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Bonjour et bienvenue sur mon blog!
Vous y trouverez les notes de mes lectures ; vos avis sont les bienvenus.
Pour me contacter : lecturesdekali@gmail.com.
Au plaisir de vous lire :)
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Dans cette chambre aux rideaux cramoisis, des jeunes femmes livrent leur corps à la contemplation. Auprès des ces "Belles Endormies", intouchées et intouchables, des hommes déjà vieux viennent trouver une illusoire consolation à leur jeunesse enfuie. C'est avant tout la curiosité qui pousse Eguchi à franchir le seuil de cette maison singulière, mais il ne percera aucun de ses mystères. Lui qui pourtant ne ressemble pas aux "clients de tout repos" qui fréquentent la maison, il se pliera comme eux à ses règles étranges. Peu à peu, le vieil Eguchi se prend au jeu et chaque fois c'est aux côtés des ces corps de nymphes qu'il refait le voyage de sa vie. Sans tristesse ni nostalgie, il reverra en rêve les passantes d'une nuit, ses maîtresses, ses filles, sa mère, les femmes de sa vie.
Un bien curieux roman que celui-ci.
C'est une oeuvre très japonaise, si je puis dire : l'histoire est étrange et l'univers créé a quelque chose de dérangeant. Pourtant, ce qui pourrait être vulgaire est en fait écrit de façon très poétique... Bref, un condensé de ce qu'un lecteur occidental s'imagine de la littérature japonaise (le non-averti en tout cas, comme moi).
Le vieil Eguchi passe donc la nuit à plusieurs reprises dans une auberge au concept bien étrange. Des vieillards dorment aux côtés de jeunes filles, qui, consentantes, sont droguées pour ne jamais se réveiller avant le client. Tenter de les réveiller est impossible et serait dangereux pour l'établissement, dont la patronne tient à bien montrer qu'elle n'emploie pas des prostituées. Les clients doivent d'ailleurs être "de tout repos".
Eguchi se targue de ne pas encore avoir intégré cette catégorie, mais il est finalement comme les autres habitués des lieux : à la recherche de moments avec la jeunesse, pour oublier sa vieillesse, le temps qui passe et son angoisse de la mort.
Pendant que dorment les jeunes filles, il réfléchit, se plonge dans ses souvenirs et se rappelle les femmes qui ont compté dans sa vie.
Je m'attendais à un roman un peu malsain, glauque, et finalement, c'est certes dérangeant mais autant que je ne le craignais. C'est en revanche suffisamment surprenant pour que je ne sache finalement qu'en dire... Je ne suis pas capable moi-même de dire ce que j'en ai pensé.
A vous de me dire quel aura été votre ressenti!
«Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures? Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»
Sylvain Tesson a l'habitude des grands voyages et des expériences un peu extrêmes. Sa dernière est surprenante : six mois, seul, dans une cabane au bord d'un lac en Sibérie. Au jour le jour, il nous livre ses impressions, ses tranches de vie, ses réflexions.
Le journal de bord d'un type tout seul dans la nature... J'avais peur qu'il ne se passe rien, qu'il nous raconte par le menu comment il pêche son poisson et que c'en soit vite rébarbatif. Que nenni!
Sylvain Tesson nous raconte d'abord comment il organise son aventure et pourquoi il l'entreprend, ce qui nous fait d'ores et déjà réfléchir au monde moderne dans lequel nous vivons, dont nous nous accomodons, avec toutes ses formes d'aliénation à travers les petits riens du quotidien.
Puis, sur place, il aménage sa cabane, se crée son nid douillet pour ses six mois de solitude, et... c'est parti. Six mois de lecture, d'admiration de la nature, de dialogues avec les oiseaux, de promenades parfois périlleuses, de visites impromptues et terriblement "russes".
Russe, tel que Sylvain Tesson le définit, il le devient lui-même, d'une certaine façon. De longues phases léthargiques, alternant avec des activités physiques éreintantes (il faut en couper, du bois, pour se chauffer à -32!), des dialogues minimalistes quand on croise ses "voisins", et toujours quelques litres de voska à portée de main. Pour se donner du courage, pour oublier se tristesse, pour fêter l'amitié... Tout prétexte est bon.
D'ailleurs, j'ai lu que l'omniprésence de l'alcool avait gêné d'autres lecteurs ; moi pas. Sylvain Tesson est parti vivre une vie telle que je ne la connais pas, se plonger dans un autre mode de vie, et il a choisi d'y adopter les coutumes locales... et après tout, ce n'est pas un roman et il ne fait pas de lui un héros.
A travers son "retour à la terre", il s'interroge sur le sens qu'il donne à sa vie et ses petites et grandes réflexions sont passionnantes. Alors, certes, on y parle parfois pêche et bûcheronnage, mais je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.
Un livre qui fait réfléchir et donne de furieuses envies de solitude et d'introspection.
A la fin du XIXe siècle, Londres est une cité tentaculaire aussi monstrueuse que fascinante où le crime s'épanouit sans vergogne. Cette capitale est le terrain de chasse de Decimus Webb, inspecteur de Scotland Yard au flegme tout britannique...
Lorsqu'une jeune femme est étranglée dans le métro fraîchement inauguré, la presse s'empare de l'affaire et le public en émoi réclame l'arrestation du " meurtrier du métropolitain ". L' inspecteur Webb aura besoin de toute sa clairvoyance pour progresser dans cette enquête qui va l'entraîner des taudis londoniens jusqu'au " Foyer d'Holborn pour femmes repenties ", dirigé par l'intraitable Miss Philomena Sparrow.
Un polar victorien, c'est forcément alléchant, c'est donc certaine de passer un bon moment que j'ai entamé ma lecture de ce roman.
Très rapidement, le meurtre déclencheur de l'enquête est découvert, et on fait la connaissance d'Henry Cotton, qui a passé quelques temps assis à côté de la défunte et a laissé son carnet de notes avant de s'enfuir... Coupable? Victime malchanceuse? Gros bécasson en tout cas, quelle idée de se tirer en laissant ses affaires à côté d'un cadavre!
Bref, ça commencait bien, puis le rythme s'est rapidement ralenti. L'action n'avance guère et on ne voit que fort peu souvent l'inspecteur et son bras droit. C'est surtout Londres qui prend de la place : l'auteur s'attache à nous décrire la vie quotidienne dans les bas-fonds à l'époque victorienne. L'intrigue policière semble n'être parfois qu'un prétexte.
Comme Lilly, j'ai trouvé la fin un peu rocambolesque.
Dans l'ensemble, j'ai lu quand même un sympathique petit roman, mais qui n'avait rien d'exceptionnel.
Dans le Montréal populaire des années cinquante, Michel Tremblay, par la magie des mots et le jeu des signes, découvrait qu'au fond des livres bat le coeur du monde. Dans la compagnie de SaintExupéry, Eschyle, Jules Verne, Victor Hugo, Gabrielle Roy, il entrait en littérature - avec la complicité de sa mère, cette Rhéauna aux reparties si savoureuses qui allait devenir la Grosse femme des Chroniques du Plateau Mont-Royal.
Après ma rencontre ratée avec Le premier quartier de la lune, je n'avais plus eu l'occasion de lire un livre de Michel Tremblay. Il y a quelques temps maintenant, Chiffonnette m'avait offert celui-ci dans le cadre du swap Book Inside.
Ce n'est que cette semaine que j'ai décidé de retenter ma chance et grand bien m'en a pris! C'est une passionnante autobiographie du lecteur qui est en lui que l'auteur signe là.
En une douzaine de chapitres, Michel Tremblay relate toutes ses rencontres avec les livres qui ont marqué sa vie. Cette vie de lecteur commence avec une certaine comtesse de Ségur (mais quel drôle de prénom, comtesse, pense le petit Michel); puis il y aura Blanche-Neige et ses réécritures ; Gabrielle Roy qui lui fera découvrir qu'on peut écrire des romans dans sa ville de Montréal, à son époque ; Victor Hugo, alors mis à l'index par l'Eglise catholique (on ne vit vraiment plus dans le même monde... qu'est-ce que je serais heureuse si mes élèves lisaient du Victor Hugo!) ; jusqu'à son premier recueil, son premier livre à lui, son "premier enfant".
Cet homme-là est un vrai mordu, un véritable passionné, un forcené de la lecture dont nous-mêmes sommes pour la plupart encore loin. Il ne semble vibrer que pour ses moments avec ses livres, c'en est impressionnant! Et très exaltant, aussi.
Une lecture qui m'a positivement conquise et réconciliée avec Michel Tremblay.
Les billets de Belledenuit, Catherine, Ellcrys, Grominou, Papillon, Sybilline, Yueyin.
Le trône de fer,
T.1
de George R.R.
Martin
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