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Bonjour et bienvenue sur mon blog!
Vous y trouverez les notes de mes lectures ; vos avis sont les bienvenus.
Pour me contacter : lecturesdekali@gmail.com.
Au plaisir de vous lire :)
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Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.
Que ceux qui se demandaient si J.K. Rowling pouvait écrire autre chose que Harry Potter soient rassurés : on en est loin, mais alors très très loin.
Quand des élèves de 5e sont venus me demander pourquoi je ne l'avais pas encore acheté, je leur ai expliqué que ce roman était clairement destiné à un public adulte et qu'ils seraient bien désarçonnés avec celui-ci...
D'ailleurs moi aussi j'ai été désarçonnée. Je n'avais volontairement pas lu la 4e de couverture ni les avis des uns et des autres avant d'ouvrir moi-même le roman. C'est donc avec un grand étonnement que j'ai lu les premiers chapitres, le temps de m'y faire : c'est pas gai, dis donc!
Mais ça donne le ton. Car ce roman dépeint une réalité crue, sans fard, et terriblement vraisemblable. La mort d'un seul homme semble jouer le rôle de déclencheur. Suite à ce décès, toute la petite ville de Pagford va se révéler au grand jour. Les magouilles, l'hypocrisie, les rancoeurs, les jalousies, les amours déçues, l'alcoolisme, la misère sociale, tout y est. Je ne suis jamais allée dans une petite bourgade anglaise suffisamment longtemps pour m'en faire une idée juste, mais c'est tout à fait comme ça que je me figure certains endroits, et je dirais même que tous ces vices cachés sont universels, que l'histoire aurait tout aussi bien pu se passer au fin fond de la Chine au 17e siècle sans perdre de sa cruelle justesse.
Contrairement à la plupart des lecteurs, j'ai mis du temps à accrocher au roman. Les premiers chapitres me semblaient longuets, je lisais sans réellement m'intéresser...
Et puis j'ai fini par accrocher, par m'attacher à certains des personnages (une infime partie d'entre eux puisqu'on a quand même à faire à une belle brochette de gougnafiers!). Mais leur souffrance était si tangible... que finalement, moi aussi, j'ai versé ma larme.
J.K.Rowling prouve avec ce roman qu'elle est un grand écrivain, tout à fait capable de varier ses registres. Même si j'ai beaucoup moins aimé ce roman que la saga des Harry Potter, je lirai avec plaisir et intérêt ses prochains
romans.
Merci aux éditions Grasset et à Price Minister. Puisqu'il s'agit du match de la rentrée littéraire, je mets exceptionnellement une note : un 15/20 pour moi.
Les billets de Belledenuit, Elfique, Hydromielle, l'Irregulière, Noukette, Stephie...
Neuchâtel, Suisse, 1535. Voilà un peu moins d'un an qu'Antoine Augereau, imprimeur, a été pendu en place publique à Paris, puis brûlé avec tous ses livres. Claude Garamond, son ancien apprenti, est venu ici chercher des réponses, pour comprendre pourquoi son maître a été accusé, à tort, d'hérésie.
Claude a pris le temps d'écrire ses mémoires, pour raconter qui était maître Augereau, tout ce qu'il a fait pour le monde du livre, tout ce qu'il a transmis à son apprenti et tous les intellectuels qu'il a fréquentés.
On retourne donc en arrière, et c'est avec un tout jeune Claude d'une douzaine d'années qu'on fait la connaissance d'Antoine Augereau, typographe, imprimeur et véritable érudit. En ce début de XVIe siècle, le monde vit une véritable révolution avec la naissance de l'imprimerie, qui entraîne nécessairement une révolution de la pensée. Que peut-on, que doit-on imprimer ? Quel savoir veut-on transmettre ? Veut-on vraiment que tout le monde soit en mesure d'accéder à la connaissance ? Est-ce sacrilège que de vouloir écrire et donc imprimer en français et non plus en latin ? C'est là la question cruciale autour de laquelle les avis divergent.
Roman pour les amoureux d'Histoire et surtout d'histoire du livre, Le Maître de Garamond est un véritable who's who de l'humanisme, où l'on croise tous les intellectuels de l'époque. On rencontre tour à tour François Rabelais, Clément Marot, Erasme, un François Villon à l'âge bien avancé et surtout Marguerite de Navarre, sœur de François 1er et femme de lettres à la remarquable ouverture d'esprit. C'est également un roman qui pose la question de la Réforme, dont la naissance est intimement liée à celle de l'imprimerie. Les querelles de religion (mais ne sont-ce pas souvent, dans ce petit monde du Paris de 1500, surtout des querelles de pouvoir ? ) traduisent tous les bouleversements de cette époque charnière qu'est la Renaissance.
Anne Cuneo explique en marge de son ouvrage pourquoi et comment elle s'est intéressée à ce grand homme de lettres que l'histoire, cette ingrate, a oublié. On a tous entendu le nom de Garamond grâce à la police de caractères qui porte son nom, mais Augereau... ? On voit donc qu'elle a accompli un long et consciencieux travail de documentation, qui lui a permis d'écrire une histoire qui correspond autant que faire se peut aux faits tels qu'ils se sont réellement déroulés. J'apprécie ces précisions, ayant fâcheusement tendance à toujours vouloir démêler le vrai du faux.
Moi qui prends toujours grand plaisir à lire des romans historiques, j'ai été particulièrement touchée par celui-ci. Outre que je l'ai trouvé très bien écrit, je me suis sentie directement concernée par ses problématiques, et ce à double titre : d'une part parce que nous vivons actuellement une révolution similaire avec les débuts de la lecture et de l'écriture numérique, qui elle aussi modifie notre façon de penser, et qui bouleverse totalement les enjeux et les missions des « travailleurs du livre » dont je fais partie ; d'autre part parce que je suis moi-même une descendante de ces Français qui ont adopté la Réforme et ont préféré fuir plutôt que d'abjurer leur foi et donc leur liberté de pensée.
Ne vous fiez pas au titre : ce fameux Ernesto mettra bien du temps à pointer le bout de son nez, et le véritable héros de ce roman, c'est Joseph Kaplan, né à Prague en 1910. Fils de médecin, il suit tout naturellement des études de médecine, mais c'est la recherche qui le passionne. Son père, qui s'inquiète des idées progressistes de son fils, militant socialiste, et surtout des ennuis qu'elles lui causent, accepte donc facilement de l'envoyer se spécialiser à Paris.
Joseph y découvre une nouvelle vie, bercée par son amour du tango qu'il pratique avec assiduité. Mais bientôt la guerre civile éclare en Espagne ; contre toute attente, Joseph ne part pas au front comme ses camarades militants mais préfère accepter un poste à responsabilités à Alger.
On suit ainsi la vie de Joseph, de Prague à Paris en passant par le fin fond de la campagne algérienne, au gré de ses pérégrinations et au fil de l'Histoire. Les guerres successives, les régimes politiques, l'évolution des moeurs influent eux aussi sur la vie des petites gens.
Je ne vous parle que de Joseph parce que c'est lui qu'on suit tout au long du XXe siècle, mais d'autres personnages marquent ce roman et il y aurait beaucoup à dire à leur sujet.
Ce qui me semble-t-il fait la force de ce roman, c'est sa justesse. Joseph mène une vie plutôt mouvementée, probablement plus que le citoyen lambda, mais tout sonne vrai, dans ses questionnements (sauf à certains moments où, justement, on ne sait pas trop ce qu'il pense, alors que justement sa tête est certainement en train de bouillonner...), dans ses relations aux autres, dans les liens que tissent les amis, les membres d'une même famille...
Parallèlement à ce constat, donc, j'ai trouvé que certains passages étaient trop elliptiques, alors même qu'il se passe des événements forts pour lesquels on, lecteur comme personnages du roman, voudrait bien des explications. Peut-être était-ce contourner la difficulté que de nous laisser comme ça parfois en plan, peut-être est-ce aussi une façon de nous rappeler que la vie réelle ne nous apporte pas toujours les réponses à nos questions.
Leiloona voit ce roman comme une variation musicale sur divers thèmes avec le tango comme fil conducteur. Je n'y aurais pas pensé, mais je trouve cette idée tout à fait adéquate. La musique, la danse, Carlos Gardel sont des sortes de leitmotiv dans ce roman aux cadres si variés et si changeants.
J'ajoute que je n'ai pas eu l'occasion de lire Le club des incorrigibles optimistes jusqu'à présent, n'ayant pas cédé aux sirènes de son succès à sa sortie, ni à l'occasion de la sortie poche. Cet autre roman me faisait pourtant déjà de l'oeil ; maintenant que j'ai découvert la belle plume de Jean-Michel Guenassia ainsi que son talent pour raconter une histoire plus que foisonnante, j'ai bien envie d'enfin acheter son premier.
Un roman auquel j'ai trouvé quelques petites longueurs dans le premier tiers, mais qui dans l'ensemble m'a beaucoup séduite et que je vous recommande donc chaudement.
"Nous avons dû prendre l'univers en main, mon frère et moi car un matin un peu avant l'aube papa rendit l'âme sans crier gare. Sa dépouille crispée dans une douleur dont il ne restait plus que l'écorce, ses décrets si subitement sombés en poussière, tout ça gisait dans la chambre de l'étage où papa nous commandait tout, la veille encore. Il nous fallait des ordres pour ne pas nous affaisser en morceaux, mon frère et moi, c'était notre mortier. Sans papa, nous ne savions rien faire. À peine pouvions-nous par nous-même hésiter, exister, avoir peur, souffrir".
On m'avait prévenue que c'était une roman "original"... Volontairement, je n'avais absolument rien lu sur ce livre, pas même la 4e de couverture, rien. En voyant le titre et la couverture, je m'attendais à un genre de polar... mais pas à ce que j'ai lu, en tout cas!!
On ne peut pas trop en dire sur ce court roman. Sachez simplement que deux adolescents vivent sous la coupe tyrannique de leur riche père, qui ne leur a offert ni éducation, ni occasion de découvrir autre chose que les quatre murs de leur maison et le jardin. Leur vie consiste à appliquer les ordres donnés, et parfois à jouer les "secrératiens". C'est le rôle que décide de prendre un de ces deux jeunes gens lorsque leur père meurt soudainement.
Coupés de tout, ignorants de tout, on découvre peu à peu toute l'horreur de leur vie, racontée pourtant de façon banale puisqu'il s'agit de la seule vie qu'ils aient jamais connue, sans la remettre vraiment en cause. C'est ce décalage qui est glaçant.
Bien que ce qui déroute se situe avant tout dans l'histoire, le style n'est pas en reste, puisque, comme je le disais, ces deux ados n'ont reçu aucune éducation. C'est donc avec un langage étrange, souvent cru, toujours étonnant, parfois truffé de références classiques, que s'exprime notre secrétarien.
Bien qu'il n'ait quand même pas atteint le même degré d'atrocité à mon sens, ce roman m'a mise presque aussi mal à l'aise que Les noces barbares de Yann Queffélec, et ce n'est pas peu dire. Je ne regrette pas de l'avoir lu, parce qu'effectivement il est... comment dire... unique?, mais je ne peux pas dire que j'ai aimé.
Billet qui aurait dû être publié pour l'opération Québec en septembre...
Billet précédemment publié sur le Biblioblog.
Il serait faux et réducteur que de décrire Ilium comme une simple réécriture de l’Iliade.
Trois histoires différentes nous sont racontées dans ce foisonnant roman, sans lien les unes avec les autres, du moins semble-t-il au premier abord.
Sur le mont Olympe, sur Mars, les dieux s’amusent à faire vivre la guerre de Troie grâce à leur maîtrise de la physique quantique : les déplacements dans le temps et dans
l’espace n’ont plus de secret pour eux. Contrairement à l’issue de la guerre de Troie, dont seul Zeus a connaissance…
Pour savoir si le déroulement du combat est conforme aux écrits d’Homère, les dieux de l’Olympe ont fait revenir à la vie, grâce à des fragments d’ADN, des scholiastes de diverses
époques, les plus éminents spécialistes du récit homérique.
Sur Terre, à une époque plus avancée que la nôtre, vivent quelques rares humains, qui mènent une vie de pacha, entourés de serviteurs high-tech, allant de fête en fête un peu
partout dans le monde, se déplaçant grâce à des anneaux de téléportation, et brillant par un total manque de culture (d’ailleurs plus personne ne sait lire). Le passé est une zone floue,
qui ne les intéresse d’ailleurs que peu. La vie est belle, on vit jusqu’à cent ans sans tomber malade (en cas d’accident, les anneaux envoient les « patients » à la firmerie pour les
réparer), âge auquel on rejoint pour toujours et pour un éternel bonheur les « posthumains ». Un petit groupe d’humains finit par se poser des questions, et ils vont trouver de bien
étranges réponses.
Enfin, dans l’espace, se déplacent, chacun dans leur vaisseau, quelques moravecs. Inquiets de percevoir un trop plein d’énergie quantique émanant de la planète Mars, les chefs de ces robots humanoïdes, créés par les posthumains, envoient quelques-uns des leurs en mission. Nous suivons donc Mahmut, qui présente certaines ressemblances avec R2D2, et son ami Orphu, qui lui ressemble à une sorte de crabe géant. Entre deux échanges techniques quant à leur mission, nous suivons leurs inénarrables engueulades autour des sonnets shakespeariens et de la Recherche de Proust, chacun défendant son favori.
Le lien entre ces trois univers finit par se faire jour, mais bien avant cela le lecteur est déjà captivé par le roman. Tout est passionnant, pas un chapitre ne semble superflu et l’intérêt du livre va bien au-delà de la simple référence plaisante. On s’interroge sur les avancées technologiques et leurs dérives potentielles, sur le libre-arbitre et la nécessité de la culture… Je regrette simplement mon manque total de connaissance en matière de physique quantique : j’aurais aimé déceler le vrai du faux parmi tous les gadgets technologiques et autres avancées dont bénéficient les divers personnages.
À noter que Dan Simmons a écrit une suite (dont je ne peux vous parler, ne l’ayant pas encore lue) : Olympos.
Je lis mais ne blogue plus en ce moment...
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