poursuite du bonheur.

Isaku n'a que neuf ans lorsque son père part se louer dans un bourg lointain.
Devenu chef de famille, le jeune garçon participe alors à l'étrange coutume qui permet à ce petit village isolé entre mer et montagne de survivre à la famine : les nuits de tempête, les habitants allument de grands feux sur la plage, attendant que des navires en difficulté, trompés par la lumière fallacieuse, viennent s'éventrer sur les récifs, offrant à la communauté leurs précieuses cargaisons.
Sombre et cruel, ce conte philosophique épouse avec mélancolie le rythme, les odeurs et les couleurs des saisons au fil desquelles Isaku découvre le destin violent échu à ses semblables dans cette contrée reculée d'un lapon primitif.
Un « conte sombre et cruel », je trouve que l’image présentée sur la 4e de couverture est assez bien trouvée.
Isaku n’a vraiment pas la vie facile. A neuf ans, il trime comme les adultes, ne mange quasiment rien, se fait sans cesse rabrouer par sa mère et vit au sein d’une communauté qui vit perdue et sans ressources.
Il accepte toutes ces privations sans les remettre en question, sans jamais se rebeller. Il ne se pose pas vraiment de questions de conscience vis-à-vis des naufrages organisés, grâce auxquels les villageois survivent. Et le pire, c’est que nous non plus !! Tout est présenté de telle façon qu’on n’est qu’à peine choqué par ce que ces gens sont conduits à faire. Tout est simple, évident, sans détour.
Yoshimura crée un univers très particulier et vraiment prenant. D’une certaine manière, ce roman m’a fait penser à « Ouest » de François Vallejo, j’y ai retrouvé la même atmosphère simple mais dure et surtout inévitable.
C’est un petit bouquin qui n’a l’air de rien, mais qui, sans faire de bruit, vous laisse des traces.

Seule dans sa maison battue par les vents d'hiver, une vieille femme qui n'a plus que quelques mois à vivre écrit à sa petite fille. Avant de disparaître, elle souhaite resserrer les liens
distendus par les aléas de l'existence.
Pour cela, elle n'a que des mots. Des mots d'amour, ou des mots qui l'entraînent à évoquer sa propre vie. Elle raconte sans pudeur ni complaisance son enfance solitaire, son mariage de raison, la mort tragique de sa fille et parle pour la première fois du seul homme qu'elle ait aimé.
La narratrice écrit à sa petite-fille, tout simplement, en lui « ouvrant son cœur » (je sais ça fait cucul la praline, de sortir une expression pareille, mais c’est pourtant l’image qui me vient).
Elle revoit sa vie, revit ses moments forts en lui parlant sans détours des obstacles qu’elle a rencontrés, des amours qu’elle a vécu…
C’est simple et beau, c’est touchant. Une histoire pareille, ça rassemblait tous les éléments nécessaires pour créer un truc mièvre comme on en croise tant (je ne fâcherai personne donc je ne cite aucun auteur, mais je n’en pense pas moins…), ou alors un baratin pseudo-philosophique (idem…).
Eh bien pas du tout, j’ai trouvé que le ton était très juste, des vérités sages sans être mielleuses ni péremptoires, une histoire belle et agréable à lire.
Merci à tous ceux qui me l’ont conseillé !




